CHAPITRE SEIZIÈME
lait même une mine d'or, dont le métal était mis eo œuvre par les orfèvres.
Dans une autre occasion, j'ai su sur son histoire bien d'autres détails que je raconterai en une autre circonstance. Pour aujourd'hui, je me bornerai à ce qui suit. L'histoire de Job et ses entretiens avec Dieu furent recueillis, d'après ses propres réci ts, par deux serviteurs fidèles qu'il employait en qualité d'intendants ; ils s'appelaient l'un Haï, et l'autre Uis ou Ois (1). Leur livre fut conservé pieusement dans sa postérité et parvint, de génération en génération, à Abraham et à ses enfants; on s'en servait pour instruire la jeunesse. Il lut porté en Egypte par les enfants d'Israël ; Moïse le resserra en raccommodant aux besoins particuliers des Israéhtes durant la servitude d'Egypte et les épreuves qu'ils eurent à subir dans le désert. Antérieurement cette histpire était beaucoup plus développée, et il s'y trouvait un grand nombre de détails qu'ils n'auraient pas bien compris. Plus tard Salomon le retoucha encore, et ce fut ainsi que le récit d'une histoire vraie au fond, devint un livre d'édification, remph de la sagesse de Job, de Moïse et de Salomon. Sous cette forme il était difficile d'y retrouver la pure vérité historique, car les noms anciens avaient été remplacés par d'autres appartenant à des localités plus rapprochées de la terre de Chanaan, et comme le pays où Job demeura en dernier lieu avait été, longtemps après sa mort, habité par les Iduméens, descendants d'Esaû, on avait fini par croire qu'il avait lui-même été Iduméen. — Peut-être Job vivait-il encore lors de la naissance d'Abraham.
(1) L'écrWain a lu en 1835 que ce nom était celui du père de la race Arménienne.
NOUVEAUX DÉTAILS SUR l'hISTOIRE DE CETTE FONTAINE. — ABRAHAM.
Abraham, lors de son séjour en Egypte, a eu sa tente auprès de cette même fontaine, et j'ai vu qu'il à instruit le peuple à peu de distance (I). Il a passé ici plusieurs années avec Sara et des enfants, filles et garçons, dont les mères étaient demeurées en Chaldée. Son frère Loth était aussi là avec sa famille; je ne saurais plus dire quelle localité lui avait été attribuée. Abraham vint en Egypte sur l'ordre exprès de Dieu; d'abord il devait fuir la famine qui désolait le pays de Ghanaan, puis il devait y aller chercher un trésor de famille qu'y avait porté une nièce de la mère de Sara. — Cette femme était de la tribu des peuples pasteurs, alliée à celle de Job, qui avait occupé pendant quelque temps une partie de l'Egypte. Elle s'était rendue en Egypte comme domestique ou esclave, et avait épousé un homme du pays; d'elle sortit une tribu dont j'ai oublié le nom. Agar, la mère d'Ismaël (2), descendait'de celte femme, par conséquent elle était de la même race que Sara.
{{) On lit dans rhistorion Josèphe {lih i Jntlqwtat. Jud.y cap. 8) et dans plusieurs autres écrivains, qu'Abraham enseigna aux Egyptiens Tarithmétique et l'astrologie.
(2) Voici ce qu'elle dit d'Agar dans une autre circonstance : u Elle était de la même famille que Sara; celle-ci, voyant qu'elle était stérile, donna Agar pour femme à Abraham, en lui disant qu'elle voulait revivre en elle, qu'elle voulait donner par die dos enfants à son mai i. Elle se voyait comme ne formant en quelque sorte qu'un tout avec les femmes de sa tribu ; c'était une seule et mêaie souche avec plusieurs rejetons ; Agar était une fleur de l'arbre auquel elle appartenait elle-même, elle espérait donc porter en elle des fruits de son aibre. Tout était alors comme une seule tige, comprenant les fruits de plusieurs rejetons distincts.