‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 14 sur 304 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

avant leur mariage le prophète du mont Horeb. Je ne puis comprendre comment on m'a dit si souvent que la mère de sainte Anne s'appelait Emérentia, alors que j'ai toujours vu que c'était Isméria. Je vais dire avec la grâce de Dieu ce que je me rappelle encore maintenant de ces filles de Stolanus et d'Emorun (l).

Emérentia épousa un lévite du nom d'Aphras ou Ophras, de ce mariage naquit Elisabeth, mère de saint Jean-Baptiste; leur seconde fille fut appelée Enué comme la sœur de leur mère, elle était déjà veuve lors de la naissance de la Vierge; enfin ils en eurent une troisième appelée Rhodé, qui eut pour

(4) Les écrivains qui suivent la tradition, font ordinairement d'Eniérentia la mère de sainte Anne; mais d'autre paît ils font de eelte Emérentia l'épouse de Stolanus, que la sœur Emmerich appelle Eraorun. Suivant la tradition, Emérentia, femme de Stolanus, enfanta Isméria, mère d'Elisabeth, et Anne, mère de la très-sainte- Vierge. D'après la sœur Emmerich, au contraire, Anne est non la fille, mais la petite-fille de Stolanus. I/erreur, si elle exisie, doit peut-être s'expliquer parce fait que l'humble fille aurait confondu avec ses visions ce que, dans son jeune âge, elle aurait entendu* dire, conforioément à la tradition, sur Torigine de sainte Anne. Peut-être le mot Emérentia n'est-il pas autre chose qu'une forme; latine du mot Emorun qu'elle entendit prononcer. On peut supposer qu'ignorant ou ayant oublié cette particularité, et, d'autre part, sachant que,, d'après la tradition, les noms d'Emérenlia etJ d'Isméria étaient toujours, avec celui de Stolanus, associés à sainte Anne avant l'époque'de son mariage, elle a pu faire à tort de Tune et de 1? autre ks filles de Stolanus. 11 faut remarquer d il eurs que suî' un si grand nombre de noms qu'elle a donnés, il n'y en a eu qu'un fort petit nombre qu'elle ait altérés, et cela malgré des souffrances extrêmes de corps et d'esprit. Nous inclinons cependant à Toir ici une erreur, parce que la tradition s'accorde généralement à faire d'Elisabeth la nièce de sainte Anne, tandis 'qae.d'aj^rès la sœur Emmerich, elle ne serait que la nièce de 1 \ mère de sainte Anne: car Anne n'ayant été donnée à ses parents qu'après de longues anoées de mariage, Elisabeth devrait être plus âgée que sa cousine. L'écrivain, se trouvant hors d'état d'expliquer la difflciilté, prie le lecteur de vouloir bien prendre le mal en patience, et d'otfrir à Dieui cet acte de vertu en expiation des nombreuses impatiences qui lui sont souvent échappées à lui-même dans le cours de sa lâche ingrate et laborieuse.

fille cette Mara que j'ai vue assister à la mort de la Vierge.

Isméria s'unit à un nommé Eliud; ils se fixèrent aux environs de Nazareth et y vécurent à la façon des esséniens mariés; ils avaient reçu de leurs parents l'amour de la mortification et de la continence. Ils eurent plusieurs enfants, entre autres sainte Anne. Enué, la troisième fille de Stolanus, se maria également et s'établit entre Bethléem et Jéricho; l'un de ses descendants fut au nombre des disciples du Sauveur.

La première fille d'Isméria et d'Eliud fut nommée Sobé. Voyant qu'elle n'avait pas sur elle le signe de la promesse, ils furent extrêmement contristés et retournèrent auprès du prophète du mont Horeb, afin de recevoir encore ses conseils. Arcos leur conseilla la prière et les pratiques de la mortification et leur promit qu'ils seraient consolés. — Cependant Isméria fut stérile pendant dix-huit ans. Enfin Dieu ayant de nouveau béni son sein, je vis qu'elle eut pendant la nuit une révélation. Elle vit un ange figurer une lettre sur la paroi voisine de sa couche, je crois que c'était encore la lettre M : Isméria le dit à son mari, mais il avait eu la même vision, et, quand ils se furent levés, ils virent l'un et l'autre le signe sur la muraille. Trois mois après, elle donna le jour à sainte Anne, laquelle portait ce signe imprimé sur la région de festomac.

A f âge de cinq ans, Anne fut conduite au temple comme Marie devait l'être plus tard. Elle y passa douze ans et revint dans sa dix-septième année à la maison paternelle, où elle trouva deux jeunes enfants, sa sœur Maraha, née depuis son départ, et un jeune enfant de sa sœur aînée Sobé, lequel s'appelait Eliud. L'année suivante, Isméria fut atteinte d'une maladie mortelle. En donnant de sa couche

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