‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 298 sur 304 · CHAPITRE DîX-HUmÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DîX-HUmÈME

de pieux enfants, ils gloriQaienl avec d'aimables paroies que le Saint-Esprit leur mettait alors même sur les lèvres, cette chère et glorieuse mère, dont ils connaissaient le tendre amour. Ils se rappelèrent alors le nuage lumineux qu'ils avaient vu, en revenant des tunérailles,. s'abaisser sur la colline du sé-. pulcre et remonter ensuite. Cependant Jean prit respectueusement dans la tombe les linges qui avaient enveloppé la Vierge, les plia, les roula avec soin afin de les emporter; puis il remit le couvercle sur le'cercueil et le fixa avec les bandelettes. Ils laissèrent la grotte, dont l'entrée fut fermée au moyen des arbustes, ainsi qu'elle l'était auparavant. Pour revenir ils suivirent la voie douloureuse, en priant et , en chantant des psaumes^ Ils se dirigèrent tous vers la maison habitée parla Vierge. Jean disposa respectueusement les linges sur4a table, devant l'oratoire de Marie. Thomas et les autres prièrent encore à l'endroit même où elle était morte. Pour Pierre, il se tint à l'écart, comme s'il avait à faire quelque méditation, peut-être voulait-il se préparer à la grande action qui devait suivre; car bientôt je vis dresser l'autel en avant de l'oratoire de la Vierge et de sa croix, et Pierre célébra un office solennel; les autres se tinrent derrière lui sur deux rangs, priant et chantant tour à tour. Les saintes femmes restèrent un peu à l'écart, auprès de la porte et derrière le foyer. # Le serviteur de Thomas, dont j'admire toujours la simplicité, l'avait suivi des pays lointains qu'il avait visités. Il avait un extérieur tout à fait singulier, de petits yeux, le front et le nez déprimés et les pommettes extrêmement saillantes. Son teint était plus foncé que celui des habitants de la Palestine. Il était baptisé, il se conduisait en toutes^ choses comme un enfant docile et sans expérience. Il faisait tout ce qu'on lui disait, s'arrêtait où on le lui prescrivait^

levait les yeux quand on le lui commandait, et était toujours gai et riant. Quand Tiiomas lui avait dit de s'arrêter quelque part, il y restait assis jusqu'à nouvelle ordre; quand il voyait son maîlre pleurer, il pleurait aussi beaucoup lui-même. Cet homme est toujours demeuré avec saint Thomas; il portait des fardeaux énormes; je lui ai quelquefois vu sur le dos d'énormes blocs de pierre quand Thomas construisait quelque chapelle.

Après la mort de la Vierge j'ai souvent vu les apôtres et les disciples, rangés en cercle, se raconter les uns aux autres où ils étaient allés et ce qui leur était arrivé. J'ai tout entendu, et je le reverrai encore^ s'il plait à Dieu.

20 AOUT s 820 ET 1821. — Après divers offices reUgieux, les disciples présents ont presque tous pris congé des apôtres, pour continuer les travaux de leur vocation. Il n'y a plus à la maison que les apôtres, .Jonathan, lequel était arrivé avec T homas ;et Fesclave de celui-ci; eux-mêmes vont repartir aussitôt qu'ils auront achevé ce qu'ils ont à faire ici. Us s'occupent tous à enlever du chemin de la croix de la Vierge les pierres et les mauvaises herbes qu'ils doivent remplacer par des fleurs, de jolies plantes et des arbustes. Ils font tout cela en priant et en chantant, il est vraiment impossible de dire combien il y a de charme à contempler ces scènes; on dirait un acte rehgieux inspiré par l'amour affligé.

Comme des fils pieux, ils ornaient les lieux marqués par Iqs traces des pas de leur mère, de la mère de leur Dieu , de ces pas qu'elle avait faits afin de mesurer, dans sa charité compatissante, la voie douloureuse de son divin Fils, celle qui l'avait conduit à la mort de la croix.

On ferma complètement l'entrée de la grotte en enfonçant plus profondément en terre les arbustes

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