CHAPITRE CINQUIÈME
ia nuit et de longues tables peu élevées : il s'y trouvait encore une salle spacieuse et une cuisine avec un foyer. Les écuries où l'on avait conduit les animaux que Joachim se proposait de faire immoler, n'en étaient pas éloignées. De chaque côté de ce bâtiment demeuraient des officiers du temple, qui avaient à s'occuper des animaux destinés à être immolés. Quand le cortège fut entré dans la maison, on lava les pieds à tous ceux qui le composaient; chacun reçut ce service de personnes de son sexe. Alors on entra dans une grande salle, au milieu de laquelle une grande lampe à plusieurs branches, suspendue au plafond, projetait sa lumière sur un grand bassin d'airain rempli d'eau et orné de plusieurs anses. Ce fut à ce bassin qu'on se lava les mains et le visage. Quand l'âne de Joachim eut été déchargé, on le conduisit à l'écurie. Joachim, ayant annoncé le sacrifice qu'il se proposait de-faire, suivit les employés du temple dans la cour voisine, où ils examinèrent ses animaux.
Bientôt les deux époux se rendirent avec leur chère enfant chez des prêtres dont la maison était située un peu plus haut sur la montagne. Là Marie, obéissant à une inspiration divine, étonna encore par son agilité et gravit la montagne avec une facilité extraordinaire. Les deux prêtres qui habitaient cette maison (l'un était très-âgé, mais l'autre était beaucoup plus jeune) les reçurent avec une grande bienveillance; ils avaient assisté l'un et l'autre à l'examen qu'on lui avait fait subir à Nazareth, et ils les attendaient. On parla d'iibord des particularités du voyage et du sacrifice qui devait avoir lieu; puis ils firent chercher l'une des femmes attachées au temple, une veuve âgée, qui devait être spécialement chargée de la Vierge. Elle demeurait avec plusieurs compagnes dans le voisinage du temple; ces femmes se livraient
à différents travaux manuels et élevaient les jeunes filles. Leur habitation était un peu plus éloignée du temple que les appartements bâtis immédiatement contre, dont faisaient partie les cellules des femmes et des jeunes filles consacrées au service du temple; de ces cellules on pouvait, sans être vu, voir dans le sanctuaire. La pieuse femme était tellement enveloppée dans son voile qu'on pouvait à peine distinguer quelques traits de son visage. Les prêtres et les parents de Marie la lui présentèrent en la recommandant à ses bons soins. Elle lui témoigna beauboup d'amitié, et fenfant se conduisit avec beaucoup d'humilité, de respect et de dignité. Ils lui parlèrent du caractère de l'enfant, et s'entretinrent longtemps avec elle de la vie à laquelle on allait 1 consacrer. Elle les accompagna à l'hôtellerie, où on lui remit un paquet comprenant une partie du trousseau de l'enfant: bientôt elle revint préparer dans la chambre de Marie tout ce qui était nécessaire.
Les personnes qui avaient accompagné la petite troupe depuis la maison paternelle de Zacharie s'en retournèrent alors. Il ne resta à l'hôtellerie, louée par le saint prêtre, que les parents venus de Nazareth avec la sainte famille. Les femmes, s'étant établies à l'hôtellerie, y préparèrent tout ce qu'il fallait pour le repas solennel qui devait avoir lieu le lendemain.
Le 7 novembre, la sœur Emmericli dit encore :
J'ai passé toute la journée d'hier à voir les préparatifs du sacrifice de Joachim et la réception de Marie au temple.
De bonne heure, au matin, Joachim et plusieurs autres hommes amenèrent au temple les animaux qui devaient être sacrifiés; des prêtres les examinèreni encore à l'entrée, et plusieurs, ayant été rejeiés, fu-