CHAPITRE QUINZIÈME
fanl et prier le maître de la maison de se rendre à Nazaralh avec un de ses serviteurs; après quoi, elle retourna chez elle. Pour Anne, je la vis tout arranger à la maison de saint Joseph et faire un certain nombre de paquets. Dans la matinée, deux hommes arrivèrent de chez sainte Anne; l'un avait seulement sur lui une peau de brebis avec de grosses sandales attachées par des courroies autour des jambes, l'autre avait un long vêtement; celui-ci m'a paru être le mari de sainte Arme. Ils aidèrent à tout mettre en ordre dans la maison de saint Joseph, et à faire de tout le mobilier des paquets que l'on transporta ensuite chez sainte Anne.
J'ai vu la sainte famille, dans la nuit même du départ, traverser plusieurs localités et se reposer le matin sous un hangar. Vers le soir, comme ils étaient extrêmement fatigués, ils s'arrêtèrent en une petite localité du nom de Nazara, chez des gens qui demeuraient à l'écart et étaient tout à fait méprisés. Ce n'étaient pas des Juifs à proprement parler; ils avaient dans leur religion un mélange de paganisme; ils allaient au temple du mont Garizim^ près Samarie, dont ils étaient éloignés de quelques milles à travers les montagnes. Ils étaient accablés de charges de toute nature; ainsi ils étaient obhgés de travailler comme esclaves au temple de Jérusalem et de faire d'autres corvées analogues. Ils reçurent très-amicalement les voyageurs, qui passèrent chez eux tout le jour suivant. La sainte famille a encore visité ces bonnes gens à son retour de l'Égypte, ainsi que plus tard avant et après son voyage au temple, alors que l'enfant Jésus était âgé de douze ans U). Plus tard cette famille a reçu le baptême de
(I) Dans ses premières communicaUons"'.sur la fuile en Egypte, elle avait oublié de mentionner le séjour de la sainte famille eu cet en-
404 VIl^ DE LA TRÈS-S.\INTE VIERGE.
saint Jean et s'est réunie à l'Église naissante. — Leur bourgade n'est pas éloignée d une ville singulière et placée à une élévation considérable, et du nom de laquelle je ne suis plus très-sûre, parce que j'ai vu et entendu nommer un très-grand nombre de villes dans les environs, ainsi Légio et Massaloth, entre lesquelles se trouve, si je ne me trompe, Nazara. Il me semble que la ville dont la situation m'a paru si extraordinaire, s'appelle Légio, mais qu'elle porte aussi un autre nom.
YUL
LE TÉRÉBINTHE d'ABRAHAM. — HALTE DE LA SAINTE FAMILLE AUPRÈS d'une FONTAINE,
DIMANCHE 4 MARS. — Hier, Samedi au soir, à la clôture des exercices du sabbat, la sainte famille partit de Nazara et voyagea toule la nuit; durant toute la journée du dimanche et la nuit suivante, elle se cacha auprès du vieux térébinthe, aux branches touffues, sous lequel Marie et Joseph s'étaient déjà abrités lors du voyage de Nazareth à Bethléem, le jour même où elle avait tant souffert du froid. C'était le térébinthe d'Abraham, auprès de la forêt de Moria, non loin de Sichem, de Thanalh, de Silo et deRuma.
d'-oit; elle en parla une autre année à l'occasion du voyage de Marie enfant à Jérusalem avant sa présentation, voyage dans lequel on s'y arrêta également. Quinze ans api ès la mort de la pieuse fille, l'écrivain, réunissant ses notes relatives à ce sujet, ne put s'empêcher d êlre étonné de ce que la sainle famille s'arrêtât tout un jour en cet endro l; sa surprise cessa quand il découvrit que le sabbat commentait le 2 mars au soir : d'oix il conclut que les fugitifs célébrèrent secrèlement le sabbat en cet endroit circonstnnce qu'elle n'avait pas inenlit)nnée. Cette coïncidence fait merveilleusement ressortir l'exacliludc de ses communications; malheureusement elles ne sont pas toujours assez précises pour donner lieu à des observations de ce genre.