‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 88 sur 304 · CHAPITRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE CINQUIÈME

perçus un pain avec l'image d'une croix qui s'élevait jusqu'à la hauteur de sa bouche. A droite et à gauche de ces deux objets s'épanouissaient de nombreux rayons qui supportaient des symboles mystérieux de la Vierge, analogues à ceux que renferment ses litanies. Derrière elle, deux branches d'arbres dilTirents, d'olivier et de cyprès, ou peut-être de cèdre et de cyprès, se croisaient au-dessus d'un beau palmier, garni d'un petit bouquet de feuilles, que je vis apparaître derrière elle. A côté de ces branches, vertes et fraîches, j'aperçus tous les instruments de la Passion du Sauveur. Le Saint-Esprit, sous une forme symbolique, qui, malgré les ailes, se rapprochait plus de l'homme que de la colombe, planait audessus de celte scène. En même temps, le ciel s'entr'ouvrit; le centre même de la céleste Jérusalem, la cité de Dieu, vint se reposer sur la tête de la Vierge, avec ses palais, ses jardins et les demeures réservées aux saints, et partout il y avait des anges; la gloire qui environnait la Vierge était également remphe de têtes d'anges (1).

Mais qui pourrait exprimer tout cela? Il y avait dans ce tableau un si grand nombre de détails, j'y vis des changements de scènes si rapides et si variés que j'ai dû nécessairement oubher un grand nombre de traits; il était destiné à me donner une idée du rôle de la sainte Vierge dans l'Ancien et le Nouveau Testament, et jusqu'à la fin des siècles. Je ne puis comparer cette apparition qu'à celle que j'ai eue naguère en petit du saint Rosaire et de ses magnificences, du Rosaire que beaucoup de gens qui

(4) L'Eglise, dans roffice de la sainte Vierge, répète souvent : Omnium nostrum habitatio est in te^ sancta Ifti Genitrix; on sait aussi que l'un des types de Marie est Tarche de Noé, Marie est l'arche symbolique qui reçoit tous les hommes sauvés du naufrage du péché.

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passent pour savants comprennent bien moins que tant de pauvres gens qui le récitent dans leur simplicité; car ceux-ci du moins le relèvent par l'éclat de l'obéissance et de la piété humble qui se repose sur l'Église, laquelle recommande cette pratique.

Pendant que ces dilïérents objets me passaient sous les yeux, le temple, malgré ses ornements et ses magniticences, et môme la belle muraille derrière la Vierge, me parurent obscurs et noircis, ou plutôt le temple lui-même me sembla n'être plus là; Marie^ ei sa gloire remplissaient tout. Tandis que l'idée de la Vierge se déroulait ainsi à mes yeux dans ces apparitions, je ne la vis plus sous les traits d'une jeune enfant, mais sous ceux delà Vierge. Je la vis grande et planant au-dessus de la terre; cependant je vis en même temps les prêtres, l'autel sur lequel fumait l'encens, et tous les autres détails de la scène; et il me sembla que le prêtre qui se trouvait derrière elle prophéiisait et invitait le peuple à rendre grâces à Dieu et à prier; car cette enfant était appelée à de grandes choses. Les personnes qui se trouvaient alors au temple ne virent pas l'apparition qui frappa mes regards; cependant elles reçurent toutes de cette scène une impression grave et profonde. Cependant l'apparition disparut un peu à la fois, de la même façon qu'elle s'était formée. Enfin, je ne vis plus que la gloire sous le cœur de Marie, et la bénédiction de sa promesse qui brillait en elle; bientôt cette dernière image disparut elle-même, et je vis seule, au milieu des prêtres, et parée de ses riches vêtements^ la jeune fille qui venait d'être consacrée au service du temple.

Les prêtres prirent à l'enfant les guirlandes qui lui enveloppaient les bras, et le flambeau qu'elle tenait à la main; ils remirent ce dernier objet à ses compagnes. Ils lui couvrirent la tête d'un capuchon ou

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