‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 7 sur 304 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

miséricordieux ; quant à la dénomination d'Essénîens, j'en ai oublié l'origine. Les esséniens remontaient au temps de Moïse et d'Aaron et se rattachaient aux prêtres qui avaient porté l'arche d'al- Mance^ mais ils n'avaient reçu une règle particulière qu'au temps qui s'est écoulé entre les prophètes Isaïe et Jérémie. Dans le principe ils n'étalent guère nombreux, plus tard ils furent disséminés en Palestine dans une contrée qui avait quarante-huit lieues de long sur trente-six de large. Ce ne fut qu'assez tard qu'ils s'établirent sur les hords du Jourdain ; ils habitaient surtout le mont Horeb et le mont Carmel sur lequel vécut le prophète Elie.

Au temps des ancêtres de sainte Anne, les esséniens avaient sur le mont Horeb un chef spirituel, un vieux prophète qui s'appelait Arcos ou Arcas, Leur organisation ressemblait beaucoup à celle d'un ordre ;rehgieux. Les aspirants devaient faire une année d'épreuve, après laquelle ils étaient admis pour un temps plus ou moins long, conformément aux inspirations prophétiques que recevaient les chefs. Les membres de l'ordre proprement dit demeuraient ensemble et ne se mariaient pas : ils vivaient dans la continence; mais il y avait de plus des personnes, sorties de l'ordre ou se rattachant à lui par des liens intimes, qui se mariaient et menaient dans le monde, avec leurs femmes et leurs enfants, une vie analogue, du moins sous plusieurs rapports, à celle des esséniens proprement dits. Il y avait entre les uns et les autres à peu près les mêmes relations qui existent maintenant entre les ordres religieux et les tertiaires vivant dans le monde; ainsi dans toutes les circonstances importantes de la vie et surtout à l'occasion du mariage de leurs enfants, les esséniens mariés demandaient des conseils et des instructions au chef des esséniens, au vieux

prophète du mont Horeb. Les grands parents de sainte Anne appartenaient à cette catégorie des esséniens maries. Plus tard il y eut une troisième catégorie d'esséniens qui poussèrent les choses à l'extrême, et tombèrent ainsi dans des erreurs grossières ; j'ai vu que les autres ne les souffraient point parmi eux.

Les esséniens proprement dits exerçaient un ministère prophétique, et leur chef du mont Horeb y recevait souvent, dans la grotte d'Elie, des communications divines relatives à l'avènement du Messie. Il avait des lumières particulières sur la famille de laquelle devait naitre la mère du Messie, et quand il répondait aux consultations des ancêtres de sainte Anne, il voyait toujours son avènement prochain. Mais il ne savait pas dans quelle mesure la naissance de là mère du Sauveur était empêchée ou retardée par la malice des hommes, aussi il les exhortait toujours à la pénitence, à la mortification, à la prière,, au sacrifice spirituel, œuvres saintes dont les esséniens donnaient toujours l'exemple à leurs contemporains.

Avant que le prophète Isaïe les réunît en corps et leur donnât une règle, ils vivaient comme de pieux Israéhtes, spécialement voués à la mortification. Ils portaient toujours les mêmes vêtements et ne les quittaient point jusqu'à ce qu'ils tombassent en lambeaux. Ils luttaient surtout contre la sensuahté, et souvent les époux, se séparant par consentement mutuel, et habitant des cabanes très-éloignées, observaient la continence durant un temps plus ou moins long. Dans le mariage même, ils ne se proposaient pas d'autre but que d'avoir une postérité sainte qui contribuât à donner le salut à la terre. J'ai vu que chez eux l'homme et la femme mangeaient à part, et l'épouse ne venait prendre sou

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