‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 40 sur 304 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

partie une lionne dont je vois ici de longues rangées. Sur sa tête reposait un vase à mesurer les fruits, étroit et profond. La partie supérieure du bras jusqu'au coude était serrée contre le corps, tandis que le reste du bras s'en écartait également de part et d'autre ; chaque main tenait quelques épis. Elle avait trois mamelles, celle du milieu était plus élevée que les autres et plus forte, les deux autres plus petites étaient à égale distance de la première. La partie inférieure du corps était couverte d'un long vêtement, les pieds étaient singulièrement petits et gracieux, des espèces de franges y étaient suspendues. Aux deux bras se rattachaient, en haut comme en bas, des ailes, desquelles semblaient se détacher des frayons, on eût dit deux crêtes de plumes se confondant l'une avec l'autre. Des plumes croisées entouraient aussi les reins et la partie inférieure du corps jusqu'aux pieds; la tunique qu'elle portait n'avait point de phs. Ils honorèrent cette image et lui offrirent des sacrifices, en la conjurant de ne pas détruire leur bœuf Apis et leurs autres dieux. Au reste, ils maintinrent les abominations de leur culte; seulement ils commençaient toujours par invoquer cette image qu'ils avaient fait exécuter, si je ne me trompe, d'après les indications données par le pro-= phète et la vision qui avait été présentée à Elle.

Je vis aussi comment, à la même époque. Dieu, dans sa grande miséricorde, fit annoncer à de bons idolâtres que le Messie naîtrait en Judée et qu'il naîtrait d'une vierge. Les ancêtres des mages et les Chaldéens adorateurs des astres apprirent cette bonne nouvelle grâce à un tableau qui leur fut présenté dans une constellation ou dans le ciel, ils prophétisèrent en les interprétant. J'ai retrouvé dans les figures qui ornaient leurs temples ces traces des symboles de la Vierge, et j'en ai parlé lorsque j'ai

rendu compte du voyage que le Sauveur fit chez eux après la résurreclion de Lazare, dans le cours de la troisième année de sa vie publique (l).

EXPLICATION SYMBOLIQUE DE l'HISTOÏRE DE TOBIE.

A l'occasion de la fôte de l'Archange saint Michel (septembre 1821), Anne-CaUierine raconla, avec d'autres choses d'une vision relative aux saints anges gardiens, les fragments suivants de Thistoire de Tobie qu'elle avait vu conduit dans son voyage par l'ange Raphaël.

J'ai VU un grand nombre de particularités relatives à la vie de Tobie, laquelle est un symbole du développement du salut dans Israël; non pas cependant qu'elle soit une œuvre d'imagination, elle est tout à la lois réalité et figure.

J'ai vu dans Sara, l'épouse du jeune Tobie, la figure de sainte Anne. Je vais reproduire ce que je me rappelle encore de tant de détails, seulement je ne puis affirmer que la suite des faits soit scrupuleusement conservée. Le vieux Tobie figure la partie du peuple restée fidèle et qui a conservé la foi au Messie, L'hirondelle, la messagère du printemps, indique aussi la venue prochaine du salut. La cécité dont le bon vieillard fut frappé, voulait dire qu'il ne devait plus avoir d'enfant et qu'il devait désormais se consacrer tout entier à la prière et à la mortification; elle figurait aussi l'attente fidèle, malgré les difficultés et les ténèbres, de la lumière du salut et l'ignorance où Ton était de l'époque à laquelle il devait arriver. J^'épouse acariâtre du vieillard représente les mauvaises dispositions des pharisiens, leur attachement à des formes inanimées et leur interpré-

(1) Vie^ de Notre- Seigneur ^ tom. V. ch. xvii, p. 349 et suiv.

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