‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 9 sur 304 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

ments anciens, parfaitement enveloppés dans le coton et la soie : c'étaient des reliques des prophètes qui avaient habité dans ce pays, ainsi que des enfants d'Israël, morts dans les environs; j'y ai remarqué également de petits vases avec des plantes verdoyantes. Ils allumaient des lampes devant les armoires, rendaient hommage aux reUques et priaient devant elles.

MI- LES EssÉNiENs (suite).

Les esséniens non-mariés qui vivaient en com-

plante, et il m^a été dit que si l'on savait combien elle est salutaire, on ne la laisserait pas là en si grande quantité. Je l'ai vue employée dans des tableaux qui représentaient des époques très-reculées. J'ai vu saint Luc cueillir de ces fleurs en se promenant. J'ai vu encore en un pays semblable a celui où le Sauveur a miraculeusement rassasié cinq mille personnes, un grand nombre de malades étendus on plein air sur ces fleurs, protégés seulement par une tenle légère, on leur en avait fait pour ainsi dire des couchettes ; de part et d'autre, les fleurs étaient tournées vers le milieu, tandis que les tiges et les feuilles étaient en dehors. Ces malades avaient des rhumatismes, des convulsions ou des tumeurs, je leur ai va sous la tête de? oreillers remplis de ces mêmes fleurs. J'ai vu qu'on en enveloppait leurs pieds malades ; ils mangeaient encore de ces fleurs ou en faisaient de la tisane; là, les fleurs étaient relativement très-grandes. C'était un tableau d'une époque reculée, car les malades et les médecins portaient de longues robes de laine blanche avec des ceintures. JM remarqué qu'on bénissait toujours la plante avant de s'en servir. J'ai encore vu une plante du même genre, mais plus grasse, avec des feuilles rondes, juteuses et douces au loucher, et des fleurs d'un bien pâle, ayant absolument la même forme ; elle est employée trèsavantageusement dans les convulsions des enfants ; elle vient dans des terrains meilleurs et n'est pas si commune. Je crois qu'on l'appelle aussi le salut des yeux (l'euphraise) ; je l'ai trouvée une fois dans les environs de Dernekamp, elle a plus de vertu. » Là-dessus, elle donna à l'enfaat trois fleurs seulement pour la première fois; la seconde, elle devait lui en donner cinq. EUe dit encore : « Je vois l'état de l'enfant, mais je ne puis en rendre un compte exact; sou intérieur est comme un vêtement lacéré, il faudrait mettre partout des pièces. »

munauté, soit sur le mont Horeb, soit ailleurs, observaient une grande propreté. Ils portaient de longs vêtements blancs. Le supérieur de ceux du mont Horeb portait dans les solennités un bel ornement sacerdotal analogue à celui du grand-prêtre de Jérusalem, mais moins long et moins riche. Quand il priait et prophétisait dans la grotte d'EUe sur la montagne, il portait toujours cet ornement lequel, si je ne me trompe, se composait de huit pièces distinctes. Il y avait dans ce nombre un objet singulièrement respectable, c'était une espèce de surtout on scapulaire (1), recouvrant en même temps le dos et la poitrine, que Moïse avait porté sur la chair nue et qui étaitpassé de lui à Aaron et ensuite aux esséniens. Le prophète Arcos, le chef des esséniens du mont Horeb, portait toujours ce scapulaire sur la chair nue quand il se revêtait de l'ornement complet, avant de demander au ciel des lumières prophétiques. Il avait une ceinture autour du corps et le dos ainsi que la poitrine couverts de ce scapulaire, que je vais essayer de décrire aussi complètement que mes souvenirs me le permettent. Mais pour plus de clarté, je vais d'abord en découper un modèle avec du papier.

Alors, ayant pris une feuille de papier, elle découpa, avec une rapidité remarquable, un patron qu'elle présenta au Pèlerin, en lui disant :

Le scapulaire déployé avait à peu près cette forme. Il était très-roide et semblait fait de crins entrelacés. Il y avait au milieu, et par devant aussi bien que par derrière, une partie triangulaire, doublée et pi-

(1) On ne doit pas s'étonner de rencontrer ici ce mot moderne de scapulaire; elle avait l'habitude de désigner de la sorte un vêtement sans manches, r41ath ; sur les épauies, ouvert sur les côtés et couvrant en même temps 1î dos et la poitr.ne.

