SAINT JEAN ENVOYÉ POUR LA SECONDE FOIS AU DÉSERT
Avant le massacre des saints Innocents dont elle avait été informée par Tentremise d'un ange, Elisabeth cacha de nouveau le petit Jean-Baptiste au désert, je vis à cette occasion le tableau suivant.
Elisabeth chercha longtemps avant de trouver une caverne qui lui parût suffisamment secrète, elle demeura environ quarante jours avec l'enfant. Lorsqu'elle retourna chez elle, un essénien de la communauté du mont Horeb vint trouver l'enfant au désert^ lui donna à manger et pourvut à son entretien. Cet essénien, dont j'ai maintenant oublié le nom, était parent d'Anne la prophétesse. Il visita l'enfant d'abord tous les huit jours, puis tous les quinze, jusqu'à ce qu'il fût en état de se passer de ses soins. Cela ne tarda guère, car bientôt il fut plus à son aise au désert qu'il ne l'aurait été au miheu des hommes. Dieu le destinait à grandir innocent au désert, loin des hommes et du péché. Gomme Jésus, il n'a jamais été à l'école des hommes; le Saint-Esprit l'a instruit au désert. J'ai souvent vu avec lui une lumière divine ou des formes lumineuses, comme celles des anges. Le désert où il était n'était ni affreux à la vue ni stérile; on y voyait entre les rochers des plantes et des arbustes avec des baies et des fraises que Jean cueillait et mangeait en se promenant. Il était extrêmement famiUer avec les animaux, surtout avec les oiseaux; ils venaient à lui et se joerchaient sur ses épaules; il leur parlait, ils semblaient le comprendre et lui servaient de messagers. Il se promenait le long des cours d'eau et s'entendait aussi fort bien avec les
VIE DE LA TUÈS-SAINÏE VIERGE.
poissons; ils venaient à lui quand il les appelait, et l'accompagnaient tandis qu'il suivait le cours d'eau.
Je viens de le voir s'éloigner davantage de |sa patrie, sans doute à cause d'un danger qui le menaçait. Il élait extrêmement familier avec les animaux du bon Dieu qui le servaient et lui donnaient des avis utiles; il les conduisait à leurs nids, à leur demeure, et quand quelque homme arrivait, il se réfugiait avec eux dans leur tanière. Il se nourrissait de fruits sauvages, de baies, d'herbes et de racines. Il n'avait pas à chercher longtemps, il savait où les trouver, ou bien les animaux les lui indiquaient. Il avait toujours sa peau de mouton et son bâton et s'enfonçait de plus en plus dans le désert; quelquefois cependant il se rapprochait de sa patrie. Il rencontra une couple de fois ses parents qui avaient toujours un vif désir de le revoir. Sans doute ils communiquaient ensemble par révélation; car quand Elisabeth ou Zacharie voulait le voir, il ne manquait pas ûe venir bientôt à leur rencontre.
i VOYAGE DE LA SAINTE FAMILLE A MATARÉE.
Après un séjour de dix-huit mois environ et comme l'enfant Jésus avait environ deux ans, la sainte famille quitta Héliopolis, faute d'ouvrage et à cause des tracasseries dont elle avait à se plaindre; on se dirigea vers le sud, du côté de Memphis. Non loin d'Héliopolis, comme ils traversaient une petite ville et qu'ils s'étaient assis pour se reposer sous le portique d'un temple païen qui était ouvert, l'idole tomba et se brisa. Elle avait une tôle de bœuf, trois cornes et dans le corps plusieurs trous dans lesquels