‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 24 sur 304 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

laquelle je vis, écrits en caractères lumineux, les trois noms d'Héli, d'Anna et de Miriam (1), et à côté de ce dernier, je vis l'image d'une petite arche d'alliance ou d'un tabernacle. Il lui attacha cette banderole sous le vêtement contre la poitrine. Il ajouta que sa stérihté n'était pas une honte, mais une gloire; car ce que sa femme allait concevoir était le fruit immaculé de la bénédiction de Dieu en lui^ le développement le plus parfait de la bénédiction d'Abraham.

Comme Joachim ne comprenait rien à ce mystère, l'ange le conduisit derrière le voile qui était assez éloigné delà grille du Saint des saints pour qu'on pût se placer entre l'un et] l'autre, et je vis l'ange s'approcher de l'arche d'ailhance, et il me sembla qu'il y prit quelque chose. Je le vis présenter à Joachim une sphère lumineuse ou un cercle lumineux et lui ordonner d'y souffler et de regarder ensuite (2). Sous te souffle de Joachim, des images de toute nature se développèrent dans le cercle lumineux ; il regarda, son souffle n'avait pas altéré la pureté de la sphère, et Fange; lui dit que l'enfant que sainte Anne allait concevoir serait aussi pure que cette sphère que son souffle n'avait pu ternir.

Là-rdessus 'l'ange ayant soulevé la sphère lumineuse, elle se tint en équilibre dans les airs, et j'y vis, comme par une ouverture^ une merveilleuse suite de tableaux depuis la chute de l'homme jusqu'à sa rédemption. Un monde entier sembla s'y

(!) L'écrivain ignorait d'abord que ces trois mofs fussent des variantes des noms de Joachim, d'Anne et de Marie. Quand il fut informé de ce déiail, il y vit une preuve frappante de la vérité des récils de la pieuse fille.

(2) Elle ajouta : Au moment où je le vis lui approcher du visage le cercle lumineux, je pensai à un usage que l'on observe chez nous dans les noces; le sacristain présente à baiser une figure peinte sur im morceau de bois, et on lui donne pour cela quelques pièces de monnaie^

46 ME ]>!•: LA THKS-SALNTE YIEIIGE.

développer successivement; j'ai vu et distingué tous les détails, mais actuellement je ne saurais plus les reproduire exactement. Au plus haut sommet je vis la sainte Trinité et au-dessous d'un côté le paradis, Adam et Eve, la chute originelle, la promesse de la rédemption et tous ses symboles, Noé, le déluge, l'arche, la bénédiction reçue par Abraham et transmise au premier-né d'Abraham, à Isaac, et d'Isaac à Jacob, comment elle fui reprise à celui-ci par l'ange avec lequel il lutta, comment elle fut rendue à Joseph en Egypte et reçut une dignité nouvelle en lui et en sa femme, comment Moïse emporta de l'Egypte, avec les reliques de Joseph et de son épouse Aséneth, le mystère de la bénédiction qui devint le saint des saints de l'arche, le trône du Dieu vivant au milieu de son peuple ; ensuite Thistoire d'Israël dans ses rapports avec le mystère^ les miséricordes de Dieu dans les unions destinées à hâter la formation d'une hgnée sainte, du trône béni de la Vierge, enfin toutes les figures, tous les symboles de Marie, tous les symboles et toutes les figures de son divin Fils dans l'histoire et dans les prophètes. Je vis toutes ces choses admirables dans une suite de tableaux qui remplissaient les différentes parties de la sphère; je vis de grandes villes, des tours, des palais, des trônes, des portes, des jardins, des fleurs, et ces différents objets admirablement liés entre eux par des ponts lumineux; et partout il y avait des bêtes furieuses et d'autres apparitions épouvantables qui y portaient la confusion et la guerre. Toiites ces images me montrèrent la famille de la Vierge dans la quelle le Fils de Dieu voulait prendre une chair et se faire homme, passer, comme tout ce qui est saint, tout ce qui procède de la grâce de Dieu, par l'épreuve et la lutte. Je me rappelle avoir vu, en différentes parties de ces tableaux, un jardin entouré d'une

Page 1