‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 13 sur 304 · CHAPITRE PREMIER. 2f · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER. 2f

-dans un calice foncé et brillant qui me sembla fait d'une pierre précieuse. Ils se servaient aussi de cet objet saint pour prophétiser, de temps à autre il semblait en sortir de petites fleurs.

Une fois entré dans la grotte, Arcos ferma la porte, s'agenouilla et pria ; il leva les yeux vers l'ouverture pratiquée dans le toit, et se jeta la face contre terre. Je le vis recevoir alors des lumières prophétiques. Il lui sembla voir grandir sous le cœur delà jeune fille qui le consultait un rosier à trois branches, et une rose à chacune de ces branches. La rose du second portait une lettre, je crois que c'était la lettre M (i). Il vit encore d'autres objets. Un ange écrivit quelque chose sur la muraille ; je vis alors le prophète se lever comme s'il sortait d'un profond sommeil et lire ces caractères, mais j'ai oublié les détails. Làdessus il sortit de la grotte, et, répondant à la jeune fille qui l'avait interrogé, il lui dit de se marier et de préférer aux autres son sixième prétendant; elle donnerait le jour à une enfant choisie, marquée d'un :signe d'élection et qui devait contribuer d'une façon immédiate à donner au monde son Sauveur.

Emorun épousa donc son sixième prétendant, lequel était un essénien du nom de Stolanus : il n'était pas du pays de Mara et reçut, à l'occasion de son mariage et des biens que sa femme lui transmit^ un autre nom que je ne puis reproduire exactement; il se prononçait de différentes façons et ressemblait à Garescha ou à Sî.rzirius (2).

(<) Dans l'écriture hébraïque primitive dont nous lelrouvons «des vestiges daus Talphabel samaritain, les racdaiiles des Macliabées et ailleurs encore, la lettre M présente qilclque analogie avec le caractère N de l'alphabet latin.

(2) La sœur Emmerich prononçait d'ordinaire les noms propres fil a prononcé ceux-ci en particulier dans le dialecte bas-allemand, et elle le faisait presque toujours avec une certaine hésitation. Elle

Stolanus et Emorun eurent trois filles; les deux aînées reçurent les noms d'Isméria et d'Emérentia : quant à la plus jeune, elle s'appela, si je ne me trompe, Enué. Ils ne demeurèrent pas longtemps à Mara et allèrent bientôt s'établir à Ephron. Cependant j'ai vu leurs filles Isméria et Emérentia consulter encore

ne les doncait jamais que comme correspondant approximatiîvcment à ceux qu'elle avait entendus, et par conséquent il est d'ordinaire impossible de se prononcer sur le plus ou moins de correction de leur orthographe. 11 n'en est que plus étonnant qu'on ait parfois rencontré les mêmes noms donnés ailleurs aux mêmes personnages. Voiciun exemple deces coïncidences remarquables. Plusieurs années après la mort delà pieuse fiUe, l'écrivain lut dans l'Eloge des trois Marie de Berthaud, de Périgueux, Paris, 1529, ou plutôt dans le traité sur la Parenté de saint Jean-Baptiste avec les filles et les petits-enfants de sainte Anne (iiv. III, fol. lu), que saint Cyrille, troisième général des Carmes^ mort en 422^, parle dans un écrit sur les ancêtres de sainte Anne, de rameaux, de rejetons et de fleurs qui auraient également apparu au prophète au moment oii on l'aurait interrogé, et de plus que Stolanus s'appelait aussi Agarim ou Garizi, noms dsns lesquels on retrouve les mêmes éléments que dans ceux de Garescho ou de Sarziri ; seulement le prophète interrogé par la jeune fille est d'un côté un carme, vivant sur le Carmel, et de Vautre un essénien du mont Horeb, — Dix-sept ans après la mort de la Sœur, le jour de la fête du Saint Sacrement de Tannée 1840, le Pèlerin lut, dans la Vie de sainte Anne, de la collection des fiollandistes, que Jean lick dit, dans son sermon sur sainte Anne, que Stolanus est appelé Stolan par la tradition, et que le Bréviaire romain de 1536 et d'autres bréviaires antérieurs a saint Pie V, donnent à sainte Anne une fille que les uns appellent Gaziri et les autres Garzim. — Un ami de l'écrivain, philologue habile, qui a eu la bonté de relire les épreuves de ces feuilles, a ainsi complété la note : « îl est k remarquer que ces formes Gaziri^ Garzim (la lettre m est euphonique) Garscha ou Garescha, qui sont toutes bonnes et régulières, bien qu'elles se rattachent k des verbes différents, onttoutes la signification commune de banni et qu^en arabe le mot Agari ou Agarim veut dire fuite ou exil. Le mot grec Slolanus renferme Tidée de Toyage, d'éloignement et par conséquent présente sous une forme adoucie le même sens que la dénomination sémitique. On sait que les Juifs, après Alexandre, ont souvent habillé ou même traduit complètement leurs noms en grec. — Sarzir veut dire passereau, «iseau de passage.

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