N SAINTE VIERGE
aurais point déplu ; apprenez-moi re qu'il désire et ee qu'il demande de moi, et ne tardez pus de soulager ma peine, eur je languis d'amour, »
Là-dessus les Esprits célestes Jui réponidlaient : «Trés elite Epouse du Très-Huut, votre Bien-Aïmé est le seul qui n par lui-même l'Etre unique : 1 n'a besoin de personne, et toux ont besoin de lui. Il est intini en ses perfections, int en ses grandeurs, sans limite en ponvoir, sans borne en SALESSE, SHNS
mesure en bonté: c'est lui qui n donné le principe à tont ee qui
esteréé, suis en avoir aucun: c'est lui qui gouverne le monde sans fatigue, qui le conserve sans intérét propre: qui embellit toutes les créatures, sans qu'auenne puisse posséder sn bennté et qui rend pur elle bienheureux tons eeux qui méritent de ln contempler face à face, Toutes les pérfections de votre Epoux sont infinies, divine Prine se: elles urpaussent notre entendement, et ses hauts jugements sont inaccessibles à ln crénture, »
La bienheureuse Marie passait son enfance nu milieu de semblables entretiens tant avec ses Anges qu'avec le Très- Haut, en qni elle était tonte ravie; mais notre intx Iligence ne saurait les comprendre,
Le temps arriva où il convenait que le pieux silence de la très pure. Marie cessât entièrement, et où nous allions entendre sur cette terre ln voix de cette divine tourterelle qui devait être In très tidèle avant-courrière du printemps de la grâce. Mais avant de r
voir du Seigneur la permission de commencer à parler avec les hommes (ce fut au dix-huitième mois de sa première énfance), elle eut une vision intellectuelle de la Divinité qui ne fut point intuitive, mais qui renouveln pour elle les visions dont elle avait joui précédemment, et qui lui Procura, en outre, un accroissement de dons, de grâces et de faveurs. Le Seigneur lui promit alois de régler ses paroles et de l’assister toujours, afin que tout ce qu'elle dirait lui fût agréable et pour son service. Elle demanda ensuite au Très- Haut une permission et une bénédiction nouvelle avant d'ouvrir ses lèvres pleines de grâce. Comme elle était très prudente en toutes choses, elle adressa ses premières paroles à
saint Joachim et à sainte Anne pour leur demander leur bénédiction, les reconnaissant pour ceux qui lui avaient donné, après Dieu, l'être qu'elle avait. Son père et sa mère eurent le bonheur et la consolation d'entendre sa douce voix, et de voir en même temps qu'elle commençait de marcher toute seule ; et la bienheureuse mère Anne, la prenant avec une grande joie entre ses bras, lui dit: « Ma chère fille et mon plus tendre amour, que ce soit pour le bon plaisir et pour la gloire du Très Haut que nous entendions votre voix et vos paroles ; et que ce soit aussi pour son plus grand service que vous commenciez de marcher. Que vos paroles soient mesurées et sérieuses; que tous vos pas soient droits et ne tendent qu'au service et à l'honneur de notre Créateur!»
La bienheureuse Enfant fut fort attentive aux discours que sa sainte mère Anne lui tint, et les grava dans son jeune cœur, pour pratiquer avec une profonde humilité et la plus exacte obéissance tout ce qu’elle lui disait. Elle parla très peu pendant cette année et demie qui restait pour achever les trois aus, après lesquels elle devait être consacrée au Temple; elle n'ouvrait presque jamais les lèvres que pour répondre à sa sainte mère qui l’appelait et ni ordonnait souvent de parler, pour avoir le plaisir de s’entretenir avec elle de Dieu et de ses mystères ; ce que la divine Enfant faisait en écoutant et interrogeant avec beaucoup de modestie et d'humilité sa vénérable mère. Car celle qui surpassait en sagesse tous les enfants d'Adam voulait bien étre enseignée et instruite, et dans ces occasions la fille et la mère se livraient aux plus doux entretiens sur les choses saintes,
Il serait impossible de raconter tout ce que Mari», la divine Enfant, fit pendant ces dix-huit mois qu’elle fut avec sa mère, qui se mettait quelquefois à regarder sa fille comme étant plus digne de respect que l'arche du Testament et qui alors versait de douces larmes d'amour et de reconnaissance. Sainte Anne ne lui découvrit jamais néanmoins le mystère qu’elle tenait caché dans son cœur, à savoir que la bienheurense Vierge avait été élue pour être la Mère du Messie, quoiqu’elles en fissent le plus fréquent sujet de leurs entretiens, Marie s’y enflammait des
VIE DE LA TRÈS SAINTE VIERGE 27 plus ardentes affections, et disait des choses merveilleuses sur ce mystère aussi bien que sur sa propre dignité, qu’elle ignorait par une disposition secrète de la Providence; et ainsi, sainte Anne, sa bienheureuse Mère, redoublait de joie, d'amour et de soins envers sa fille et son trésor.
Peu de jours avant que la très pure Marie achevât sa troisième année, elle eut une vision abstractive de la Divinité, en laquelle il lui fut manifesté que le temps approchait où le Seigneur voulait qu’elle fût menée au Temple, pour y être consacrée et dédiée à son service. Cette nouvelle remplit son esprit d'une nouvelle joie et son cœur de reconnaissance. Dans le même temps sainte Anne eut une autre vision en laquelle le Seigneur lui preserivit d'accomplir le vœu qu'elle avait fait de mener sa fille au Temple, pour l'offrir à Dieu dès qu'elle serait arrivée au terme de sa troisième année (1). Cet ordre causa bien plus de douleur à cette tendre mère que n’en causa à Abraham celui qu'il reçut de sacrifier son fils Isaac. Mais le Seigneur la consola et la fortifia, en lui promettant de l'assister
de sa grâce et de ne pas l'abandonner dans la solitude où la ferait tomber l’absence de sa chère Fille.
(1) Voir la Vie de la Bonne Sainte Anne où les circonstances de ce vœu sont rapportées plus en détail.