‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 12 sur 304 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

de la robe du Sauveur (!}. Je connais cette plante, nous Favons ici, mais elle a moins de vertu; la manière dont elle se flétrissait ou reverdissait contribuait à faire connaître au prophète la volonté divine touchant les points qu'il lui soumettait. Au milieu de ces plantes, j'ai vu un autre objet, c'était, si je ne me trompe, un arbuste plus élevé; les feuilles me semblèrent jaunâtres et contournées comme des coquilles de limaçon. J'ai vu sur cet arbuste de jolies petites figures. Je ne saurais plus dire s'il était naturel ou si c'était un objet artificiel, comme la racine de Jessé (2).

Elle ajouta le lendemain :

Sur cet arbuste aux feuilles contournées, on voyait comme en une racine de Jessé ou en un arbre généalogique, de combien on s'était déjà rapproché de la naissance de la Vierge. Il me parut être un arbuste naturel et cependant une sorte de vase; car j'y vis conservée unebranche fleurie; c'était, si je ne me trompe, la verge d'Aaron qui avait autrefois été dans l'arche d'alliance . Quand Arcos allait prier dans la grotte d'Elie pour demander à Dieu des lumières relativement à tel ou tel mariage de la famille de la Vierge, il avait toujours à la main cette verge d'Aaron. Lorsqu'un de ces mariages devait contribuer à donner la Vierge au monde, la

(1) Elle voulait certainement dire par la que ces plantes étaient de la même espèce que celles dont Eusèbe dit, dans son Histoire €cclésiastique (liv. vu, chap. 18), qu'on les sema autour de la statue du Sauveur élevée à Gésarée de Philippes par Thémorrhoïsse miraculeusement guérie, et que quand elles arrivèrent à la hauteur du bord de sa robe, elies furent douées d'une vertu salu'aire qui s'éteodait à toutes les maladies. Eusèbe n'indique ni le nom ni Fespèce de la plante. La sœur avait parlé antérieurement et de îa statue et de la plante.

(2) Il est probable qu'elle veut désigner par là les représentations de l'arbre généalogique du Sauveur auxquelles on a donné ce nom {Tsaïe, XI, 40).

verge produisait toujours un nouveau rameau, et ce rameau une ou plusieurs fleurs : ces fleurs portaient parfois le signe de l'élection. Tels de ces rameaux désignaient telle ou telle des femmes de la famille de sainte Anne, et quand Tune d'elles venait le consulter sur son mariage, Arcos, après avoir examiné le rameau qui la concernait, commençait, avant de lui répondre, par étudier le développement du rameau.

Les esséniens du mont Horeb avaient encore en leur possession dans la grotte d'Elie un autre objet singulièrement précieux, c'était une partie du saint mystère de l'arche d'alliance, laquelle avait été recueillie par les esséniens, un jour que l'arche était tombée entre les mains des ennemis (i). Ce mystère, caché dans l'arche même par la présence du Dieu trois fois saint, n'était connu que des phis saints des grands-prêtres et de quelques prophètes, je crois cependant avoir entendu dire qu'il y est fait allusion dans quelques livres mystérieux et peu connus, écrits il y a longtemps par des philosophes juifs (2). Il ne se trouvait plus en entier dans la nouvelle arche du temple relevé par Hérode, Ce n'était pas l'œuvre de la main des hommes; c'était un mystère, le mystère saint de la bénédiction divine qui devait donner à la terre la Vierge pleine de grâce, dans le sein de laquelle, grâce à l'opération du Saint-Esprit, le Verbe s'est fait chair et est devenu l'Homme-Dieu. J'ai vu qu'une partie de ce mystère, lequel, avant la captivité de Babylone, se trouvait tout entier dans l'arche d'alliance, était maintenant gardée par les esséniens

(f) 4 ce propos elle parla assez vaguement d'une querelle, d'une divi=ion euhe les lévites.

(2) Au mois de juillet 18/^0, c'est-à-dire vingt ans environ après celte communication et au moment où il s'occupait de Timpression, r(^crivain apprit d'un orientaliste que le livre cabalistique intitulé Sohar leuferme des détails analogues.

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