‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 242 sur 304 · CHAPITRE QUINZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUINZIÈME

Egyple suivant l'ordre dans lequel je me rappelle les avoir vues.

LA SAINTE FAMILLE DANS UNE GROTTE AU DÉSERT. — l'enFANT JÉSUS ET LE PETIT JEAN-BAPTISTE.

Après que la sainte famille eut franchi quelques-uns des sommets du mont des Oliviers, je la vis au delà de Bethléem, du côtéd'Héhron et à un mille environ de la forêt de Mambré, se réfugier dans une grotte spacieuse, dépendant d'une gorge sauvage d'une montagne, laquelle était couverte d'une bourgade dont le nom ressemble assez à celui d'Ephraim. — Je crois que c'était la sixième station de leur voyage. Je les ai vus à leur arrivée tristes et épuisés. Marie était triste et pleurait. Ils manquaient de tout, car ils devaient suivre des chemins détournés, fuyant les villes et les hôtelleries fréquentées. Ils se reposèrent là un jour entier. Plusieurs prodiges vinrent leur donner un peu de soulagement. Ainsi une source jaillit dans la grotte même à la prière de la Vierge, et une chèvre sauvage s'approcha d'eux et se laissa traire. Ils eurent aussi la visite d'un ange qui les consola. — Un prophète a souvent prié dans cette même grotte: je crois que Samuel y a résidé à plusieurs reprises. David a fait paître aux environs les troupeaux de son père; il y a prié et y a reçu par l'entremise d'un ange des avertissements divins, ainsi l'ordre de combattre contre Goliath (1).

(i) Dans sa relation malheureusement trop sommaire de la fuite en Egypte, elle ne mentionna pas celle station de la Vierge, elle n'en parla que lors de ses communications quotidiennes sur la -vie publique du Sauveur, lorsqu'elle le vit après son baptême visiter, avec quelques disciples, aux environs de Bethléem, toutes les localités.

De celte grotte, laissant toujours la mer Morte sur leur gauche, ils firent sept lieues dans la direction du sud et trouvèrent à deux heures de marche au delà d'Hébron, le désert où était alors le petit Jean-Baptiste; le chemin qu'ils suivaient était à une portée de flèche environ de la caverne où on lui avait cherché un refuge. Je vis la sainte famille voyager seule, épuisée, haletante, à travers le sable du désert. L'outre à l'eau était vide, ainsi que les cruchons de baume; la Vierge était en proie à une vive inquiétude, elle souffrait de la soif et Jésus avec elle. — Ils s'écartèrent un peu de la route, vers un endroit où l'on voyait quelques arbustes et du gazon brûlé par le soleil. La Vierge descejidit de sa monture pour

où sa mère s'était arrêtée avec lui. Elle le vit donc, après son baptême qu'elle raconta le vendredi 28 septembi e 4821, s'arrêter dans cette grotte avec ses disciples le 8 octobre, et elle l'entendit parler des faveurs accordées à ce lieu et des fatigues que la sainte famille avait eu à supporter dans la fuite en Egypte. Il bénit celte grotte et annonça qu'une église devait un jour s'élever au-dessus. ( Voir la Vie de ISotre-Seigneur^ tom. 1, cbap. viii, pp. 188, 489.)

Elle dit a ce sujet, le 18 octobre : c Cette grotte de la sainte' famille fut appelée dans la suite le bourg de la Vierge et visitée par les pèlerins sans que cependant on en connût exactement l'histoire. Plus tard il n'y avait plus dans ce pays que quelques personnes pauvres. » Elle donna ensuite des détails circonstanciés sur la localité, L^écrivain fut tort étonné de lire longtemps après, dans le Voyage à Jérusalem du frère mineur Antoine Gonzalez (Anvers, 4679, partie, p. 556), qu'à un petit mille d'Hobron, du coté de Bethléem, à gauche de la route, il avait visité un bourg appelé le bourg de la Vierge, parce que Marie s'y est arrêtée lors de la fuite en Egypte; il est situé sur une hauteur, et on y trouve encore une église avec trois nefs et trois portes. Une peinture murale représente la Vierge sur l'àne avec le divin enfant, et auprès saint Joseph qui conduit l'animal. Au pied de la montagne sur laquelle se trouve la bourgade de Téglise, on voit une belle fontaine appelée le pmîs de la Vierge; tous ces détails concordent parfaitement avec les indications données par la Sœur. — On lit encore danslt; second volume des Mémoires de d'Arvieux : « Entre Hébron et Bethléem, nous avons traversé le bourg de la Viei ge oii, d'après la tradilion, Marie s'arrêta lors de la fuile en Egypte. »

Page 1