‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 275 sur 304 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

dont le prêtre se sert, après avoir bu le précieux sang du Rédempteur, pour essuyer le calice; et Marie, en étanchant le sang des plaies du Sauveur, m'a semblé faire absolument la même chose ; elle tenait le linge de la même façon que le prêtre. Telles sont les pensées que j'ai eues en voyant ce linge auprès de la croix.

A droite de cet oratoire, s'appuyant contre une niche formée par la muraille, était la chambre à coucher de la Vierge; en face et à gauche de l'oratoire, on trouvait une autre chambre, dans laquelle elle déposait son linge et son petit mobilier. Un large rideau allait de l'une de ces chambres à l'autre et fermait l'oratoire situé entre l'une et l'autre. Pour travailler ou pour lire, Marie s'asseyait d'ordinaire au milieu, en avant de ce rideau. Le fond de la chambre à coucher de la Vierge était formé par la muraille recouverte d'une tapisserie ; la partie de droite et celle de gauche étaient revêtues d'un ouvrage en marqueterie, fait d'osier ou de bois de différentes couleurs; enfin la partie antérieure, recouverte d'un tapis, présentait en son milieu une porte légère, avec deux battants s'ouvrant à l'intérieur. Le plafond de la chambre était aussi de clayonnage et formé de quatre pièces qui se rejoignaient en faisant une voûte, du centre de laquelle descendait une lampe à plusieurs branches. La couchette de la Vierge, appuyée contre le mur, était une sorte de boite creuse, haute d'un pied et demi, et n'ayant qu'une longueur et une largeur fort ordinaires. Une couverture étendue au dessus était attachée par quatre boutons à ses quatre côtés. Les côtés de la couchette étaient également revêtus de tapis qui retombaient jusqu'à terre, ornés de franges et d'autres garnitures. L'oreiller consistait en un coussin parfaitement rond; enfin la couverture était brune et à

carreaux. L'humble maison était située dans le voisinage d'un petit bois, entre des arbres de forme pyramidale, au tronc parfaitement uni. On y jouissait d'une solitude complète. Les maisons des autres femmes étaient isolées et à une certaine distance de la Vierge. La petite colonie formait une sorte de bourgade disséminée.

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