‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 216 sur 304 · CHAPITRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TREIZIÈME

Elle en était alors^ dans ses visions continues sur la vie du Sauveur, au 27 janvier de la dernière année. Elle le vit sur la broute de Béthanie avec dix-sept disciples, dans une hôtellerie voisine de Béthoron. Il les instruisit sur le mystère de leur vocatioUj et célébra le sabbat avec eux, la lampe brûla tout le jour. Parmi ses disciples il y en avait un récemment venu de Sichar.Elle dit alors :

Je l'ai va si distincterneat, il faut que j aie dans mes reliques quelque chose de lui. Il est maigre et pâle. Son nom ressembleb, assez à Silan ou à Vilan, il renferme certainement quelques-unes de ces lettres.

Enfin elle s'en tint au nom de Silvanus. Elle s'arrêta quelque temps, puis elle reprit :

J'ai revu les petits morceaux d'étoffe qui provienîienl des mages. Il faut qu'il y ait là un autre petit paquet qui renferme entre autres choses un fragmentd'un manteau du roi Menzor, un petit morceau d'une couverture de soie rouge qui fut autrefois placée auprès du Saint-Sépulcre, un petit morceau d'une étoffe rouge et blanc qui a appartenu à un saint. J'y aperçois aussi un éclat d'os du disciple Silvanus.

Après quelques instants de préoccupation ou d'absence, elle ajouta :

Je vois maintenant où est ce petit paquet; je l'ai donné il y a un an et demi à une femme de la ville qui le porte encore au cou, je vais la prier de me le renvoyer. Je le lui ai donné pour la consoler quand on me mit en prison, elle m'avait témoigné tant d'intérêt. Je ne savais pas bien alors ce qu'il renfermait, je voyais seulement qu'il était lumineux, qu'il était saint et avait autrefois été en contact avec la très-sainte Vierge. Mais maintenant, en voyant si distinctement ce qui se rapportait aux mages, j'ai reconnu tous les objets placés non loin d'ici qui avaient été en relation avec eux, et en particulier ces fragments d'étoffe. Mais j'ai oublié où se trouvaient un grand nombre de ces objets.

Au bout de qiielqu'^s jours étant rentrée en possession du sachet, comme elle était fort souffrante, elle pria l'écrivain de l'ouvrir; le sachet était solidement cousu et paraissait n'avoir pas été ouvert depuis longtemps. Il l'ouvrit dans l'antichambre et y trouva les objets suivants, roulés avec soin l'un autour de l'autre.

'lo Une bande élroite, assez semblable à une bordure roulée, d'uii tissu de laine fine et non teint. On craignit presque de l'étendre, tellement il semblait délicat et près de se rompre.

2o Deux petits morceaux d'un tissu de coton, couleur nankin, d'un tissu peu serré et cependant très-fort en apparence; ils avaient undoigt de long sur un demi-doigt do large.

3o Un pouce carré de soie cramoisie, à dessins.

40 Un quart de pouce carré d'un riche tissu de soie, jaune el blanc.

5° Un tout petit morceau de soie vert et brun.

6" Enfin, au centre du sachet, un petit morceau de papier renferniant un fragment de pierre blanche, gros comme un pois.

L'écrivain mit tous ces objets dans autant de papiers difi'érents, à l'exception du no 6 qu'il laissa dans son ancienne enveloppe. Au moment où il s'approcha de la malade, elle semblait n'être pas dans l'état de clairvoyance ; elle était éveillée, elle toussait et se plaignait de ses suulfranccs excessives; cependant elle dit aussitôt : « Ce que vous avez dans ces feuilles est lumineux. Quels trésors nous possédons ! lis valent plus qu'un empire. » Alors elle prit successivement dans la main, comme pour savoir ce qu'elles renfermaient, les difl'érentes feuilles de papier dont elie ne pouvait connaître le contenu; elle resta quelques instants silencieuse comme pour mieux voir avec les yeux de l'esprit ce qu'ils renfermaient, et rendit compte, en les remetlant, du contenu, sans commettre la moindre erreur, ainsi que l'écrivain s'en assura en ouvrant les différents papiers, lesquels étaient pltés absolument de la même façon.

Le 1 provient d'une tunique de Menzor; elle était faite de laine fine et n'avait que des ouvertures pour les bras sans manches. Des épaules descendait jusqu'au coude une bande d'étoffe, assez semblable à une moitié de manche non fermée.

Elle décrivit ensuite avec une exactitude parfaite la forme, la nature et la couleur de Tobjet.

Le n» 2 provient d'un manteau .laissé par lesmages.

EUe donna également des détails minutieux sur la relique.

Le n« 3 est un fragment d'un tapis épais de soie

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