‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 112 sur 304 · CHAPITRE SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEPTIÈME

Cette localité était très-commerçante. Un jour je les vis passer la nuit sous un hangar ; puis je les vis, à douze lieues environ du but de leur voyage, s'arrêter au milieu d'un bois, dans une cabane faite d'osier tressé; eiie élait tapissée de verdure et de belles fieurs blanches, et destinée aux voyageurs. Dans ce pays-là, on rencontre souvent sur les routes de ces berceaux ouverts ou même des bâtiments sohdes, dans lesquels les voyageurs peuvent passer la nuit, se reposer et préparer les provisions qu'ils ont apportées avec eux. Souvent même une famille du voisinage a la direction de ces hôtelleries, et, pour une faible rétribution, fournit aux voyageurs tout ce qui leur est nécessaire.

Il doit y avoir ici une lacune dans le récit, et il est probable que la Vierge accompagna saint .losepli à Jérusalem pour la fête de la Pàque, et alla ensuite de Jérusalem chez sa cousine ; car il a été dit plus haut que Joseph devait aller à la ville sainte pour la féte, et on verra plus bas que Zacharie revint chez lui, après la Pàque, la veille de l'arrivée de la sainte Vierge.

dans cette même maison, guérir de î'hydropisie un nommé Issachar, alors âgé de cinquante ans; il avait épousé la fille de la maison, laquelle s'appelait Salomé. Issachar parla, à celte occasion^ de la visite de Marie et de Joseph. (Voir Vie de Notre-Seigneur Jésus-Christ, lom m, chap. iv, p,. i07 et suiv.). — L'Ëldoa ou Eidad dont la Sœur parle comme d'un descendant de David et duquel proviendrait la parenté de Salomé avec saint Joseph, peut très-bien être Elioda ou Eliada, llls de David, nommé dans la sainte Ecriture (Il Reg. v, 16, et I Paralip., m, 8).

Quelque naturel qu'il soit de supposer que la narratrice a pu altérer dans ses communications plusieurs de ces noms difficiles, on n'est même pas obligé d'avoir recours à celle supposition. Les noms propres en hébreu ont ordinairement une significalion précise; or, comiiie différents noms correspondent à une seule et môme significalion, le même personnage a pu avoir plusieurs noms répondant a une même idée. C'est ainsi que nous trouvons un fils de David appelé Elischua (Dieu m'aide) ou Eiischama (Dieu m'entend) ; ainsi Eldea ou Eldaa peut signifier Dieu vient aussi bien qu'Eliodi.

L'indication vague suivant laquelle ce fils ou descendant de David aurait aussi été roi, ne doit pas surprendre, car il est certain que des fils ou petits-fils de David ont régné dans des villes vassales.

De Jérusalem, au lieu de se rendre à Jota par le chemin le plus court, les voyageurs firent un détour à l'est, afin d'être plus solitaires. Ils tournèrent une petite ville à deux lieues d'Emmaus et suivirent des chemins sur lesquels j'ai souvent vu Notre-Seigneur dans le cours de sa vie pubUque. Cependant ils avaient encore deux montagnes à franchir. Entre ces deux montagnes, je les ai vus une fois s'asseoir pour prendre un peu de repos, manger un morceau de pain et mêler à l'eau qu'ils buvaient quelques g<)uttes de baume qu'ils avaient recueillies en route. Tout le pays était montagneux; ils longèrent des rochers plus larges par le haut que par le bas; on trouvait aussi dans ce pays de vastes cavernes et des pierres d'un aspect singulier ; les vallées étaient extrêmement fertiles. Ensuite ils eurent à traverser une forêt, de petits bois, des pâturages et des champs. Lorsqu'ils touchaient au terme de leur voyage, j'ai remarqué tout spécialement sur la route une plante avec de jolies petites feuilles vertes et des grappes de fleurs, dont chacune comprenait neuf clochettes fermées, d'un rouge foncé. Il y avait là quelque chose qui m'a . occupée et que j'ai maintenant oublié (I).

(i) Cette fleur, avec ses neuf cloclicttes, avait peut-être aux yeux dç la sœur Emmerich un rapport symbolique avec les neuf mois que le Sauveur passa dans le sein de sa mère, ou bien elle y vit un symbole de quelque pratique de piété se rapportant à la fête de la Visitation. — L'écrivain croit devoir faire connaître quelques observations qu'il a reçues à ce sujet d'un savant ami : « La fleur dont il est ici question est sans doute la petite grappe de cypre {laivsonia spinosa inermisAe Linnée) , mentionnée dans ce passage du Cantique des cantiques (i, ^3) : Mon bien-aimé est pour moi une grappe de cypre cueillie dans les vignes d'Engaddi. » Mariti, dans son Foyage en Syrie et en Palestine, atteste l'existence de cet arbuste et de ses fruits dans le pays où se trouvait alors la sainte Vierge. D'après lui, les feuilles de cet arbuste sont plus petites et plus délicates que celles du myrte, les fleurs sont d'un rose pâle, enfin le bouquet a la forme d'une grappe de raisin, ce qui s'accorde très-bien avec la description som-

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