‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 140 sur 304 · NAISSANCE DU SAUVEUR · texte numérisé non relu

NAISSANCE DU SAUVEUR

Je vis la lumière qui entourait la Vierge devenir de plus en plus vive, celle de la lampe que Joseph avait allumée n'était plus visible. Couverte d'un ample vêtement sans ceinture qui se développait autour d'elle, le visage tourné vers l'orient, elle était a genoux sur le tapis. — A minuit, elle fut ravie dans la prière. Je la vis élevée au-dessus du sol, de façon qu'il y avait sous elle un espace libre; elle avait les mains croisées sur la poitrine. La lumière qui l'enveloppait augmentait toujours : tout ce qui l'entourait, même les choses inanimées, ressentait un mouvement intime d'allégresse; la roche des parois, celle de la voûte, le sol même semblaient animés par cette lumière. Enlin je ne vis plus la voûte; une voie lumineuse, descendant du plus haut des deux, vint se terminer à la Vierge avec des feux de plus en plus étincelants. îi y avait dans cette voie un mouvement extraordinaire" de gloires célestes qui se pénétraient mutuellement et prirent plus distinctement, en se rapprochant, les formes des chœurs des anges. La Vierge, de plus en plus complètement ravie, baissa enfin les yeux et adora son Dieu dont elle était devenue la mère et qu'elle voyait devant elle sous les traits d'un faible enfant nouveau né. Je vis alors Noire-Seigneur sur le tapis devant les genoux de sa mère: il était extraordinairement petit, mais lumi-

^•56 VIE DE LA TRÈS-SALNTE VlERr,E.

neux, et la lumière qu'il répandait effaçait toutes les splendeurs de la lumière environnante. Je crus le voir grandir sous mes yeux. Mais tout cela n'était que le mouvement d'une gloire si grande et si brillante qu'il m'est difficile de rendre compte de ce que j'ai vu. La Vierge resta encore longtemps dans son ravisssement, et je vis qu'elle déposa un linge sur l'enfant, mais elle m l'enveloppa point, elle ne le prit point dans les 5ras. Au bout de quelque temps^ je VIS TEnfant Jésus se remuer^ et je l'entendis pleurer; alors il me sembla que Marie revint à elle, elle prit le petit enfant qu'elle enveloppa du lange qui le recouvrait déjà, le prit dans ses bras et le serra contre sa poitrine. Puis, s'étant mise sur son séant, elle s'enveloppa dans son voile avec l'enfant, et je crois qu'elle allaita le Rédempteur. En ce moment, je vis un grand nombre d'anges, aux formes humaines, se prosterner devant le nouveau-né et f adorer.

Il y avait une heure environ que le Sauveur était né quand Marie appela saint Joseph qui priait encore, le front contre terre. S'étant approché, il se prosterna avec de grands sentiments de piété, d'allégresse et d'humiUté et ne se releva que quand' la Vierge feut invité à serrer contre son cœur, avec joie et reconnaissance le don saint du Tout-Puissant; alors il reçut dans ses bras le petit Jésus et loua Dieu en répandant des larmes de joie. Ensuite Marie emmaillotta le divin Enfant. Je ne me rappelle plus bien actuellement la direction des langes; je sais seulement qu'elle fenveloppà jusque sous ses petits bras d'un lange rouge, puis d'un lange blanc, un troisième enveloppait le reste du corps et recouvrait sa petite tête. Marie n'a maintenant que quatre langes avec elle. Je vis alors Marie et Joseph assis fun à côté de l'autre sur le sol, les jambes étendues sous eux ; ils ne parlaient pas et semblaient plongés dans une profonde

Page 1