‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 214 sur 304 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

de l'étoffe dont les mages se servirent pour couvrir la table sur laquelle ils déposèrent leurs présents, ainsi que de l'un de leurs manteaux.

Comiïie une partie de ces reliques se trouvait dans une armoire auprès de la couche de la malade et l'autre au domicile de l'écrivain, celui-ci demanda à la Sœur si l'étoffe précieuse se trouvait là, à proximité. Elle lépondit : a Non, elle est là, à la maison. » L'écrivain : <( Chez moi? » — « Oui, chez cet homme, chez le Pèlerin (c'était le nom qu'elle donnait ordinairement à Pécrivain), elle l'ait partie d'un petit paquet, le fragment du manteau est jaune pâle. On refusera de le croire, et pourtant c'est vrai, et je Pai sous les yeux.

principalement les ossements des saints et en général tout ce qui est compris sous le nom de reliques. A ia vue des ossements des saints et des vêlements qu'ils avaient poités, elle nommait le personnage auquel ils avaient appartenu ; souvent même elle pouvait raconter leur histoire jusque dans ses moindres détails; un grand nomhre de faits, des expériences pour ainsi dire quotidiennes avaient rendu ce privilège si familier à son entourage qu'un de ses amis lui donnait assez justement le nom de sacromètre. L'écrivain se propose de relater, dans Phistoiie développée de la sœur Emmerich, un certain nombre de ces expériences. Nous ne connaissons pas les motifs qui ont empêché les supérieurs ecclésiastiques de la Sœur de soumettre à une enquêle officieile et décisive ces faits d'une si gi ande importance pour Pttude de la vie mystique, mais nous sommes persuadé qu'entre tous les privilèges qui lui furent accordés dans l'ordre de la grâce, il n'y en eut pas de pins remarquable et de plus iniportani. Pour mettre à l'épreuve cette faculté de distinguer les reliques et les autres objots saints et consacrés que possédait l'excellente Sœur, plusieurs de ses amis et en particulier l'écrivain lui avaient procuré une quantité considérable de ces objets précieux. La chose n'était point difficile; car, malheureusement, par suite de la destruction de tant d'églises et de couvents dont notre siècle a été témoin, par suite aussi de la diminution ou même de l'extinction totale du sens chrétien relativement aux choses saintes et transmises comme sacrées et respectables par une tradition authentique, des trésors sur lesquels peut-être la piété avait élevé de magnifiques basiliques avaient été profanés d'une façon non-seulement indigne, mais même effrayante pour celui qui considère les choses à un point de vue un pèu élevé; beaucoup étaient tombés entre les mains des particuliers et jusque dans celles de marchands de bric-à-brac. Ce fut ainsi qu'elle dut à la bienveillance du vénérable Overbcrg , son confe-seur extraordinaire, deux caisses pleines de reliques remontant aux premiers siècles et qui avaient été trouvées dans une vieille église démolie.

Une personne atlachée au Pèierin ne le croira cerîainement pas , car elle voudrait pouvoir anéantir tout ce qu'il écrit; mais son bpau-frère A., qui in'a visitée, c'est tout autre chose : il a un cœur comme celui de Séir, le mage le plus bronzé des trois ; il est si doux, SI complaisant, si fidèle; c'est un vrai cœur chrétien : si cet homme était dans FEglise, il aurait le ciel sur la terre. »

L'écrivain lui ayant apporté celle des reliques gardées chez lui auxquelles semblait pouvoir convenir cette dénomination de petit paquet, elle l'ouvrit aussitôt et reconnut comme venant de* mages, lirais sans entrer dans aucune explication à ce sujet, un petit morceau de îaine jaunâtre et un autre de soie rouge foncé. — Elle ajouta :

Je dois avoir encore un autre morceau d'étoffe des rois mages. Ils avaient plusieurs manteaux, un manteau lourd et d'untissu serré pour le mauvais temps, un autre jaune et un rouge, de belle laine extrêmement fine; quand ils marchaient, leur manteau voltigeait au gré du vent. Dans les cérémonies, ils avaient des manteaux de soie non teinte, ils brillaient, avaient des fleurs en or à la bordure et se terminaient par une queue pendante, que l'on portait derrière eux. Je crois qu'il y a maintenant non loin de moi quelque chose de ce manteau : c'est ce qui fait que j'ai eu la nuit dernière, comme j'en avais eu auparavant, des tableaux relatifs à la culture de la soie et au tissage chez les mages, tableaux dont je me rappelle encore quelque chose. Dans une contrée située à l'est, entre le pays de Théocéno et celui de Séir, il y avait des arbres tout chargés de vers ; chaque arbre était entouré d'un petit fossé, de façon qu'ils ne pouvaient s'éloigner. J'ai vu souvent jeter des feuilles sous les arbres et suspendre de petites boîtes aux arbres^ et comment on retirait de petits objets arrondis et longs au moins comme le doigt; j'ai supposé d'abord que c'étaient des œufs d'oiseaux extraordinaires ; mais j'ai vu bientôt que c'étaient les coques des vers à soie qui se déroulaient quand on tirait un fil. Après avoir attaché un paquet de ces fils à la poitrine, on en faisait un fil délicat, que l'on

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