‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 135 sur 304 · DESCRIPTION DE LÂ GROTTE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION DE LÂ GROTTE

Afin de ne pas élre obligé d'interrompre contiimellemeiit notre récit, nous avons cru devoir réunir ici les diiférentes indications données par la Sœur relativement à la giolte de la Nalivité, à sa disposition intérieure et à la colline de Id^iuelle elle laisail partie.

A l'extrémilé méridionale de la colline, autour de laquelle serpeniail le petit sentier des Bergers, on trouvait, à proximité d'autres grottes ou celliers, la grotte dans laquelle saint Joseph s'était enfin décidé à chercher un abri pour la Vierge. Une porte, que l'on trouvait au couchant, conduisait d'abord à un corridor court et étroit, puis à un souterrain qui semblait être formé d'une demi-circonFérence ajoutée à un triangle, et qui se développait sous la partie orientale de la colline. La roche naturelle formait les parois de la grotle; au sud seulement, du côté du sentier qui conduisait à la vallée des Bergers, il y avait, pour fermer le souterrain, un bout de maçonnerie grossière. La grotte avait de ce côté, au sud, une seconde entrée; seulement elle était habituellement close, el Joseph fut obligé de la rouvrir pour son usage pariicuiier. En tournant le dos à cette porte, on trouvait à gauche un corrido^plus large conduisant à un souterrain bas, étroit, incommode,

VŒ DE LA TRKS-SAINTK VIERGE

qui descendait :^ous la grotte de la Nativité. De l'entrée ordinaire, qui était à Touest, on ne pouvait apercevoir que quelques tours et quelques toitures élevées de Bethléem. Quand de cette porte on s'avançait sur la droite, on avait devant soi l'entrée d'une grotte obscure et profonde, dans laquelle la Vierge fut un jour obligée de se cacher. De l'ouest au sud, jusqu'au delà de la porte accessoire, on trouvait une galerie ouverte, formée de nattes de roseaux, qui permettait de se mettre à l'abri en dehors de la grotte. Il y avait dans le haut de la grotte, au sud^ trois ouvertures grillées, en maçonnerie, destinées à faire passer l'air et la lumière, et une ouverture semblable dans la partie supérieure du rocher couvert de gazon, auquel se terminait la colHne sur laquelle Bethléem était bâti.

Voici à peu près quelle était, d'après les indications souvent répétées de la narratrice, la disposition intérieure de la grotte.

La porte occidentale, faite d'un léger clayonnage, conduisait à un corridor de largeur médiocre, et de là à un souterrain irrégulier, affectant d'un côté des formes anguleuses et de l'autre des formes arrondies ; il se développait principalement dans le sens du sud. On peut se faire une idée du plan du souterrain en le comparant à une tête d'homme reposant sur le cou; le cou figurerait le corridor, et la tête le souterrain proprement dit. Quand du corridor, qui était assez bas, on entrait dans la grotte, laquelle était élevée et creusée par la main de la nature, on trouvait que le sol allait en descendant; toutefois il se relevait un peu contre les parois, auxquelles étaient adossés des bancs de pierre plus ou moins larges. Les parois, dans toute la partie oij on les avait conservées dans leur état naturel, étaient propres et flattaient rœilpsans être cependant tout à fait régulières; il y avait là quelque' chose qui me plaisait. Je

CMaPîTRE NKLYîÈME. - 245

prélerais de beaucoup cette partie à celle où la roche avait été remplacée par une maçonnerie grossière et prétentieuse, ainsi à la partie supérieure de la porte accessoire, où l'on avait pratiqué les trois ouvertures dont il a été parlé plus haut. Il y avait aussi une ouverture au milieu de la grotte, et, si mes souvenirs ne me trompent pas, j'ai encore vu trois ouvertures pratiquées à mi-hauteur du souterrain, entre le sud et Test, à peu près à égale distance l'une de l'autre.

Au nord du corridor, une allée conduisait à une petite grotte latérale; en la laissant sur la gauche, on arrivait à l'endroit où saint Joseph alluma du feu; c'était à cet endroit, au nord-est, que la grotte s'élevait en s'élargissant; c'était là aussi, contre le large banc de pierre qui longeait les parois, que le saint fit reposer son âne. Derrière cet endroit, au nord, dans un développement irrégulier de la grotte, se trouvait une mangeoire assez grande pour que l'animal pût y être placé, elle était abondamment pourvue de fourrage. De là la paroi de la grotte se dirigeait au sud-est, puis au sud, et venait rejoindre l'entrée accessoire.

Au moment où la Lumière du monde sortit de son sein virghial, Marie se trouvait précisément à l'est de la grotte, en face de l'entrée principale. La crèche dans laquelle l'enfant Jésus fut couché était dans le développement méridional de la grotte, à l'ouest. La crèche comprenait une auge de pierre, posée à terre, et servant à abreuver les animaux^ et^ au-dessus, un réservoir en forme de carré long, plus étroit par le bas que par le haut; il était fait de pièces de bois rapprochées et reposait sur quatre pieds; ainsi les animaux pouvaient facilement manger la paille ou le loin qu'il contenait, et il leur suffisait de baisser un p*eu la tète pour boire de l'eau que l'auge leur offrait. La Vierge, ayant l'enfant Jésus dans les bras, était

assise en face de la crèche, à l'est de cette partie de la grotte, quand les mages vinrent lui présenter leurs dons. Si maintenant, laissant derrière soi la crèche, on se dirige à l'ouest vers le corridor, on trouve au sud l'entrée accessoire, habituellement fermée et rouverte par saint Joseph, et la petite chambre qu'il occupa; elle était au sud, il ne larda pas à l'isoler du reste par un léger clayonnage. Il y avait dans cettepartie de la muraille un enfoncement dans lequel il déposa des objets de différente nature.

GROTTE DE MAHABA, NeURRICE d'ABRAHAM.

Le long du côté méridional de la grotte de la Nativité serpentait le chemin qui conduisait à la vallée des Bergers. Il y avait çà et là, sur des éiiiinences, de modestes maisons, et, dans les champs, des hangars recouverts de roseaux, reposant sur qualre, six ou huit poteaux, et fermés par des parois en clayonnage. A l'est de la grotte, la colline aboutissait à un cul-de-sac fermé au nord, et ayant environ un quart de lieue en largeur. Le penchant de la coUine était couvert d'arbres, de jardins, de bosquets; quand on traverse le riche et haut gazon des pâturages, arrosés par un job ruisseau, et qu'on passe sous les arbres régulièrement disposés, on trouve, à l'extrémité de cette route délicieuse et au sud-est de la grotte de la Nativité, dans un mouvement de la coUine, la grotte sépulcrale de Mahara, nourrice d'Abraham, qui est appelée encore la grotte du Lait ou de l'Allaitement; la Vierge s'y est plusieurs fois retirée avec l'enfant. Cette caverne était dominée par un bel arbre, dans les branches duquel on avait établi des sièges; de là

Page 1