CHAPITRE SEPTIÈME
sacerdotale avec tous les dons qui l'accompagnent. Quand on voit tout cela , on comprend sans peine pourquoi, dans de vieux livres de piété écrits en allemand, l'ancien Testament est appelé l'ancienne alliance ou l'ancien mariage et le nouveau, la nouvelle alliance ou le nouveau mariage. La plus belle fleur de l'ancien mariage a été la Yierge des vierges, la fiancée du Saint-Esprit, la chaste mère du Sauveur, le vase spirituel, le vase d'honneur, le vase éminent de piété (i) dans lequel le Verbe s'est fait chair. Avec ce mystère commence le nouveau mariage, la nouvelle alliance. Ce mariage est virginal dans le sacerdoce et dans tous ceux qui suivent l'Agneau, et le mariage est en lui un grand sacrement, en Jésus- Christ et en sa fiancée, qui est l'Eglise (2).
Pour dire aussi clairement qu'il m'est pos3ible comment m'a été expliqué ce mouvement continu de la préparation de l'Incarnation de Notre-Seigneur et par conséquent du Saint-Sacrement, je ne puis que repéter encore ce que j'ai déjà dit, à savoir comment tout cela m'a été présenté devant les yeux dans de vastes et magnifiques tableaux, sans toutefois entrer dans les détails, ce qui me serait impossible. Je ne puis que dire d'une façon générale : d'abord j'ai vu la bénédiction de la promesse que Dieu donna au premier homme dans le Paradis et un rayon qui s'en détachait pour arriver à la Vierge, telle que je la vois maintenant priant avec Elisabeth; j'ai vu ensuite Abraham recevant de Dieu cette même bénédiction et un rayon arrivant de lui à la Vierge, puis les autres patriarches, possesseurs et dépositaires du mystère, et un rayon partant de chacun d'eux pour arriver à
(1) Ces dénominations sont empruntées en partie aux litanies de la sainte Vierge, qui donnent aussi à la mère de Dieu le nom d'Arche d'alliance, fœderis arca.
(•2) Ephes.f V, 32.
la Vierge; enfin la bénédiction arrivant à Joachim, lequel, après avoir reçu du fond du sanctuaire cette bénédiction suprême, mérita d'être le père de la Vierge conçue sans la tache originelle : c'est en elle enfm que le Verbe, conçu par l'opération du Saint- Esprit, s'est fait chair, et ainsi, après avoir durant neuf n]j3is entiers habité au milieu de nous caché dans l'arche d'alliance du nouveau Testament, né de la sainte Vierge Marie, il nous a montré sa gloire dans la plénitude des temps, la gloire du Fils unique de Dieu, plein de grâce et de vérité.
7 JUILLET. — La nuit dernière, j'ai vu la Vierge chez Elisabeth, dans sa modeste chambre, couchée sur le côté, la tête appuyée sur le bras droit. Elle était enveloppée de la tête aux pieds dans une large pièce d'étoffe blanche. J'ai vu paraître de dessous son cœur une gloire lumineuse de la forme d'une poire, qu'entouraient des flots de lumière d'une vivacité inexprimable. Du sein d'Elisabeth jaillissait une gloire • moins lumineuse, elle était d'ailleurs moins subtile et de forme ronde; la lumière qui l'entourait était aussi moins vive.
SAMEDI 8 JUILLET. — Hier vendredi au soir, au moment où commençaient les exercices du sabbat, je vis allumer les lampes et célébrer le sabbat dans une salle de la maison de Zacharie que je ne connaissais pas encore; Zacharie, Joseph etsix'autres hommes, lesquels étaient sans doute du voisinage, récitaient des prières debout sous la lampe, autour d'un pupitre sur lequel se trouvaient des rouleaux d'écriture. Ils avaient des hnges autour de la tête; je ne leur vis pas faire dans la prière de ces mouvements violents ordinaires aux Juifs de ce temps, cependant ils inclinaient souvent la tête et levaient les bras. Marie, EUsabeth et plusieurs autres femmes étaient" à quelque dislance dans un petit cabinet grillé, d'oii