‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 134 sur 304 · CHAPITRE HUIT[R>IE. 24Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE HUIT[R>IE. 24Î

ment découvert et fort bas; c'était comme un champ. Là, il y avait beaucoup moins de monde. Ils y aperçurent une sorte de hangar et non loin de là un arbre antique qui étendait au loin comme un tilleul ses larges branches. Le tronc était uni, et les branches étendues formaient un abri pour les voyageurs. Joseph conduisit la Vierge à cet arbre, et lui prépara contre le tronc, avec ses bardes de voyage, un siège commode, où elle pourrait se reposer tandis qu'il irait chercher un asile dans le voisinage. L'àne avait la tête tournée du côté de l'arbre. D'abord Marie resta quelque temps debout, appuyée contre l'arbre. Sa large robe de laine blanche était dénouée et formait de larges plis en flattant, un voile blanc lui couvrait ia tête. Bien des personnes passèrent devant elle et la regardèrent, sans penser que leur Sauveur fût si près. Combien je fus touchée de sa patience, de sa résignation, de son humihté! Hélas! elle fut obligée d'attendre bien longtemps; enfin elle se plaça contre Tarbre, les pieds croisés sous elle; elle avait les mains croisées sur la poitrine et tenait la tête baissée. Enfm Joseph revint tout troublé, il n'avait pu trouver de logement. Ses amis, dont il avait parlé à la Vierge^ avaient à peine consenti à le reconnaître. Il pleurait, et ce fut Marie qui le consola; il retourna chercher de maison en maison; quand on le repoussait, il faisait valoir, en insistant, la position de sa femme, si propre à inspirer la pitié; c'était une nouvelle raison pour qu'on refusât de le recevoir. Il y avait moins de monde dans celte partie de la ville, cependant les passants finirent par se grouper et par examiner la Vierge à une certaine distance, comme on le fait quand on voit des inconnus stationner quelque temps - le soir, en un lieu isolé. Plusieurs même, si je ne me trompe, lui adressèrent la parole et lui demandèrent qui elle était. Enfin Joseph revint, il était tellement

troublé qu'il ne pouvait s'empêcher de trembler. Tout avait été inutile; cependant il connaissait en dehors de la ville un endroit qui appartenait aux bergers et où ils avaient coutume de s'arrêter quand ils conduisaient leurs animaux à la ville, là du moins ils étaient certains de trouver uq abri. Il connaissait ce lieu de jeunesse, car alors que ses frères le persécutaient, il s'y était souvent réfugié pour prier en liberté ou pour se dérober à leurs mauvais traitements. Supposé même que les bergers y fussent, il serait facile de s arranger avec eux; au reste, il était rare qu'ils y séjournassent dans cette partie de l'année. Quand elle serait reposée, il tâcherait de lui procurer un meilleur gite. Ils se dirigèrent alors du côté oriental de la ville, à l'extérieur, en suivant un sentier sohtaire qui tournait à gauche; ce sentier passait à travers des fossés, des murailles, des remparts ruinés, comme on en trouve aux abords des petites villes qui ont été fortifiées. D'abord le chemin montait, ils franchirent une première colline, puis, à l'est et à quelques minutes de Bethléem, une seconde colline ou d'anciens retranchements précédés d'une jolie esplanade plantée de beaux arbres; j'y remarquai des térébinthes ou des cèdres, et d'autres arbres dont les feuilles, petites et abondantes, ressemblent à celles de notre buis. Tout ce côté de Bethléem ressemblait aux abords d'une petite ville dont les fortifications tombent en ruines.

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