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quée; je ne saurais pas bien dire actuellement à. quel usage elle servait. Contre l'ouverture laissée pour le passage du cou, on remarquait sur la partie antérieure une découpure triangulaire dont les deux angles supérieurs étaient réunis par un cordon. Ce triangle qui tenait au scapulaire par sa. partie inférieure pouvait être rabattu sur une autre découpure placée plus bas et qui se trouvait alors, tout à fait recouverte. Cette autre découpure également triangulaire était précisément la partie doublée et piquée qu'on a mentionnée plus haut. Elle était à côtes, et des lettres y étaient figurées au moyen de petites pointes qui ressortaient de l'autre côté et déchiraient la poitrine. Le triangle supérieur, également doublé, avait reçu des lettres analogues ; je ne saurais plus dire maintenant ce qui était renfermé dans ces parties triangulaires. Quand le prêtre était revêtu, le triangle d'en haut recouvrait entièrement celui d'en bas. On voyait aussi, dans la partie correspondante du côté qui recouvrait le dos, un triangle doublé et piqué avec des lettres et des aiguillonSo Au-dessus de ce scapulaire, le chef des esséniens portait une tunique de laine grise, puis une longue et large tunique de soie blanche torse, serrée au milieu du corps par une large ceinture garnie d'un certain nombre de lettres. Il avait autour du cou une sorte d'étole qui se croisait sur la poitrine, et qui, serrée par la ceinture, retombait à peu près jusqu'aux mollets ; elle était retenue par troi^ cordons au-dessus et au-dessous de l'endroit où elle croisait. La pièce qui venait ensuite, faite de soie blanche torse, présentait quelque analogie avec nos chasubles. La partie postérieure était étroite et pendait jusqu'à terre, elle avait à la bordure inférieure deux sonnettes qui appelaient le peuple à la prière quand le prêtre était en marche; la partie antérieure était

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plus large et plus courte et ouverle depuis l'ouverture du cou jusqu'en bas ; c'était plutôt une suite de larges trous rattachés ensemble par des pattes ornées de lettres et de perles et qui laissaient voir rétole et la seconde tunique. Sous les bras les deux côtés étaient reliés ensemble par des pièces transversales. L'ouverture du cou était lermée par une agrafe solide, composée de deux parties ; la barbe du prêtre qui se divisait au menton retombait sur cette agrafe. La dernière partie de l'ornement était une sorte de petit manteau (i) de soie blanche torse, qui présentait de très-beaux reflets ; il était attaché sur le devant au moyen de trois fermoirs ornés de pierres précieuses, sur lesquelles on avait gravé soit des lettres, soit quelque dessin. De chaque partie de ce petit manteau retombaient des galons, des franges et des glands, enfui il portait à l'un des bras un manipule extrêmement court. Il avait sur la têle une coiffure faite aussi, si je ne me trompe, de soie blanche; elle était ronde, présentait plusieurs renflements et tenait en même temps d'un turban et de la barrette de nos prêtres; car elle avait plusieurs appendices dans sa partie supérieure et au milieu une houpette de soie. La partie antérieure était garnie d'une plaque d'or, ornée elle-même de pierres précieuses.

Les esséniens menaient une vie sobre et sévère : ils ne se, nourrissaient guère que de fruits, qu'ils cultivaient en grand dans leurs jardins. J'ai vu

(I) Kien qu'eUe ait donné a celle partie de rornement <ie Uessénien le nom de petit manteau, le modèle qu'elle découpa semblait se rappoilei plutôf à un surtout ou à un scapulaire, assez semblable aux deux premiers. Cela provendt peut-être de la difficulté qu'elle trouvait a découper le modèle d'un nia iteau. Si à cause du nom qu'elle lui donna et des boutons qui le ferment sur la poitrine, on veut réellement y \oir un manleauj on devra se représenter un objet analogue pour la forme au pallium de nos évèques.

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