‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 201 sur 304 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

à fleurs, puis des couvertures d'une extrême délica tesse; ils laissèrent encore leurs larges manteaux; ils étaient d'un jaune pale et semblaient faits d'une soie extrêmement fme, ils s'agitaient au moindre souffle du vent. Ils offrirent encore à la sainte famille des coupes superposées, des boites remplies de grains et, dans une corbeille, des vases contenant de jolis bouquets verdàtres avec de belles fleurs blanches; il y en avait trois dans chaque, et les vases étaient disposés de telle façon qu'ils entraient l'un dans l'autre; c'était ainsi qu'ils étaient placés dans la corbeille : je reconnus sans peine des bouquets de myrrhe. Ils offrirent encore à saint Joseph des corbeilles longues et étroites avec des oiseaux bons à manger; un certain nombre de ces corbeilles étaient attachées au cou de leurs dromadaires.

Ils pleurèrent beaucoup en quittant Marie et l'enfant. J'ai vu la Vierge, debout à côté d'eux, au moment ou elle reçut leurs adieux; elle avait le divin enfant sur le bras, enveloppé dans son propre voile. Elle fit quelques pas avec eux du côté de la porte; puis elle s'arrêta, et, voulant laisser un souvenir à ces bons rois, elle détacha de sa tête le long voile * d'un tissu léger et jaunâtre qui enveloppait le petit Jésus, elle donna à Menzor. Ils s'inclinèrent profondément pour recevoir ce présent, et leurs cœurs battirent -de reconnaissance et d'une crainte religieuse, quand ils virent devant eux la Vierge et son enfant cachés jusque là par le voile. Oh! comme ils versèrent de douces larmes au moment où ils sortirent de la grotte! lis conservèrent dès lors ce voile comme l'objet le plus précieux qu'ils possédassent.

Je remarquai la manière dont la Vierge reçut les présents des mages; elle ne s'arrêtait pas à la valeur des objets, et cependant tout en elle exprimait alors une humilité touchante et une véritable reconnais-

sance à l'égard du donateur. Je n'ai jamais remarqué en elle, à l'occasion de cette visite, le moindre calcul d'intérêt; seulement, au commencement, par amour pour le divin enfant et par compassion pour saint Joseph, elle se laissa simplement aller à l'espérance que peut-être ils trouveraient maintenant plus de protection à Bethléem et qu'ils n'y seraient plus traités avec mépris, ainsi qu'ils l'avaient été à leur arrivée; car le trouble et la confusion que Joseph avait éprouvés en cette circonstancé lui avaient été fort à cœur. Au moment ou ils prirent congé de la sainte famille, la lampe était déjà allumée dans la grotte, il faisait assez sombre; ils se dirigèrent donc aussitôt avec les leurs vers le grand térébinthe qui dominait la grotte de Maraha, afin de faire, comme la veille^ leurs pieux exercices. Une lampe brûlait sous l'arbre ; l'étoile étant venue à paraître, ils se mirent à prier et à exécuter des chants extrêmement gracieux; les voix des enfants se faisaient entendre très-agréablement dans le chœur. De là ils retournèrent à la tente où Joseph leur avait encore préparé un petit repas; quand il fut terminé, les uns retournèrent à l'hôtellerie de Bethléem, tandis que les autres prirent leur repos dans la tente.

UN ANGE LEUR DONNE l'ORDRE DE PARTIR.

Vers minuit j'eus tout à coup un tableau sous les yeux, je vis les voyageurs étendus sur des tapis tout le tour de la tente et au milieu l'apparition d'un jeune homme étincelant de lumière; leur lampe était allumée, ils se levèrent au miheu de leur sommeil : c'était im ange qui les avait réveillés au milieu de la nuit

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