ÉTABLISSEMENT DE LA FÊTE DE LA NATIVITÉ DE LA VIERGE
Dans la soirée du 7 septembre, veille de la fête, Anne-Catherine, bien qu'elle souffrit beaucoup (1) manifestait cependant une joie extraordinaire, et,i;comme elle le disait elle-même, surnaturelle; elle était Ifès-animée et se sentait singulièrement portée à Dieu. Elle parla de l'allégresse extraprdinaire qui se manifestait dans toute la nature à cause de la naissance prochaine de la Vierge, et dit qu'il lui semblait qu'elle devait éprouver le lendemain une grande joie; pourvu, ajouta-t-elle , qu'elle ne se change pas en tristesse. Voici ce qu'elle dit alors : -
Il y a dans toute la nature une allégresse incroyable ; j'entends les oiseaux chanter, je vois les agneaux et les chevreaux bondir, et les colombes, comme ivres de joie, se réunir en troupes nombreuses dans le pays où était autrefois la maison de sainte Anne. De la maison et de ce qui l'entoui^ait, il ne reste absolument rien; c'est maintenant un désert. J'ai vu des pèlerins, la robe relevée, le bâton à la main, des étoffes nouées autour de la tête, parcourir le pays dans la direction du mont Carmel. îl y a ici quelques solitaires de la montagne, les pèlerins leur demandent étonnés ce que signifie cette allégresse de la nature entière : ils répondent qu'il en est toujours ainsi la veille de la Nativité de la Vierge. C'est vraisemblablement dans, le voisinage que se trouvait la maison de sainte Anne. Un pèlerin qui avait tra-
(1) La «ainte Vierge, lui apparaissant, lui avait promis que le lendemain, le 8 septembre, qui était aussi le jour anniversaire delà naissance de la Sœur, eUe recevrait la grâce de pouvoir durant quelques semaines se tenir sur son séant, quitter sa couche et marcher un peu dans sa chambre, ce qu'elle n'avait pu faire depuis une dizaine d'années. Cette faveur lui arriva en effet, avec toutes les souffrances tant du corps que de l'esprit qui lui avaient été annoncées en même temps, ainsi qu'on le verra en son lieu.