‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 93 sur 163 · LA SOEUR CHARLY, A' SUPÉRIEURE · texte numérisé non relu

LA SOEUR CHARLY, A' SUPÉRIEURE

des autres ecclésiastiques chargés de la communauté , pour voir avec eux ce qu'il y aurait de meilleur à faire. Ils usèrent de la latitude que leur donnait ici le prélat ; et quoiqu'ils fussent bien persuadés que chaque fidèle a le droit de se lier à Dieu par des vœux simples , ils jugèrent à propos de prendre une sorte de tempérament pour ne pas donner ouvertement atteinte à la défense du roi. Ce fut de faire faire en secret des vœux simples pour un an seulement (l), avec fa- (i) Archives

de la marine ;

culte -de les renouveler chaque année : ce qrii "^{"T'''^ . '^\

T- T- l etaf présent

laissait aux sœurs la hberté de cpiitter la commu- f^yierlni ' nauté au bout de ce terme (2). Enfin, en prenant [i] Mémoires

sur la vie de

ce parti , ils en prévinrent M. Raudot , crui s'en ^y- ^f, ^,^^'f ^

r ^ i T. {par M. de La

montra très-satisfait. « Vous faites fort bien Tour) livre

VIII, p. 145.

« d'avoir retranché la solennité des'vœux, répon-

« dit-il à la sœur Charly. Cette soumission plaira

« au ministre , et cela vous mettra en état d'obte-

« nir plus aisément de lui ce que vous demandez .

« Mon fils et moi y contribuerons tout autant que

« nous pourrons, étant persuadés que ce que vous

« demandez est le soutien de votre commu-

« nauté (3). » Il lui écrivait dans une autre cir- (i) Archives

de la Congré-

constance : « Comme ie connais le bien qu'elle gation; lettre

"^ ^ de M. Raudot

« fait à tout ce pays, et les bons sujets cnii la com- à la sœur

r J ^ J ^ Charly, du 10

« posent, VOUS pouvez compter que je lui procu- o^'»*''^ '^'^^^■ « rerai toujours toute la protection dont elle aura

(J) Ibid. , lettre du 4 janvier 1709.

Assoupissement de

ces troubles.

« besoin. Je vous demande, pour toute reconnais- « sance , vos bonnes prières et celles de toute « votre communauté, pour laquelle j'ai, aussi « bien que pour vous, une véritable estime (1). » M. Raudot se montra en effet le protecteur de la Congrégation, surtout après son retour en France, lorsque le roi étant venu à mourir et M. de Pontchartrain ayant quitté le ministère , il fut chargé, par le conseil de marine , de régler presque lui seul toutes les affaires du Canada. Les frères hospitaliers de Villemarie reprirent leur costume uniforme qu'ils avaient été obligés de quitter. Ils continuèrent à faire des vœux comme auparavant ; et M. Raudot obtint même pour les maîtres d'écoles que M. Charon se proposait de former, une gratification annuelle de 3000 livres (*). Enfin, le gouvernement ne se mêla pas

(*) Ces frères hospitaliers, dits Frères Charon , du nom de

M. François Charon, leur fondateur, avaient pris l'habit le 25

avril 1701, étant alors au nombre de si.\, y compris M. Charon

lui-même. Ils avaient fait des vœux simples l'année suivante,

et celui de stabilité en 1704, le 27 juillet; mais depuis l'année

170o ils cessèrent de recevoir des novices dans leur société,

par suite des ordres de M. de Pontchartrain. Enfin, après que

l'orage se fut dissipé, on nomma en 1720 un maître des novi-

dei'iiôpUaTgé- ces, et le 2 octobre 1722 , on reçut des profès comme au com-

mariefregistr'e mencement , en ajoutant aux vœux simples de pauvreté , de

des ratures , chasteté, d'obéissance et d'hospitalité envers les pauvres, celui

profession cl '

élections. de l'instruction de la jeunesse (1).

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