‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 124 sur 304 · DÉPART DE JOSEPH ET DÉ MARIE · texte numérisé non relu

DÉPART DE JOSEPH ET DÉ MARIE

MERCREDI 14 NOVEMBRE. — Ce matin, j'ai vu les saints voyageurs dans la plaine de Ginnim (1), à six lieues de Nazareth, où l'ange a apparu avant-hier à saint Joseph. Anne avait des pâturages en cet endroit, et ce lut ici que les servi leurs allèrent chercher l'ànesse d'un an, que Joseph devait emmener avec lui. Je la vis ensuite tantôt en avant et tantôt en arrière de la petite troupe. Anne et Marie Gléophas firent ici aux saints voyageurs des adieux qui me touchèrent beaucoup; elles prirent ensuite avec les serviteurs le chemin de Nazareth. Cependant Joseph et Marie, continuant leur route, montèrent dans la direction des hauteurs de Gelboé. Je les ai vus dans un manoir de Lazare, situé à une hauteur considérable non loin

(!) Suivant la Sœur, la plaine de Ginnim a plusieurs lieues d'étendue, et sa forme est celle d'une poire. On trouve un peu plus près de Nazareth une autre plaine du nom de Chimmi ou Chimki, auprès fl'une localité du même nom, très-élevée et habitée par des bergers; c'est là que du 7 au 9 septembre, avant son baptême, le Sauveur prêcha chez des bergers qui avaient caché chez euï'des lépreux [Fie de Notre-Seigneur, tom. I, chap. ïh, p. 51). Il y a aussi guéri son hôtesse qui était hydropique et a été poursuivi par les moqueries des pharisiens. Un peu plus loin encore, au sud-ouest de Nazareth et au delà du Cison, on trouve un établissement de lépreux, consistant en des cal)anes disséminées autour d'une pièce d'eau, formée par une dépendance du Cison, le Sauveur a guéri plusieurs de ces mallieureux le 20 septembre de la même année [ibidem, chap. iv, p. 82). La plaine de Ginnim que la sainte famille a traversée aujourd'hui est séparée de celle de Chimki par un ruisseau ou le lit desséché d'un torrent. « Au reste, ajoute-t-elle, ces noms se ressemblent tellement que j'ai pu facilement les confondre, o

VIE DE L\ TaÈS-SAlNTE VIERGE.

de la ville de Gini'iim(l), dans la direction de Samarie. L'intendant du manoir les reçut très-amicalement. Il les connaissait pour les avoir vus dans d'autres voyages, la sainte famille étant très-liée avec Lazare. Il y a ici de beaux vergers avec de jolies allées. Le manoir est dans une position si élevée que du toit de la maison la vue s'étend très-loin. Lazare Ta reçu en héritage de son père; Notre-Seigneur s'est souvent arrêté en cet endroit dans le cours de sa vie publique et a prêché dans le voisinage. L'intendant et sa femme s'entretinrent très-amicalemcnt avec la Vierge, et s'étonnèrent de ce que, dans sa position, elle avait entrepris ce long voyage, alors que tout aurait pu aller si bien si elle était demeurée chez sainte Anne.

NUIT DU 15 AU î6 NOVEMBRE. — J'ai VU la sainte famille voyager, pendant la nuit, dans une vallée très-froide, qui conduisait à une montagne, ils étaient à quelques lieues de la localité précédente, il me sembla qu'il avait gelé. La sainte Vierge souffrait extrêmement du froid, et dit à saint Joseph : « Il nous faudrait nous reposer, je ne puis aller plus loin. » A peine avait-elle prononcé ces mots que l'ânesse qui les dévançait s'arrêta, non loin de là, sous un térébinthe vieux et touffu, dans le voisinage duquel se trouvait un puits. Ils s'arrêtèrent sous cet arbre, saint Joseph fit avec une couverture une sorte de siège pour Marie; il l'aida à descendre, elle se plaça contre l'arbre, et Joseph suspendit à 1 une des branches les

(I) On trouve encore actuellement des vestiges de cette localité dans Giméa, qui a la même position et que nos voyageurs modernes appellent Ginin, Ginnim, Giiin, Génin, Jénin, Scliénan, Chilin et même Dschénin. Elle se trouve au pied du mont Gelboé, à quatre milles allemands de Samarie au nord-est, suivant d'autres à une demi-journée de marche de Sichem, entin suivant Brochait à sept mUIes allemands du Jourdain.

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