‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 73 sur 304 · DÉPART DE MARIE POUR LE TEMPLE · texte numérisé non relu

DÉPART DE MARIE POUR LE TEMPLE

Je suis entrée pendant la nuit dans la maison qu'habitaient les parents de la très-sainte Vierge. J'ai encore vu plusieurs des étrangers de la veille qui prenaient leur repos. Pour les membres de la famille, ils étaient occupés des préparatifs du départ. La lampe surspendue, à plusieurs branches, brûlait vis-à-vis du foyer. Bientôt je vis se mettre en mouvement toutes les autres personnes qui se trouvaient dans la maison.

Dès la veille, saint Joachim avait envoyé au temple des serviteurs avec des animaux qui devaient être offerts comme victimes , cinq de chaque espèce et les plus beaux qu'il eût chez lui; cela formait un troupeau magnifique Ce matin je l'ai vu occupés charger les paquets sur l'àne que l'on avait amené devant la porte. Les vêtements de Marie , formant un certain nombre de paquets arrangés avec soin^ furent placés sur la bête, avec des présents destinés aux prêtres. Cela faisait une charge considérable. Un large paquet, placé sur son dos au miUeu, formait unsifge commode. Tout ce qu'on devait emporter avait été arrangé par sainte Anne et ses compagnes^ dans un certain nombre de paquets qui n'étaient pas trop volumineux. J'ai vu aussi des corbeilles de différentes formes attachées à droite et à gauche de l'animal; une de ces corbeilles, bombée comme les soupières des gens riches et fermée par un couvercle rond qui s'ouvrait par le miheu, renfermait des oiseaux gros comme nos coqs de bruyère. D'autres.

corbeilles, semblables aux hottes qui servent à transporter le raisin, renfermaient des fruits de toute sorte. Quand l'àne fut complètement chargé, on étendit par-dessus une longue couverture terminée par de grosses franges. — Dans la maison je vis tout en mouvement comme quand on se prépare à un voyage. J'ai vu une jeune femme, la sœur ahiée de la Vierge, qui allait et venait une lampe à la main; sa petite fille Marie Cléophas la suivait le plus souvent; j'ai remarqué aussi une autre femme qui semblait être la servante. J'ai encore vu deux prêtres dans la maison. L'un d'eux, qui était très-àgé, avait un capuchon qui se terminait en pointe sur le front et sur les oreilles par deux pièces d'étoffe qui les recouvraient. Son vêtement de dessus était plus court que celui de dessous ; des bandes d'étoffe s'en détachaient en formant une sorte d'étole. C'était lui qui la veille avait joué le rôle principal dans l'examen qu'on avait fait subir à la Vierge et qui l'avait bénie. Ce matin je l'ai encore vu adresser quelques instructions à l'enfant. Marie avait alors un peu plus de trois ans; elle était bien faite et délicate, bien qu'elle fût aussi formée que peut l'être chez nous une jeune fille de cinq ans. Ses cheveux, d'un blond assez foncé, longs et fins, se bouclaient à l'extrémité, tandis que ceux de Marie Cléophas qui avait alors sept ans environ étaient courts et frisés. Les enfants, comme les grandes personnes, portaient le plus souvent de longues robes de laine foncée, sans dessins.

Parmi les personnes présentes, je remarquai tout particulièrement deux jeunes garçons qui me parurent n'être pas de la famille et qui effectivement n'eurent de rapports avec aucune des personnes dont elle se composait; on eût dit que personne ne les voyait. Ils étaient cependant bien aimables et bien gentils avec leur chevelure blonde et bouclée. Ils

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