‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 78 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

du bas de la montagne au sommet; les voyageurs s'arrêtèrent au bas, dans une hôtellerie. De la montagne on jouit d'une vue très-étendue. L'un des quartiers de la ville était habité par des païens que les Juifs traitaient presque en esclaves et qui étaient obligés à un certain nombre de corvées; c'est ainsi qu'on les faisait travailler au temple et qu'on les occupait à d'autres travaux du même genre.

Le 4 novembre 1821, elle dit à son ami :

Ce soir, j'ai vu saint Joachim et sainte Anne arriver à une hôtellerie à douze lieues environ de Jérusalem avec la sainte Vierge, une servante et un serviteur qui conduisait l'âne et se tenait le plus souvent en avant. Ce fut là qu'ils rencontrèrent les animaux destinés au sacrifice, qu'on avait fait partir à l'avance et qui devaient encore prendre les devants. Joachim devait être parfaitement connu dans cette locahté, il y était comme chez lui. I^es animaux qu'il destinait au temple s'arrêtaient toujours en cet endroit. Il y passa lorsqu'il retourna à Nazareth après avoir vécu quelque temps caché avec les bergers. J'ai vu la petite Marie couchée à côté de sa mère. Durant ces jours-ci j'ai eu tant à faire avec les pauvres âmes du purgatoire que j'ai pu facilement oublier des détails relatifs au voyage de Marie au temple.

Le lendemain elle dit encore :

Hier au soir j'ai vu la jeune Marie arriver avec ses ' parents en une ville, située à six lieues au plus de Jérusalem au nord-ouest. Elle s'appelle Béthoron et se trouve au pied d'une montagne. Dans ce voyage ils ont passé une petite rivière qui se jette dans la mer à l'ouest, dans le pays {de Joppé) où Pierre prêcha après la descente du Saint-Esprit. De grandes batailles se sont livrées non loin de Béthoron, je les

ai vues et ensuite oubliées (1). — De là ils avaient encore deux lieues à faire pour arriver à l'endroit de la route duquel on pouvait apercevoir Jérusalem; j'ai entendu aussi le nom de cette route ou de cet endroit de la route, mais je ne saurais plus l'indiquer d'une manière précise (2). Béthoron est une localité importante, une ville lévitique; on y voit de fort beaux raisins et des fruits de toute nature. La sainte famille descendit chez des amis, dans une maison fort bien ordonnée. Le maître de la maison était un docteur de la loi. C'était une école lévitique et beaucoup d'enfants étaient encore à la maison. Une chose qui m'a fort étonnée a été d'y voir , avec leurs enfants, plusieurs des parentes de sainte Anne que je croyais avoir pris, en se séparant de la petite troupe, le chemin de leur pays. Comme je viens de le voir, elles avaient suivi des chemins abrégés et avaient pris les devants, sans doute pour annoncer l'arrivée de l'enfant. J'ai donc retrouvé ici les femmes de la sainte famille de Nazareth, de Séphoris, de Zabulon et des environs, qui s'étaient rendues chez Anne avec leurs enfants pour assister à l'examen ^qu'on devait faire subir à Marie; je mentionnerai en particulier la sœur ainée de la Vierge et sa fille, Marie Cléophas, la sœur de sainte Anne, fixée à Séphoris et ses filles.

On célébra ici une grande fête à l'occasion de la petite Marie. On la conduisit dans une grande salle en compagnie des autres enfants , et on la plaça sur

(1) La sœur dit qu'elle croyait que ce iiam ressemblait k Marion (peut-ôtrc Marom, qui veut dire élevé.) On sait d'ailleurs que la route de Jérusalem à Kicopolis et a Lydda passait à peu de distance de Béthoron. Elle indique encoi e de nombi euses particularités relatives aux vallées et aux montagnes que Ton renconti a sur la rouje, mais comme elle se borne à indiquer les objets qu'elle a sous les yeux et que le plus souvent on ne connaît pas son point de départ, il est impossible de reproduire ici ces indications.

(2) Jos., Xj W. — I Mach.j yii, 39-49.

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