‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 25 sur 304 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

affreuse haie d'épines que des troupes de serpents et d'autres reptiles affreux essayaient en vain de franchir, et plus loin une tour inexpugnable attaquée par des gens de guerre qui s'épuisaient en d'inutiles efforts. J'ai vu un très-grand nombre de tableaux de ce genre relatifs à l'histoire de la Vierge dans ses aïeux; les passages lumineux, les ponts qui Uaient toutes choses en're elles marquaient la victoire sur les difficultés, les obstacles, en un mot sur tout ce qui devait empêcher ou retarder le salut.

Il me sembla qu'une chair pure, un sang pur, avaien t été jetés par la miséricorde divine en l'humanité comme au miUeu des flots d'une mer impure, qu'elle avait des peines incroyables à rapprocher ses éléments dispersés, que les flots infects s'efforçaient d'attirer à eux et de souiller; et qu'enfin, après des grâces innombrables de Dieu et la fidèle coopération de l'homme, elle s'était, à travers bien des épreuves et des purifications, laborieusement reconstituée au milieu du fleuve qui se renouvelait sans cesse, dans le couple destiné à donner au monde la Vierge sainte dans laquelle le Verbe s'est fait chair afin d'habiter au miheu de nous!

Parmi les images qui me furent présentées dans la sphère lumineuse, "j'en vis un certain nombre qui correspondent à des invocations des litanies de la Vierge, et que je vois toujours, que je reconnais, que j'entoure de mes hommages toutes les fois que je récite ces litanies. Les tableaux de la sphère se développèrent encore jusqu'à la réalisation parfaite de toutes les miséricordes de Dieu à l'égard de l'humanité perdue dans la division et le fractionnement jusqu'à l'infini, et ils allèrent se terminer à l'autre extrémité, en face du Paradis terrestre, avec la Jérusalem céleste (1) au pied du trône de Dieu. Quand

• {Vj La vénérable Marie de Jésus, supérieure des franciscaines

YIE DE LA TUÈS-SAlNTE VIERGE.

toutes ces images se furent déroulées devant mes yeux, je vis disparaître la sphère lumineuse qui n'était pas autre chose que la suite des tableaux se déroulant successivement l'un après l'autre. Elles me présentaient d'une manière très-vive les kimières que les anges donnèrent à Joachim dans une vision et que j'eus également. Toujours, quand j'ai des communications de ce genre, elles me sont données dans un cercle lumineux, dans une sorte de sphère.

JOACHIM REÇOIT AU TEMPLE LA BÉNÉDICTION DE l' ARCHE

d'alliance.

Ensuite l'ange, ayant touché ou oint le front de Joachim avec Textrémité du pouce et de l'index, lui donna à manger un aliment lumineux et à boire d'une liqueur également lumineuse au moyen d'une coupe brillante qu'il tenait avec deux doigts; ce vase avait la forme du calice de la cène, sauf qu'il n'avait pas de pied. En voyant cela, il me sembla aussi qu'il

di'Agréda, raconte dans ses visions relatives a la vie de la très-saiule Vierge qu'il lui fut dit que la Jérusalein nouvelle ou la Jérusalem céleste, dont il fait mention dans l'Apocalypse (xxi, 2-9) n'est pas autre que la Vierge (Voir la Cité mystique de Dieu, 1'® partie, chap. XVII, n. 2^8, et chap. xviii, n. 263, etc.). Saint Jean Ciirysostome, dans son sermon sur la fête de l'Annonciation, suppose que Dieu dit a l'archange Gabriel : « Va trouver la cité vivante de laquelle le prophète a dit : Des choses magnifiques ont été dites de vous, cité de Dieu (Ps. Sft, 3). » George, évèque de Nicomédie, qui vivait au vii^ siècle, désigne la sainte Vierge sous le [nom de cité vivante de Dieu, dans son sermon sur la Purification de JMarie au temple. Enfin, dans le petit office de la Vierge, le psaume 86c a pour antienne le passage : Tous nous sommes heureux d'avoir en vous notre demeure [sicat lœtanUum omnium noslrum habiiatio est in te, sancta Dei Genitrix), qui se rapporte littéralement à Jérusalem.

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