‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 251 sur 304 · CHAPITRE SEIZIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE SEIZIÈME

en Egypte et trouvai la sainte famille fixée dans la vieille ville ruinée. Ses maisons sont disséminées sur les bords d'un large fleuve à plusieurs bras, on l'aperçoit de loin à cause de sa position élevée. Il y a là d'énormes maçonneries sous lesquelles passe le fleuve. On passe les différents bras sur des poutres qui sont dans l'eau pour cet usage. J'ai vu là des ruines gigantesques, des pans de maçonneries d'une épaisseur extraordinaire, des tours à moitié écroulées, enfin des temples presque entiers. J'ai vu des colonnes presque aussi considérables que des tours 011 l'on monte par l'extérieur. J'ai vu encore de hautes colonnes minces à l'extrémité et surmontées de figures extraordinaires, ainsi que d'énormes figures, semblables à des chiens en repos, avec des têtes humaines. La sainte famille occupait plusieurs salles d'un bâtiment en pierre qui reposait d'un côté sur de petites colonnes massives, les unes rondes et les autres carrées. Un grand nombre de personnes s'étaient logées devant ou sous ces colonnes. Un chemin passait au-dessus de l'édifice ; il servait non-seulement aux piétons, mais encore aux cavaliers et aux voitures. On voyait en face un temple spacieux avec deux cours.

En avant de cet espace lequel était fermé d'un côté par un mur et de l'autre offrait à l'œil une rangée de colonnes basses et massives, Joseph avait établi avec des planches une sorte de veslibule, partagé en plusieurs compartiments et dans lequel ils demeuraient. Je les ai vus tous ensemble. Les ânes étaient toujours là, mais isolés par des cloisons comme Joseph a coutume d'en faire en pareil cas. — Je viens de remarquer pour la première fois qu'ils avaient contre la muraille une sorte de petit autel dissimulé par une cloison de ce genre, et devant lequel ils priaient. C'était une petite table couverte d'une étoffe

rouge et au-dessus d'une étoffe blanche à jours, et une lampe au-dessus.

Plus tard J'ai vu saint Joseph tout à fait établi en cet endroit ; il travaillait tantôt au logis et tantôl hors de chez lui. Il faisait de longs bâtons avec des pommes rondes, de petits escabeaux bas, ronds, à trois supports avec une sorte de poignée par laquelle on les prenait, enfin des corbeilles d'une espèce particuUère. Il fabriquait aussi des cloisons légères eiî clayonnage. Après les avoir couvertes de je ne sais quel enduit, les habitants en faisaient des cabanes, ou des cloisons pour se loger dans les épaisses murailles des anciens bâtiments. Il faisait encore avec des planches longues et minces de petites tourelles à. six ou à huit pans, qui allaient diminuant d'épaisseur et se terminaient par une boule. Elles avaient une ouverture, de façon qu'on pouvait s'y asseoir comme dans une guérite. On y voyait à l'extérieur un certain nombre de degrés qui permettaient d'y monter. J'ai vu de ces petites tourelles en différents endroits, devant les temples des dieux ainsi que sur les plates-formes des maisons : on pouvait s'y asseoir; c'étaient des guérites pour les gardes ou des abris contre le soleil.

J'ai vu la sainte Vierge tresser des tapis; je l'ai encore vue occupée d'une autre espèce de travail pour lequel elle avait auprès d'elle un bâton, à l'extrémité duquel était attaché un appendice; je ne saurais plus dire si c'était pourfder ou pour quelque autre ouvrage analogue. J'ai vu souvent des gens qui venaient la voir, ainsi que le petit Jésus, qui était par terre auprès d'elle dans une sorte de petit berceau. Souvent j'ai vu ce petit berceau dressé sur une machine semblable à un tréteau de scieur. L'enfant était gracieusement couché dans ce berceau, les bras lui pendaient à côté du corps. Je l'ai vu une fois assis dans

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