‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 81 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

pour aller au temple, ils se tiennent le plus souvent dans leurs appartements ou dans leurs cours intérieures.

En somme les rues de Jérusalem sont extrêmement tranquilles , excepté aux abords des places et des palais où il y a plus d'allées et de venues de soldats et de voyageurs; là on remarque aussi plus de mouvement des maisons dans les rues. Rome est beaucoup plus agréable que Jérusalem; les rues sont moins escarpées, moins étroites et plus animées.

Aux heures où tout le monde se réunit au temple, la ville est comme morte dans la plupart des quartiers. L'habitude que les Juifs ont de vivre renfermés chez eux et la disposition du plus grand nombre des rues expliquent la facilité avec laquelle Jésus et ses disciples pouvaient parcourir la ville sans être remarqués. L'eau n'est guère abondante à Jérusalem, On y rencontre souvent des ouvrages à arcades dans lesquels on conduit Teau et des tours qui servent à l'élever ou à la faire descendre. Au temple où l'on doit faire une grande consommation d'eau pour laver et purifier les vases, on a grand soin de la ménager. On se sert de pompes énormes pour la porter à la hauteur voulue. Il y a dans la ville un nombre considérable d'artisans. Ils habitent pour la plupart des cabanes légèrement bâties, dans le voisinage des marchés et des places publiques ; ainsi on trouve non loin de la porte Probatique un grand nombre de gens qui font le commerce de pierres précieuses, d'or et de métaux en général. Ils occupent des cabanes rondes, légèrement bâties et d'une couleur brunâtre, comme si on les avait enduites de poix ou de bitume. Ces habitalions sont légères et cependant très-solides. C'est là qu'ils font leur ménage, entre les cabanes sont des tentes sous lesquelles ils exposent leurs marchandises. Du côté où elle est le moins escarpée, la montagne

tSS VIE DE LA TRÈS-SAINTE VIERGE.

sur laquelle le temple est bâti, est entourée de maisons placées derrières d'épaisses murailles et formant différentes rues; elles s'élèvent sur des terrasses superposées. Elles sont habitées soit par des prêtres, soit par des officiers subalternes du temple, ainsi par ceux qui purifient les fossés dans lesquels descendent les immondices provenant des sacrifices.

D'un autre côté (elle suppose que c'est au nord)^ la montagne du temple est extrêmement escarpée, et le fossé paraît complètement noir. Au sommet de la montagne on voit encore une bordure verdàtre, dans laquelle les prêtres ont de petits jardins. Même au temps du Sauveur on ne cessa jamais de travailler en plusieurs parties du temple; ces travaux ne cessèrent jamais. Il y avait dans la montagne du temple une grande quantité de cuivre qui fut extrait lors de sa construction et employé dans l'édifice. Il y a sous le temple un grand nombre d'ateliers voûtés. Je n'ai jamais pu trouver dans le temple de Jérusalem un endroîl parfaitement convenable pour la prière. Toutes les murailles sont extraordinairement élevées, solides et épaisses. Les nombreuses cours sont étroites et obscures et remplies d'étables et d'échafaudages, et quand tout le peuple est rassemblé, on se trouve à l'étroit et comme épouvanté entre ces hautes murailles et ces colonnes épaisses. J'étais aussi incommodée de ces immolations continuelles d'animaux et de ces flots de sang qui coulaient, bien qu'on observât dans tous les détails des sacrifices un ordre et une propreté admirables. Je ne me rappelle pas avoir vu depuis longtemps aussi distinctement qu aujourd'hui toutes les parties du temple, les salles, les couloirs; mais rédifice est tellement étendu que je ne saurais le décrire exactement dans touîes ses parties.

Les pieux voyageurs et l'enfant qu'ils conduisaient arrivèrent à Jérusalem par le côté du nord ; mais, au

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