‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 70 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

nées sous les bras de façon à former deux poches dans lesquelles on mettait les mains. C'était une sorte de manteau servant pour la prière, les exercices de la pénitence ou les voyages.

La toilette de la jeune fille étant terminée, les prêtres lui adressèrent différentes questions, relatives à la vie que menaient au temple les jeunes filles consacrées au Seigneur. Ils lui dirent entre autres choses : « En te consacrant à Dieu, tes parents ont promis par un vœu solennel que tu t'abstiendrais de vin, de vinaigre, de raisin, de figues; quelle promesse veux-tu ajouter librement à ce vœu? Tu pourras y songer pendant le repas. » Il faut savoir que les juifs et en particulier les jeunes filles aimaient beaucoup le vinaigre (i), et Marie faimait extrêmement. Après plusieurs questions de ce genre, on ôta à Marie son premier habillement : et on lui fit mettre le second; d'abord une tunique bleu de ciel, un scapulaire plus riche, un manteau d'un bleu pâle, un voile blanc brillant comme de la soie avec des plis au cou comme aux voiles des religieuses; ce voile était fixé par une petite couronne, ornée de boutons de diverses couleurs faits en soie avec des feuilles vertes. Enfin les prêtres lui mirent sur la tête un Fong voile blanc. On y voyait trois agrafes qui se rattachaient sur la tête et laissaient voir ou cachaient, suivant les circonstances, une partie plus ou moins considérable du visage. On lui indiqua la manière de s'en servir; elle devait le rejeter sur le côté pendant le repas et le ramener devant le visage quand on l'interrogeait et qu'elle avait à parler. On lui fit connaître en même temps différentes particularités à observer pendant le repas, pour lequel

{i) D'après le livre des Nombres (vr, 3), les personnes qui se consacraient à Dieu devaient renoncer a l'usage du vinaigre.

on passa aussitôt dans la salle voisine. — Marie fut placée à table entre deux des prêtres présents; un troisième s'assit en face. Les femmes et les jeunes filles se placèrent à l'une des extrémités, séparées des hommes. Pendant le repas, on interrogea encore la sainte enfant et on acheva de lui apprendre la manière dont elle devait porter son voile. On lui rappela aussi qu'elle avait encore le droit de manger de toutes sortes d'aliments, et on lui offrit de tout ce qui se trouvait sur la table, afin de mettre sa tempérance à l'épreuve. L'enfant ne prit que peu de chose et d'un petit nombre de plats; en même temps elle étonna tous les assistants par la sagesse naïve avec laquelle elle répondit aux questions. Pendant le repas et toute la séance, j'ai vu à ses côtés des anges qui la dirigeaient et l'aidaient de leurs conseils.

Le repas terminé, on retourna," à la chambre voisine de la salle à manger et on se plaça de nouveau en face de l'autel; on la déshabilla de nouveau pour la revêtir du plus riche de ses trois costumes. C'était d'abord une tunique d'un bleu violet rehaussée de fleurs jaunâtres, un scapulairé brodé de diverses couleurs, lequel se terminait en pointe et serrait Iq, large tunique au dos de laquelle il se rattachait à droite et à gauche. Vint ensuite un manteau bleu violet, plus ample et plus riche que les précédents; il était arrondi et traînait un peu par derrière. J'y remarquai de chaque côté trois bandes brodées en argent et placées de haut en bas, et, entre ces bandes, un certain nombre de boutons d'or; sur la poitrine, il se fermait par une bande qui, pour n e pas gêner, traversait un bouton fixé au scapulairé. Il était ouvert jusque sous la pièce de la poitrine et formait sur les côtés deux poches dans lesquelles les mains pouvaient se placer. Dans sa partie in-

Page 1