‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 181 sur 304 · CHAPITRE DOIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DOIZIÈME

MARDI 18 DÉCEMBRE.— Ce malio , ils ont traversé, sans s'y arrêter, une ville tout enveloppée de nuages; à quelque distance de là, ils ont passé un cours d'eau gui se jette dans la mer Morte [rArnonf). Un certain nombre de ceux qui les accompagnaient sont restés dans les deux dernières localités; j'ai vu de la façon la plus positive que quelqu'un a cherché un refuge dans l'une d'elles, à l'occasion d'une querelle qui eut lieu avant l'avènement de Salomon au trône. Ils ont traversé le cours d'eau ce matin et sont enfin arrivés à une route excellente.

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LES MAGES A MANATHÉE. — LEURS ANCÊTRES EN EGYPTE. (Du 19 au 21 décembre.)

MERCREDI 19 DÉGExMBRE. — Cc soir, j'ai VU la caravane des mages, forte de deux cents hommes environ (leur libéralité avait engagé un grand nombre d'étrangers aies suivre), au delà du cours d'eau qu'ils venaient de passer et à l'est d'une ville, de l'autre côté de laquelle j'ai vu le Sauveur passer, sans y entrer, le 31 juillet de la troisième année de sa vie publique (1); le nom de cette ville m'a semblé être Manathéa, Métanéa, Médana ouMadian (2). Elle était habitée par des idolâtres et des Juifs mêlés ensemble. Ils étaient très-méchants, et bien que la route principale traversât leur ville, ils ne voulurent pas permettre aux mages d'y passer. Quittant donc la route à l'est de la ville, ils se dirigèrent vers une enceinte qui renfermait des hangars et des écuries; ils dres-

(1) Vie de Notre-Seigîieur Jésus-Christ, t. V, chap. xii, p. 325.

(2) Saint Jérôme mentionne une ville de Mélhané auprès d@ TArnon; de là les Méthaniles, dont parle la sainte Ecriture (/ Puralip. XI, 43).

sèrent leurs tentes, firent abreuver leurs animaux, leur donnèrent à manger et prirent ensuite leur repas. Je les ai vus camper en ce même lieu les deux jours suivants; mais ils étaient extrêmement tristes, parce que, pas plus que dans la première ville, on ne voulait entendre parler du roi nouveau-né; cependant j'entendis qu'ils parlèrent avec beaucoup de bonté aux habitants des motifs de leur long voyage, de la longueur de la route et de plusieurs autres circonstances intéressantes; voici ce que je me rappelle encore à ce sujet.

Ils avaient reçu depuis longtemps l'annonce de la naissance du nouveau roi. Je crois que ce fat peu de temps après Job et avant le voyage d'Abraham en Egypte, alors qu'environ trois mille Mèdes du pays de Job (ils demeurèrent aussi en d'autres contrées) s'étaient dirigés vers l'Egypte pour une expédition mihtaire et s'étaient avancés jusque dans le pays d'Héliopolis. Je ne sais plus bien quel motif les avait entraînés si loin de leur pays; c'était une guerre, je crois qu'ils allaient secourir quelqu'un; seulement leur but n'était pas saint, ils devaient combattre quelque chose de saint, de saints personnages, un mystère rehgieux qui se rattachait à la réalisation de la promesse, mais je ne sais plus bien de quoi il s'agissait. A leur arrivée dans le pays d'Héliopolis, plusieurs de leurs chefs eurent en même temps une révélation au moyen de l'apparition d'un ange qui leur défendit d'aller plus loin. Il leur annonça un Sauveur qui devait naître d'une vierge et recevoir les hommages de leurs descendants : je ne sais plus bien le motif pour lequel il leur fut dit de ne pas aller plus loin , mais de retourner chez eux et de se livrer à l'observation des astres. Je les vis ensuite célébrer en Egypte de grandes fêtes dans lesquelles ils élevèrent des arcs de triomphe et des autels qu'ils ornèrent

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