‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 69 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME. H · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. H

d'une jeune fille, ainsi que plusieurs autres femmes de la sain le famille.

Les vêtements destinés à Marie et taillés en partie par les prêtres, avaient été cousus avec soin par les femmes. On les fit prendre successivement à l'enfant durant la fête, et on lui fit subir en même temps plusieurs examens. Tout se fit avec beaucoup de sérieux et de solennité, et bien que les vieux prêtres ne pussent s'empêcher de sourire, ce qui me frappa surtout dans cette scène ce fut l'admiration qu'excitèrent en eux les réponses de l'enfant et les larmes de joie que versèrent ses parents.

^ La séance eut lieu dans une chambre carrée voisine de la salle à manger; la lumière y pénétrait par une ouverture pratiquée dans le toit.

Un tapis rougeàtre était étendu sur le sol; je remarquai aussi une table d'autel recouverte d'une étoffe blanche et rouge; au-dessus une tapisserie, avec une figure (i) qui semblait brodée, faisait l'office

(î) Cette stâlue représentait un homme, et je crois que c'était Moïse, Il avait un large manteau de prière, tel que celui qu'il por tait quand il aliait sur la montagne demander quelque grâce au Seigneur. Il était figuré ayant les tables de la loi, non dans les mains mais suspendues à son bras ou lui descendant du cou. Moïse avait une haute stature et de larges épaules, ses cheveux étaient roux- sa tête était allongée et terminée en pointe, comme un pain de sucre- son nez était gros et recourbé. On voyait sur son large front deux protubérances semblables a des cornes et tournées l'une vers l'autre. Elles n'étaient pas solides comme des cornes d'animaux, c'étaient plutôt deux excroissances charnues, couvertes d'une peau bronzée et un peu ridée. EUes ne s'élevaient guère au-dessus du front. Il les avait déjà mais beaucoup moins fortes, dès ses plus tendres années Ces protubérances lui donnaient un air extraordinaire ; je ne pouvais en supporter la vue, parce qu'elles me rappelaient involontairement la manière dont onreprésen!e Satan. J'ai vu assez souvent des excroissances de ce genre sur le front des prophètes Juif, ou des saints solitaires des premiers siècles de l'Eglise; plusieurs cependant n'en avaient qu'une au milieu du front. — Plus tard, en racontant la fuite en Egypte la sœur Emmerich parla encore d'une figure de ce genre - seulement elle crut y voir Melchisédech et non Moïse.

de rideau et cachait une sorte de petite armoire, renlennant les livres de la loi et les recueils de prières. Devant cet autel, sur lequel on avait déposé, avec les trois habillements complets de la Vierge, d'autres objets que les parents de l'eniant lui avaient olTerls pour compléter son trousseau, on voyait une sorte de petit trône auquel conduisaient quelques degrés. Saint Joachim, sainte Anne et les autres parents étaient réunis; les femmes étaient restées en arrière et les jeunes filles étaient groupées autour de l'enfant. Bientôt les prêtres arrivèrent les pieds nus. J'en comptai jusqu'à cinq, mais trois seulement avaient les habits sacerdotaux et prirent part à la cérémonie. L'un des prêtres prit sur l'autel les différentes pièces de l'habillement, exphqua leur signification symbolique et les présenta à la sœur d'Anne de Séphorls qui en revêtait Tenfant au fur et à mesure qu'elle les recevait. Elle lui mit ainsi une tunique tricotée de couleur jaunâtre, et un scapulaire de diverses couleurs orné de rubans; on le fit passer au-dessus du cou et on le serra autour du corps; enfin elle lui donna un manteau foncé avec des trous pour les bras, recouverts de pièces d'étoffe qui retombaient en les couvrant. Le manteau était découpé par le haut et fermé depuis la ceinture jusqu'en bas. Marie avait des sandales brunâtres avec d'épaisses semelles vertes; ses cheveux d'un blond foncé étaient en bandeaux hsses, mais bouclés à l'extrémité. On lui mit sur la tête une couronne blanche de laine ou de soie à laquelle étaient attachées de distance en distance des plumes rayées, larges d'un doigt et tournées en dedans. J'ai souvent vu en Palestine foiseau duquel provenaient ces plumes. Enfin on jeta sur la tête de l'enfant un grand mouchoir carré de couleur cendrée, semblable à un voiie grossier. Ses extrémités pouvaient être rame-

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