‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 23 sur 304 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

ïl y arriva le qiiairième jourde la fêle ei logea, comme auparavant, dans le voisinage du temple. Anne arriva aussi à la ville sainte le quatrième jour de la fête, et descendit chez les parents de Zaeharie, au marché aux poissons, mais elle ne rencontra son époux que vers la fin de la fête.

J'ai vu que, bien que le sacrifice de Joachim n'eût été rejeté qu'en venu d'une inspiration céleste, le prêtre qui, au lieu de le consoler, l'avait traité si durement, avait reçu de Dieu je ne sais plus quel châtiment. Aujourd'hui les prêtres avaient reçu du Ciel l'ordre d'agréer ses dons, et je vis qu'au moment où l'on annonça son arrivée avec les animaux, plusieurs d'entre eux sortirent du temple pour recevoir son offrande. Ces animaux, offerts en dons au temple et aux prêtres, ne devaient pas être sacrifiés; son sacrifice consistait en deux agneaux et troisjolis petites bêtes qui me parurent être des chevreaux. Je vis encore que, quand son offrande eut été agréée, il reçut les féhciiations d'un certain nombre de personnes qui le connaissaient.

Au temple, à cause de la fête, tout était ouvert et garni de feuillage et de guirlandes dé fruits; en un endroit même une tente avait été dressée sur huit colonnes isolées. Joachim parcourut les mêmes passages que la première fois. Ses victimes furent immolées et brûlées à l'endroit ordinaire. Quelque chose cependant fut brûlé en un autre endroit, et, si je ne me trompe, à droite du parvis où se trouvait la grande chaire (1). Je vis cependant les prêtres of-

(1) Voici quelques clélaiis qui viennent à Tappui de cetie espUcation. D'après les trsdilions juives, dans l'holocauste lui-même plusieurs parties de la Yiciime, entre autres le nervus femorisj le nerf de la haoche (on f-ait que l'ange dans sa lutte contre Jacob loucha ce nerf, qui perdit aussitôt sa sensibilité, statim emarcuit, dit la Genèse, xxxii, 25) , étaient brûlées non sur l'autel, mais près

VIR m LA ilU<S-SAIMK VIFJIOE.

frir dans le saint le sacrifice de i'encens. On alluma aussi plusieurs lampes; je vis de la lumière sur le ehandelier à sept branches, mais pas à toutes les branches en même temps. J'ai souvent vu que telle ou telle branche était allumée pour telle ou telle occasion particulière. Au moment où la fumée de l'encens s'éleva dans les airs, je vis une sorte de rayon lumineux descendre en même temps sur le sacrifica> teur dans le samt et sur Joachim qui se trouvait en dehors, dans le parvis. La cérémonie fut suspendue, soit étonnement, soit désir de jouir des communications divines. Bientôt deux prêtres, conformément à un avertissement céleste, allèrent trouver Joachim dans le parvis et l'amenèrent par une suite de petites chambres dans le saint, auprès de l'autel d'or des parfums. Le prêtre mit alors quelque chose sur l'autel; ce n'étaient pas des grains isolés d'encens, mais plutôt une masse compacte, dont il me serait impossible de bien déterminer la nature (1). En brûlant, elle fit monter des nuages de fumée d'une délicieuse odeur sur l'autel d'or, devant le voile du saint des saints. Bientôt le prêtre quitta le saint et Joachim y deiïieura seul.

Tandis que les parfums se consumaieht, je vis Joachim, à genoux et les bras étendus, dans une sorte d'extase. Je vis une figure lumineuse, un ange^ s'approcher de lui, comme plus tard de Zacharie, avant la naissance de Jean-Baptiste. Il lui adressa quelques mots et lui présenta une banderole sur

de Ikj a l^est, sur ce qu'on appelait le monceau de cendres. (Voir aussi la Genèse, xxxii, 32.)

[i) 11 s'agit, sans doute, du mélange dans lequel consi^(ait, suivaiii les tradiîionsfjuives, le sacrifice des parfums que Ton offrait tous les jours. Dans ce mélange eniraient la myrrhe, la casse, le nard, le safran, l'acoi e \iromalique, la cannelie, le costus, le slacté, îa caryophyllic, le bubon gaibanifère, Tencens et le sel puiilié.

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