VOYAGE DE NAZARETH A JÉRUSALEM
Au point du jour je vis les voyageurs se mettre en route pour Jérusalem. Marie était très-désireuse d'arriver au temple; elle sortit de la maison à grands pas et se dirigea vers l'endroit où étaient les bétes de somme. Les enfants prophètes et moi nous restâmes sur le seuil, examinant tout ce qui se faisait. Les enfants me montrèrent différents endroits sur leurs rouleaux; il était dit dans l'un de ces passages : « Le temple est magnifique, mais celle-ci renferme en elle quelque chose de plus magnifique encore. »
Deux bêtes de somme, deux ânes, accompagnaient la petite troupe. L'un de ces ânes qui était trèschargé et qui était conduit par un serviteur, devança toujours le cortège de quelques pas. Sur l'autre qui était aussi chargé et qui stationnait devant la maison,
lelle ; sans doute parce que, dans cet(e circonstance, Marie parait revêtue d'habits de fête et que Anne -Catherine devait les considérer avec une humilité semblable à la sienne et ne s'occup.r que de leur signification spirituelle. Si la jeune Marie se mesure avec elle, cela veut dire : Ce n'est qu'avec ia simplicité et l'innocence de l'onfance que tu peux considérer cette action sainte simplement et di-înemenl ainsi^qu'il le faut ; ou encore : Vois, je n'ai que trois ans et tu en as neuf, cependant je suis aussi grande que toi; car mon intérieur dépasse de beaucoup le nombre de mes année?,
[Note du Pèlerin.)
on avail préparé un siège, et on y plaça la sainte Vierge. Elle avait son premier vêlement de couleur jaunâtre, et était enveloppée dans son grand voile ou écharpe de voyage, dont les extrémités étaient attachées autour de la taille, de façon qu'elle pouvait y mettre les mains. Saint Joachim conduisit ce second animal; il avait à la main un bâton terminé par une grosse pomme et semblable à un bâton de pèlerin. Sainte Anne marchait un peu en avant avec la petite Marie Cléophas; une servante l'accompagna pendant tout le voyage. En outre quelques femmes avec des enfants lui firent la conduite une partie de la route. C'étaient des parents qui se séparèrent du cortège aux endroits où ils rencontraient des chemins qui conduisaient chez eux. Un prêtre marcha aussi quelque temps avec la petite troupe.
Les voyageurs avaient avec eux une lanterne ; mais sa lumière s'effaçait pour moi devant celle que je vois toujours environner, dans les voyages qu'ils font durant la nuit, les membres de la sainte famille et d'autres saints illustres, je ne sais pas cependant s'ils la voient comme moi. D'abord il me sembla que je marchais avec les enfants-prophètes derrière la jeune enfant; puis quand elle eut mis pied à terre, je marchai à côté d'elle. J'entendis les deux petits prophètes chanter à plusieurs reprises les psaumes Eructavit cor meum verbum bonum et Beus deorum Bominus locutus est, et ils me dirent que ces psaumes seraient chantés à deux chœurs au moment où Marie serait reçue au teqriple. Il est probable que je les entendrai chanter quand ils arriveront.
D'abord les voyageurs eurent à descendre une colline, ensuite la route allait en montant. Au bout de quelques heures, le grand jour étant arrivé, je vis la petite troupe se reposer auprès d'une source laquelle formait un ruisseau; il y avait là une prairie. Les