‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 296 sur 304 · CHAPITRE DIX-HUITIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-HUITIÈME

Pendant la nuit, j'ai va plusieurs des apôtres et des saintes femmes prier et chanter dans le petit jardin en avant du tombeau. Cependant une large voie lumineuse descendit du ciel sur le rocher, et j'y vis une gloire formée de trois cercles d'anges et d'esprits qui environnaient l'apparition de Noire- Seigneur et de l'àme lumineuse de la Vierge, L'apparition du Sauveur avec ses plaies toutétincelantes de clarté planait en avant. Autour de l'àme de Marie je ne vis dans le cercle intérieur de la gloire que des figures de petits enfants; pour le second, j'y vis des enfants d'environ six ans, et dans le cercle extérieur des jeunes homhies déjà fails. Je ne reconnus distinctement que les visages; pour le reste du corps je ne voyais que des traits lumineux un peu confus. Au moment où cette apparition, devenant de plus en plus Dette, vint en quelque sorte couvrir le rocher, j'aperçus une voie lumineuse qui allait du rocher môme jusqu'à la céleste Jérusalem. Bientôt je vis l'àme delà sainte Vierge, qui suivait l'apparition du Sauveur, passer à côté d'elle, pénétrer à travers le rocher, descendre dans le tombeau, s'unir à son corps glorifié, sortir du sépulcre plus pure et plus étincelante de clarté, et remonter dans la Jérusalem céleste avec Noire-Seigneur et toute la gloire. Alors les choses reprirent leur ancien aspect, et je ne vis plus au dessus du tombeau que la voûte céleste avec ses étoiles.

Je ne saurais dire si les apôtres et les saintes femmes qui priaient devant le tombeau virent tous ces détails, mais je remarquai qu'ils portèrent les yeux au ciel dans l'attitude de la prière et de l'admiration, ou qu'ils se prosternèrent la face contre terre dans un étonnement muet. Plusieurs autres qui, chargés de la civière, priaient et chantaient sur la voie douloureuse et s'arrêtaient aux diverses stations, se tournaient avec beaucoup d'émotion et de piété

vers la lumière extraordinaire qui régnait au dessus du sépulcre. xVinsi je n'ai pas vu la Vierge mourir d'une mort ordinaire et être aussitôt enlevée au ciel ; j'ai vu son àme d'abord, puis son corps enlevés à la terre.

De retour à la maison, les apôtres et les disciples prirent un peu de nourriture et allèrent se reposer; ils passèrent la nuit sous des hangars voisins de là maison. La servante de Marie, qui était demeurée au logis pour prendre différenles dispositions, et d'autres femmes qui lui étaient venues en aide, occupèrent la chambre derrière le foyer où la servante avait mis tout le mobilier pendant la sépulture. Une partie de cette chambre fut disposée de façon à figurer une petite chapelle, dans laquelle les apôtres continuèrent à faire des prières et à offrir le saint sacrifice.

ARRIVÉE DE SAlTsT THOMAS. —VISITE AU TOMBEAU DE LA VIERGK^ QUE l'on trouve VIDE.

Ce soir j'ai vu les apôtres, dans la salle antérieure^ occupés à prier et à pleurer; les femmes s'étaient déjà retirées pour prendre leur repos. En ce moment, l'apôtre saint Thomas, avec deux compagnons de route, les habits relevés, arriva à la grille en avant de la maison et y frappa, pour qu onvint lui ouvrir. Il avait avec lui un disciple du nom de Jonathan, et allié à la sainte famille (1). Son autre compagnon était uxï

(I) Elle reconiuit ce disciple grâce à une de ses reliques, qu'elle avait chez elle et qui ne portait pas de nom. Elle dit a son sujet l'e '25 et le 26 juill l 1^21 : « Jonathan ou Jonadab, appelé Eliezer avant son baptême, de la tribu de Benjamin et d«s environs de Samarie,, accompa^îna Pierre, puis Paul, qui ne le trouvait pas suflisamment actif. Il fut aussi avec Jean et revint avec Thomas pour la mort de

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