‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 17 sur 65 · VLÉ DE LA TRÈS SAINTE VIERGE · texte numérisé non relu

VLÉ DE LA TRÈS SAINTE VIERGE

voir celle qui pouvait parler en naissant garder le silence pendant dix-huit mois ?

Ce fut par une disposition du Très-Haut que notre jeune Maîtresse garda ce silence durant le temps que d'ordinaire les antres enfants ne savent pas parler. Elle se dispensa seulement de cette loi à l'égard des saints Anges de sa gurde, ou lorsque durs :x solitude elle prinit vocalement le Seigneur; car, quand il fallait qu'elle s'adressât à Dieu, auteur de ce bienfait, et aux Anges ses envoyés, lorsqu'ils conversaient visiblement avec elle, la raison qui l'obligeait de se taire avec les hommes n'existait plus; au contraire, il convenait qu'elle priât et conversât alors d'une voix articulée, pour ne point laisser si longtemps oisifs les organes dont elle avait déjà le libre usage. Sa sainte mère Anne fut elle-même comprise parmi ceux qui n’eurent pas le bonheur de l'entendre parler en cet âge, et ne sut nullement que sa bienheureuse tille eût le pouvoir de le faire; et par là l’on comprend mieux que ce fut une vertu qu'elle pratiqa en se taisant durant ces dix-huit premiers mois de son enfance. Lorsque, pendant ce temps-là, la vénérable mère le jugeait à propos, elle dégageait les mains de sa fille Marie, qui, à peine se les sentuit-elle libres, prenait celles de ses parents, et les leur baisait avec une grande soumission et un profond respect ; elle continua cette sainte pratique tant qu'ils vécurent ; mais dès cet âge si tendre elle leur demanduit par signes leur bénédiction, et pour en obtenir ce qu’elle souhaitait, elle adressait sa demande tacite au cœænr de son père et de sa mère, ne voulant pas se faire entendre autrement. L'amour, le respect et l'obéissance qu’elle leur portait étaient tels qu'elle ne manquait jamais en rien; elle ne leur donn.. jamais non plus aucun chagrin ni aucune peine, parce qu’elle connaissait leurs pensées et prévenait leurs désirs.

Elle était conduite en toutes ses actions et dans tous ses mouvements par le Saint-Esprit, de sorte que tout ce qu'elle faisait était très parfait; néanmoins elle ne parvenait jamais dans ses œuvres à satisfaire l’ardeur de son amour; et c’est pourquoi elle renouvelait sans cesse ses ferventes affections pour tâcher d'acquérir de plus grandes grâces et de plus riches

dons. Les révélations divines et les visions intellectuelles étaient très fréquemment accordées à notre jeune Rein

que le Très-Haut entourait de sn constante protection, Quand d'ail leurs la divine Providence interr nnpait pour Marie certaines visions ou illustrations, ilen est d'autres Jont elle jou it: car lu claire vision de la Divinité (dont Jui parlé ci-dessus, en

rücontant connnent les Ar

ges l'enlevérent durs le ei Laussitôt

qu'elle fut née) lui laissa de merveilleuses notions de ce qu'elle avait appris; et dès lors comme elle sortit de ct heureux cel. lier, tont ornée et enrichie de charité son cœur en fut si

Amoureusement pénétré, qui n sappliq ant à la contemplation, elle en était tont embrasée : Haus comme Son corps était faible et délicat, et son amour anssi fort que la mort, cet amour lui cansait des douleurs incompréhens

des, qui l'eussent l'ait mourir, si le Très-Hant ne l'eût soutenue et ne lai eût conservé la vie par un miracle de sa toute-puissance, Néanmoins le Seigneur permettait assez souvent que ce très pur et tendre corp. #-mbât dans de grandes défaillances par li violence de Faro ændis que les Anges venaient la fortifier er la soulager afin d'accomplir ce qui est dit de l'Epouse : « A ppuyezmoi par des fleurs, car je languis d'amour.» Notre uivine Reine souffrit une intinité de fois ce mystérieux et sublime martyre, par lequel elle snrpassa tous les martyrs en mérite aussi bien qu'en douleur.

La peine de l'amour est si douce et si désirable, que plus l'objet qui la cause en est digne, plus la personne qui la ressent souhaite qu'on lui en parle, prétendant guérir sa plaie en la renouvelant. Il s'y trouve un charme inexprimable qui tient l'âme entre une vie pénible et une douce mort. C'est ce qu'éprouvait notre aimable Enfant lorsqu'elle s'entretennit avee ses Anges de son Bien-Aimé ; car elle les inter

geait maintes fois et leur disait : « Ministres et envoyés de mon Seigneur, magnifiques ouvrages de ses mains, raycus de ce feu divin qui embrase mon cœur, donnez-nioi quelques nouvelles de mon Bien-Aimé, puisque vous jouissez sans voile et sans énigme de sa beauté éternelle; dites-moi quels sont les goûts de Celui pour qui je soupire. Avertissez-moi si par malheur je ne lui

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