CHAPITRE PREMIEil
près l'élendiie d'une église ordinaire de village, était divisé par un certain nombre de cloison^ plus ou moins mobiles qui n'atteignaient pas la toiture. Quand on avait franchi le seuil, on se trouvait dans la première partie de la maison, un grand vestibule qui occupait toute la largeur; il servait pour les réunions des fêtes, ou bien, quand le grand nombre des étrangers l'exigeait, il était partagé en un certain nombre de petites cellules ou chambres à coucher, au moyen de cloisons légères et mobiles. Une porte légère, placée en face de la principale et pratiquée dans la partie centrale du fond de ce vestibule, faisait pénétrer dans la partie moyenne de la maison , ou plutôt dans un corridor présentant de chaque côté quatre chambres à coucher; elles étaient séparées par des cloisons en clayonnage, hautes de six à huit pieds et surmontées d'un grillage. Enfin, après le corridor, on trouvait le fond de la maison; cette dernière partie n'était pas carrée, elle affectait la même forme que la maison à l'extérieur, c'est-à-dire qu'elle se terminait, comme un chœur d'église, par une demi-circonférence ou un angle. Au milieu de celte dernière partie et en face de l'entrée, un foyer en maçonnerie s'élevait jusqu'à l'ouverture pratiquée dans le toit pour le passage de la fumée; au pied de la maçonnerie se trouvait le foyer proprement dit qui servait à faire la cuisine. Non loin de là une lampe à cinq branches était suspendue à la toiture. Les côtés du foyer et le fond de la place étaient partagés en plusieurs grandes salles par des cloisons légères. Derrière le foyer, des tapisseries suspendues formaient les chambres à coucher, l'oratoire, la salle à manger et l'ouvroir de la famille. Derrière les beaux vergers adossés à la maison, on trouvait des champs, un bols et encore au delà une colline.
A leur arrivée à la maison, les voyageurs trouvé-
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reiil toutes choses en leur lieii et place, parfaitement rang'ées, car les vieillards avaient pris les devants et fait disposer tout l'ameublement. Les serviteurs et les servantes avaient tout déchargé et mis en place avec le bel ordre et la rapidité que j'avais admirés au moment du départ; ils étaient extrêmement empressés à rendre service, on les trouvait toujours également entendus et calmes, et il ne fallait pas, comme il arrive souvent maintenant en pareil cas, leur dire jusqu'aux moindres choses. Chaque objet donc étant à sa place, les parents établirent le jeune ménage dans sa nouvelle maison, se séparèrent d'Anne et de Joachim en les bénissant, en les pressant dans leurs bras, et se remirent en route, emmenant avec eux la fille d'Anne qui demeure chez ses grands-parents. Dans ces visites et dans toutes les occasions analogues, je ne voyais jamais ces bonnes gens se livrer à la bonne chère. Je les voyais bien de temps à autre assis en cercle par terre, ayant sur un tapis quelques plats avec de petites cruches, mais le plus souvent ils s'entretenaient des choses de Dieu et de leurs saintes espérances. ,
Ici donc Anne et Joachim résolurent de commencer une vie nouvelle. Abandonnant le passé à Dieu, et agissant comme s'ils venaient seulement de s'unir par le mariage, ils s'efforcèrent d'attirer sur eux par une vie sainte la bénédiction qui était depuis si longtemps l'objet unique de toutes leurs aspirations. Je les vis visiter ensemble leurs troupeaux et en faire, à l'exemple de leurs parents, trois parts dont les deux premières étaient destinées au temple et aux indigents. La meilleure part fut attribuée au temple, un bon tiers fut donné aux pauvres; entin ils conservèrent pour eux ce qu'il y avait de moindre, et ils firent de même pour tout ce qu'ils avaient. Leur maison étant très-spacieuse, ils occupaient des chambres dif-