‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 14 sur 65 · LA NAISSANCE DE MARIE · texte numérisé non relu

LA NAISSANCE DE MARIE

La Vierge Marie vint au monde le 8 septembre, Elle naquit

pure, belle et toute pleine de grâces, nous montrant par là qu'elle naissait exempte de la loi et du tribut du péché, Et quoique sa naissance n'ait pas difléré matériellement de celle des autres filles d'Adam, elle présenta de tels caractères et des grâces si particulières, qu'elle fut toute miracuieuse et exceptionnelle, à l'éternel honneur de Celui qui,en était l'auteur. Cette divine étoile, avant-courrière du jour, vint donc au monde vers minuit, pour Commencer à diviser la nuit de l'ancienne loi et des premières ténèbres, du nouveau jour de la grâce qui allait bientôt paraître, On enveloppa la bienheureuse Marie de ses lnnges, et cette petite créature, qui avait toutes ses pensées et 19 ses désirs en la divinité, fut emmaillottée et traitée à l'instar des autres enfants, quoiqu'elle surpassât en sagesse et les hommes et les anges. Sa mère ne voulut point permettre que d'antres mains que les siennes s'employassent à son ajustement ; elle en prit elle-même tout le soin possible sans en être nullement embarrassée, le Très-Haut lui accordant des faveurs particulières dans cette circonstance. Sainte Anne reçut entre ses bras Celle qui, étant sa propre fille, était aussi parmi les simples créatures, dont elle était la Reine, le plus riche trésor du ciel et de la terre, puisqu'elle n'était inférieure qu'à Dieu seul. Sa mère l'offrit avec ferveur et avec des larmes de joie à la Majesté divine, disant intérieurement : « Seigneur, dont la sagesse et la puissance sont infinies, créateur de tout ce qui à

l'être, je vous otfre le fruit que je viens de recevoir de votre divine bonté, et Je vous rends mille actions éternelles de grâces de me l'avoir donné sans que j'aie pu le mériter, Disposez, Seigneur, de la tille et de ln mère selon Votre très sainte volonté, et daignez de l'inaccessible trône de votre gloire abaisser vos regards «ur notre petitesse, Soyez éternellement béni d'avoir enrichi le monde d'une créatur jui vous est si agréable et d'avoir préparé en cle In demeure et le tubernacie du Verbe éternel, J'en félicite mes Pres et les Prophètes, et en eux tout le genre humain, à cause du age assuré de Rédemption que vous leur envoyez. Mais Comment me comporterais-je avec celle que vous me donnez pour fille, tandis que je suis indigne d'être sa servante ? Comment oseral-Je toucher la véritable Arche du Testament ? Accordez-moi, mon Seigneur ét mon Roi, la lumière qui m'est nécessaire pour découvrir votre sainte volonté et pour l'exéeuter selon votre bon plaisir, dans ln mission que je dois remplir auprès de ma fille. »

Le Seigneur répondunt en secret à sainte Anne lui dit de traiter cette divine créature, en ce qui concernait l'extérieur, comme une mère sa fille, sans lui témoigner aucun respect npparent, sauf à In respecter à son intérieur, et à s'occuper de son éducation avec tout le dévouement et toute la sollicitude de la mère la plus tendre. L'heureuse mère S'acquicta de tous ces devoirs, et usant de ses droits sur s4 {!le, sans manquer à l'honneur qui lui était dû, elle S'égayuit avec elle, la traitait et la caressait à la manière des autres mères: mais elle lui montrait néanmoins toujours des égards et une certaine discrétion

qu'exigeait le mystère si caché et si divin qui se trouvait ren-

fermé entre ln fille et ln mère. Les anges de la garde de la très douce Marie, auxquels se joignirent beaucoup d'autres esprits célestes, l'entourèrent avec respect, lui rendirent leurs hommages entre les bras de sa mère et lui chantèrent des hymnes harmonieux que Ja bienheureuse Anne entendit en partie. Les mille anges chargés de garder notre auguste Reine s'offrirent et se dévouèrent à son service : et ce fut la première fois qu'elle les vit sous une forme corporelle, avec les devises et les insignes que Je décrirai dans un autre chapitre: et l'enfant leur

demanda qu'ils louassent le Très-Haut avec elle et en son nom.

A l'instant où naquit notre glorieuse Reine, le Très-Haut envoya le saint archange Gabriel aux Limbes, pour qu'il apprit aux saints Pères une nouvelle si heureuse et si consolante, L'embassadeur céleste descendit aussitôt, éclairant ces sombres retraites et réjouissant les justes qui s'y trouvaient détenus. Il leur annonça que le jour de la félicité éternelle tant désiré et attendu par eux commençait à paraître, que la réparation du genre humain, si souvent prédite par les Prophètes, allait s'accomplir, parce que la Mère future du Messie promis venait de naître et qu’ils ne tarderaient pas de voir le salut et la gloire du Très-Haut. Puis l’archange lui fit connaître les excellences de l’auguste Marie et les merveilles que déjà la main du Tout- Puissant avait opérées en elle, afin qu'ils comprissent mieux le principe du mystère qui devait mettre fin à leur longue captivité, Aussi les Pères, les Prophètes et tous les autres justes qui étaient aux Limbes se réjouirent-ils et louèrent-ils le Seigneur par des cantiques nouveaux en reconnaissance de cette faveur.

Tout ce que je viens de raconter se passa en fort peu de temps, lorsque notre Reine vit la lumière du soleil matériel, qu’elle connut ses parents selon la nature, ainsi que beaucoup d'autres créatures Par ses propres sens; et ce fut le premier pas qu'elle fit dans le monde en naissant. Le puissant bras du Très-Haut opéra dès lors en elle de nouvelles merveilles, qui Surpassent toutes les conceptions humaines: la première et bien extraordinaire fut d'envoyer snr la terre une multitude d'anges, atin qu'ils enlevassent dans le ciel empyré, en corps et en âme, celle qui était élue pour être la Mère du Verbe éternel, en vue des desseins que le Seigneur avait formés.

Qui pourra dignement célébrer cet étonnant prodige de Ja droite du Tout-Puissant ? Qui dépeindra la joie et l'admiration des esprits angéliques, à la vue de cette merveille si nouvelle entre les œuvres du Très-Haut, qu'ils célébraient aussi par des cantiques nouveaux ? Iis reconnurent. dans cette occasion leur Reine, et rendirent hommage à leur Maitresse, Mère future de Celui qui devait être leur chef. comme il était la cause de la grâce et de la gloire qu'ils possédaient, puisqu'il les leur avait

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