‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 45 sur 304 · APPARITIONS DE SAINTE ANNE A LA NARRATRICE^J · texte numérisé non relu

APPARITIONS DE SAINTE ANNE A LA NARRATRICE^J

Le 28 juillet, la pieuse fiile parla longuement, de la vie de sainte Anne. L'écrivain ne pouvait deviner à quelle occasion elle s'occu-

(1) La sœur Emmerich fait sans doute allusion ici à la réunion des deux descendances de David, Tune par Nathan et l'autre par Salomon, dont il a été question plus haut. Trois générations ^avant Joachim, la grand'mère de saint Joseph, après avoir eu de Nathan, descendant de Salomon, deux fils, dont l'un aurait été Jacob, père de saint Joseph, aurait épousé en secondes noces Lévi descendant de David par Nathan et aurait eu de ce mariage Malthat, père d'Héli ou Joachim; on voit ainsi la parenté de saint Joachim et de saint Joseph. 11 est a remarquer que Raymond Martini dans son Pugio Fidei^ (édit. Carpentr., p. 74i5) dit également qu'après la mort de NathaUj son premier époux, la grand'mère de saint Joseph épousa un second mari duquel elle eut Joachim.

pait de la sainte, car le calendrier du diocèse de Munsler assignait à ce Jour-la la fête de saint HuLert, ce ne fut que plus tard qu'il découvrit que le calendrier romain place au 26 juillet la léte de sainte Anne. Chaque année, le 16 aoiit^ jour auquel on célèbre la fête de saint Anne dans le diocèse de Munster, elle donnait de longs détails sur la pieuse mère de Marie^ et c'est à ces communications ([u'on a emprunté ce qui précède. Ce qui suit appartient au 26 juillet 1819.

Après avoir, dans l'après-midi, longuement parlé de sainte Anne, elle se mit en prières et ne tarda pas a s'endormir. Au bout de quelque temps, elle éternua à trois reprises différentes, et dit, sans être pleinement réveillée et avec une certaine impatience : « Quoi! je ne puis donc pas dormir davantage! » Là-dessus elle se réveilla tout à fait et dit en souriant : « J'étais en un lieu bien plus agréable, j'étais là bien mieux que je ne suis ici. Je goûtais d'abondantes consolations. Je me suis réveillée en éternuanl, et quelqu'un m'a dit que je devais me réveiller. Je ne le voulais là, car je me trouvais là fort bien. J'étais fort impatiente d'être ainsi dérangée. Enfin j'ai dû éternuer de nouveau et me réveiller. » — Voici ce qu'elle dit le lendemain.

Hier je venais de dire mes prières du soir; à peine endormie je vis une personne s'approcher de mon lit je reconnus en elle une jeune fille que j'avais souvent vue précédemment. Elle se borna à me dire : « Tu as beaucoup parlé de moi aujourd'hui, il faut que tu me voies, afin de ne pas être exposée à te tromper sur mon compte. » Je lui demandai si j'avais trop parlé, elle me répondit simplement que non, et disparut aussitôt. C'était sainte Anne avant son mariage; elle était maigre, svelte et charmante à voir ; elle avait la tête enveloppée dans une étoffe blanche qui formait au sommet une sorte de chignon, comme si ses cheveux s'y trouvaient relevés et retenus. La longue tunique quiia couvrait tout entière était faite de laine blanche ; ses manches collantes sur toute la longuèur bouffaient seulement un peu à la hauteur des coudes. Enfin elle portait un long manteau de laine brunâtre ou plutôt de poil de chameau.

A peine avais-je eu le temps de me réjouir de cette visite touchante que j'aperçus au pied de mon Ut une femme assez âgée, mais habillée absolument de la

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