MARIE VA VISITER SA COUSINE ELISABETH
La sainte Eglise dit, le jour de la Visitation, en empruntant un passage du Cantique des cantiques (n, 8-U) ;
Voici mon bien- aimé qui vient, franchissant les montagnes, passant par-dessus les collines, semblable a un chevreuil et à un faon de cerf. C'est lui, il est tout près de notre demeure, regardant par le treillis. Voici mon bien-aimé, il me parle; levez-vous, hàlez-vous, ma bien-aimée, ma colombe, ma toute belle et venez. Déjà l'hiver est passé, la pluie s'en va, elle s'est éloignée. Les fleurs ont reparu dans nos champs, c'est le temps de tailler la vigne; la voix de la tourterelle b'est fait entendre dans notre terre; le figuier a produit ses bourgeons, les vignes en fleur répandent leur parfum. Levezvous, ma bien-aimée, ma toute belle et venez. Vous, ma colombe^ cachée dans le creux de la pierre^ dans les trous de la muraille, montrez-moi votre visage, que votre voix se fasse entendre à mon oreille; car votre voix est douce et votre visage est beau.
Quelques jours après l'ambassade de l'ange à la Vierge, saint Joseph, étant revenu à Nazareth, fit dans la maison la plupart des arrangements que nécessitait sa profession, car jusqu'alors il n'avait pas résidé à Nazareth et n'y avait passé qu'une couple de jours. Joseph ne savait rien de l'incarnation du Verbe en Marie ; elle était la mère du Seigneur, mais en même temps elle en était la servante, et par humilité elle tint le grand mystère caché en elle. Au moment où elle comprit que le Verbe avait pris une chair dans son sein, elle avait conçu un vif désir d'aller visiter à Jota, près d'Hébron, sa cousine Elisabeth de laquelle l'ange lui avait dit qu'elle était bénie de-
puis six mois. Gomme le temps approchait où Joseph devait aller à Jérusalem pour la lete de la Pàque, elle manifesta le désir de l'accompagner, afin de rendre à sa cousine les services que nécessitait sa position. Le saint se mit donc en route pour Jota avec la Vierge.
La sœur Emmerich raconta plusieurs scènes détachées du voyage de Joseph et de la Vierge ; mais son état de souffrance et les dérangements fréquents qu'elle éprouva causèrent dans ses communications plusieurs lacunes regrettables. Elle ne parla point du départ^ mais les jours suivants elle donna sur le voyage quelques détails que nous reproduisons ici.
Les voyageurs devaient suivre la direction du sud; ils avaient avec eux un àne que la Vierge monta de temps en temps. L'animal était chargé de plusieurs paquets, ainsi d'un sac rayé et tricoté contenant entre autres objets une longue robe brunâtre de Marie, qui se terminait par une sorte de capuchon; ce vêtement, ouvert sur le devant, se fermait avec des rubans ; Marie le mettait quand elle allait au temple ou à une synagogue. En voyage elle portait un vêtement de dessous en laine foncée et par-dessus une robe grise avec ceinture; sa coiffure était aussi jaunâtre.
Ils firent rapidement ce voyage qui était assez long. Après qu'ils eurent traversé au sud la plaine d'Esdrelon, je les vis gravir une hauteur et s'arrêter dans la ville de Dothan, chez un ami du père de Joseph. C'était un homme riche, originaire de Bethléem; son père donnait le nom de frère au père de Joseph, sans être réellement son frère; il descendait de la famille de David par un homme qui fut roi, si je ne me trompe, et qui s'appelait Eia, Eldoa ou Eldad (1), je ne me rappelle plus exactement son nom.
(\) Le 2 novembre (12 marcheswan) d{3 la pi-eniière année de la vie publique du Sauveur, la sœur Emmeiidi a vu le divin Maître,