‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 77 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME. 13Î · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME. 13Î

voyageurs se reposèrent sous une haie de baumiers.

Sous ces arbustes étaient placés, comme d'ordinaire, des vases en pierre pour recevoir le baume qui en tombait goutte à goutte; ce baume était destiné aux voyageurs qui le recueillaient dans leurs petits flacons pour s'en rafraîchir. Il y avait aussi dans le voisinage, sur d'autres arbustes, des baies qu'ils cueillirent et mangèrent; ils mangèrent encore des petits pains. Les énfants-prophètes avaient déjà disparu. L'un d'eux était Elle et l'aulre me pa ru être Moïse. La jeune Marie les voyait bien, mais elle n'en dit absolument rien. Elle le vit de la même façon qu'un enfant voit parfois de saints enfants se montrer à lui, ou que plus tard on voit des apparitions de saints ou de saintes, sans en parler aux autres, parce que dans cet état on est recueilli et on conserve en soi les dons de Dieu.

Plus tard je vis les voyageurs entrer dans une maison isolée où on les accueilKt très-bien et où on leur donna à manger. Je crois qu'elle était habitée par des personnes de leur famille, ce fut de là que Ton renvoya la jeune Marie Gléophas. Je les ai aperçus à plusieurs reprises dans ce voyage qui est extrêmement pénible; car ils doivent traverser plusieurs vallées et plusieurs montagnes. Souvent on trouve dans les vallées de la rosée et des brouillards très-froids, tandis qu'en d'autres endroits exposés aux rayons du soleil, on croirait être encore au printemps.

Avant d'arriver à leur gîte, ils eurent à passer une petite rivière. Ils passèrent la nuit dans une hôtellerie au pied d une montagne, dont le sommet était couronné par une ville. Malheureusement je ne ine rappelle pas bien le nom de cette localité. Je l'ai vue aussi à l'occasion de plusieurs autres voyages de la sainte famille, et cette coïncidence pourrait facile-

ment amener quelque erreur (i). Voici ce que je puis en dire, mais avec quelque hésitation. Ils marchèrent dans la direction de la route que Notre-Seigneur suivit, au mois de septembre de sa trentième année, pour aller de Nazareth à Béthanie et de là au baptême de Jean; la sainte famille suivit la même route dans sa fuite de Nazareth en Egypte. Leur première station dans la fuite en Egypte fut Nazara, locaUté peu importante, située entre Massaloth et une ville fort élevée et plus rapprochée de celle-ci. Je vois toujours dans les environs un grand nombre de locahtés, dont j'entends prononcer les noms, de façon que je puis facilement les confondre l'une avec l'autre. La ville élevée est située sur le penchant d'une montagne et se divise en plusieurs parties qui ne forment cependant qu'une seule et même ville. On souffre du manque d'eau, et on doit la faire monter avec des cordes. On trouve dans cette ville des tours antiques qui tombent en ruines. Sur le sommet de la montagne est une tour pour observer à distance et un petit édifice avec de grosses poutres et des cables, pour faire monter quelque chose de la localité qui occupe le fond de la vallée. Le grand nombre de ces câbles fait que Ton croirait voir des mâts de vaisseau. Il faut marcher près d'une heure pour arriver

{\) La situation que la sœur Emmerich donne à cette loca ité, sa population en partie païenne, cette circonstance que le Sauveur, dans sa trentième année, y passa pour se rendre au lieu du baptême, nous autorisent à supposer qu'il s'agit d'Endor; dans ses méditations quotidiennes sur la Vie de Notre-Seigneur, elle ra vu, vers le milieu du mois de septembre de la première année de sa vie publique et alors qu'il allait recevoir le baptême, passer le sabbat en une petite localité au-dessous d'Endor et instruire à Endor, viile située dans les montagnes et ruinée à cett i époque, des Chananéens descendants des soldats de Sisara, établis en ce pays après la défaite de leur général. NonFiede Notre-Seigneur^ lom. I, chap. III, p. 70 et suivantes.

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