CHAPITRE DIX-SiiPTlÈlVlE
leur bourse, et laissaient retomber jusque sur les pieds leur blanche tunique. Ils avaient une large ceinture garnie de lettres qu'ils portaient avec eux. Quand on leur avait lavé les pieds, ils s'approchaient du lit de la Vierge et la saluaient respectueusement; elle ne pouvait leur dire que quelques mots, à cause de sa faiblesse. En fait d'aliments, je ne leur ai vu manger que des petits pains; ils buvaient de la liqueur renfermée dans les petits flacons qu'ils portaient suspendus à la ceinture.
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TRAVAUX DES APÔTRES. — COMMENT ILS SE TROUVÈRENT RÉU- NIS A ÉPliÈSE.
Quelque temps avant sa mort, la sainte Vierge, sentant que le moment arrivait auquel elle devait se réunir à son Dieu, son Fils et son Rédempteur, pria le Ciel de réaliser en elle ce que Jésus lui avait promis chez Lazare la veille de son ascension. Il me fut alors montré en esprit comment ce jour-là, au moment où elle lui demandait de ne plus rester longtemps dans cette vallée de larmes après son ascension, il lui révéla en quelques mots les travaux qu'elle devait encore accomplir sur la terre avant de mourir; ainsi il lui dit que, sur sa prière, les apôtres et un certain nombre de disciples devaient assister à sa mort, enfin ce qu'elle devait leur dire et de quelle façon elle devait les bénir. Je vis aussi comment, dans les mêmes circonstances, il dit à Madeleine, qui était inconsolable, de se cacher au désert, et à Marthe, sa sœur, de former une communauté de femmes; il leur promit d'être toujours avec elles. Ce jour-là la Vierge ayant demandé à son Fils de rassembler les
apôtres auprès d'elle, je vis qu'ils furent avertis simultanément dans les différentes parties du monde; voici ce que je me rappelle encore.
Les apôtres avaient déjà bâti de petites églises dans un grand nombre de lieux où ils avaient prêché. Bien que plusieurs de ces églises lussent non de pierre, mais d'argile et de roseaux, cependant toutes celles que j'ai vues se terminaient par un demi-cercle ou un triangle, comme la maison de la Vierge à Ephèse. Ils y avaient établi des autels et y offraient le saint sacrifice.
Je les ai vus tous, même les plus éloignés, appelés par des apparitions célestes auprès de la couche funèbre de la Vierge, Notre-Seigneur intervenait directement dans les voyages incessants et lointains des apôtres; je crois même que souvent, sans bien le savoir eux-mêmes, ils voyageaient d'une façon surnaturelle, car souvent je les ai vus passera travers des multitudes pressées, sans que personne semblât les voir. J'ai vu que les miracles que les apôtres firent chez les différents peuples sauvages et idolâtres étaient tout autres que ceux dont nous parle la sainte Ecriture; partout ils opéraient des prodiges, conformément aux besoins des hommes. J'ai encore vu que, dans tous leurs voyages, ils portaient avec eux des ossements des prophètes ou des martyrs qui avaient succombé dans les premières persécutions, ils les avaient près d'eux quand ils priaient ou qu'ils disaient la messe.
Quand les apôtres reçurent ainsi de Notre-Seigneur l'ordre de se rendre à Ephèse, Pierre, et, si je ne me trompe, Mathias, se trouvaient aux environs d'Antioche. André, venant de Jérusalem où il avait trouvé i persécution, n'était guère éloigné de lui. J'ai vu André et Pierre, dans leur voyage, passer la nuit en des lieux différents, mais peu éloignés l'un de l'autre.