CHAPITRE TREIZIÈME
rouge qui recouvrait le sol du Saiut-Sépulcre, à une époque où les chrétiens possédaient encore Jérusalem. Quand les Turcs s'emparèrent de la ville sainte, elle était encore comme toute neuve; comme les chevaliers se partageaient tout ce qu'il y avait de précieux, on la déchira, et chacun en reçut un morceau en souvenir.
Le no 4 provient de l'étole d'un saint prêtre du nom d'Alexis, je crois que c'était un capucin. Il priait toujours au Saint-Sépulcre. Les Turcs le tourmentèrent de la façon la plus affreuse. Ils firent entrer des chevaux dans l'église, et placèrent une vieille femme turque en avant du saint tombeau, à l'endroit où il priait d'ordinaire, mais rien ne put le tirer de sa contemplation. On finit par l'y enfermer au moyen d'une muraille, la vieille lui faisait passer parun trou du pain et de l'eau. Voilà ce que je me rappelle encore d'un grand nombre de détails que j'ai eus sous les yeux, quand j'ai vu le sachet et son contenu, sans bien savoir en quel endroit il se trouvait.
Le no 5 n'est pas une relique, bien que digne de respect; il provient des sièges ou bancs sur lesquels les princes et les chevaliers s'asseyaient en cercle dans l'église du Saint-Sépulcre. On s'est aussi partagé ces différents objets.
Le no 6 est un fragment de pierre de la chapelle qui domine le Saint-Sépulcre, il s'y trouve aussi un éclat d'un os du disciple Silvanus, de Sichar.
L'écrivain lui ayant répondu qu'il n'y avait rien vu qui resi^embîàt à un éclat d'os, elle lui dit d'aller voir et de bien examiner. 11 passa aussitôt dans Fanlichambre oîi il y avait de îa lumière, ouvrit avec précaution l'enveloppe de papier et trouva dans l'un de ses plis un éclat d'os parfaitement blanc, de forme irrégulière; il avait à peu près l'épaisseur de l'ongle et la grandeur d'un demi-kreutzer. Ainsi cette nouvelle indication se vérifiait pleinement, elle reconnut sans peine la relique dont elle avait parlé. La scène se passait le soir dans une chambre obscure, il y avait de la lumière dans l'antichambre.