‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 16 sur 65 · MARIE, PENDANT LES TROIS PREMIÈRES ANNÉES DE SON ENFANCE · texte numérisé non relu

MARIE, PENDANT LES TROIS PREMIÈRES ANNÉES DE SON ENFANCE

Le silence forcé des autres enfants dans leurs premières années, leur espèce d'engourdisement, et le mutisme d'où ils ne commencent à sortir qu'en bégayant, tout cela fut chez notre jeune Reine l'effet d’une vertu héroïque ; en effet, puisque les paroles sont des produrtions de l’entendement et des indices de la raison, dont l'auguste Marie eut le plus parfait usage dès l'instant de sa conception, si elle ne parla pas dès sa naissance, ce n’est point qu'elle ne pât le faire, mais c'est qu'elle ne le voulût pas. Car, quoique tous les enfants ne sachent pas se servir librement de leur bouche, ni faire jouer leur langue encore trop faible pour artieuler des paroles, Marie dans son enfance n’eut point cette impuissance, parce que sa constitution était robuste ct que, si elle eût voulu user de l'empire et du domaine qu'elle avait sur toutes les créatures, toutes ses facultés et ses propres organes auraient obéi à sa volonté. C’est pourquoi le silence fut chez elle une très grande vertu et une perfection toute particulière; elle cachait prudemment par le silence la science aussi bien que la grâce, et évitait l'admiration qu'on aurait eue d'ouir parler une enfant qui ne venait que de naître. Que si c’est un sujet d’admiration d’entendre tout à coup parler quelqu'un qui er est empêché par une impossibilité naturelle, ne fut-il pas plus admirable de

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