‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 36 sur 65 · LA SAINTE VIERGE ACCOMPAGNANT NOTRE-SEIGNEUR DAKNS SES PRÉDICATIONS · texte numérisé non relu

LA SAINTE VIERGE ACCOMPAGNANT NOTRE-SEIGNEUR DAKNS SES PRÉDICATIONS

Je ne m'écarterais pas du sujet de cette histoire, si j'entreprenuis d'y rapporter les miracles et les actions héroïques de notre Rédempteur Jésus-Christ, attendu que sa très sainte Mère à concouru et participé à presque tout ce qu'il a fait. Mais je ne puis assumer une tâche trop ardue, trop au-dessus des forces et de la capacité humaines: car l'évangéliste saint Jean, après avoir écrit un si grand nombre de merveilles de son divin Maitre, dit à la fin de son Evangile que Jésus en a opéré tant d’autres, que si elles étaient rapportées en détail, le monde ne pourrait pas contenir les livres où elles seraient écrites. Ce qui a paru impossible à l'évangéliste, comment une fille ignorante et plus vile que la poussière oseruit-elle le tenter ? Les quatre évangélistes ont écrit même au delà de ce qui était convenable, nécessaire et suffisant pour établir et conserver l'Eglise : ainsi il serait superflu de le redire dans cette histoire. Toutefois, pour en enchainer les différentes parties, et pour ne point passer sous silence tant d'œuvres admirables de notre grande Reine que les évangélistes n’ont pas racontées, il faudra bien en toucher quelques-unes; car je sens qu'il me sera à la fois bien doux et bien utile pour mon avancement d’en fixer le souvenir par écrit. Quant au reste de ce qu'ils n'ont

pas marqué dans leurs évangiles et que je n'ai pas ordre de rapporter, ce sont des choses réservées pour le séjour de la gloire où les bienheureux les connaitront en Dieu avec une joie singulière, et où ils loueront éternellement le Seigneur pour de si hautes merveilles,

Notre Rédempteur Jésus-Christ, étant parti de Cana de Galilée, prit le chemin de Capharnaim, ville près de la mer de Tibériade, assez grande et ussez peuplée, où il demeura peu de jours, comme le dit l'é “xngéliste saint Jean; parce que, la Pâque étant proche, il resolut d'aller à Jérusalem pour y célébrer cette fête, le quatorzième jour de la lune de mars. Sa très sainte Mare, ayant quitté sa maison de Nazareth, le suivit dès lors partout où il allait prêcher, et même jusqu'à la croix ; excepté en certaines oecasions dans lesquelles elle s'en séparait, comme quand le Seigneur se rendit sur le mont Thubor, où il allait opérer des conversions particulières, telles que celle de la Samaritaine, ou bien quand notre divine Souveraine ellemême s'arrêtait pour achever d'instruire quelques personnes, Mais elle ne tardait pas à rejoindre son Fils et son Maitre, et elle suivit le Soleil de justice jusqu'au couchant de sa mort. La Reine du ciel faisait tous ces voyages à pied, à l'exemple de son très saint Fils, Que si cet adorable Seigueur lui-même succombait parfois à la lassitude, comme le marque l'Evangile, que n'aura point dà souffrir sa très pure Mère ! Combien de fatigues n'aura-t-elle pas essuyées dans tant de courses faites à travers tous les temps! La Mère de miséricorde traitait son corps délicat avec tant de rigueur, les peines auxquelles en pareil cas seulement elle se soumit pour nous furent si grandes quetous les mortels ensemble nepourront jamais satisfaire pour cette obligation. Le Seigneur permettait quelquefois qu’elle ressentit des douleurs, des brisements tels, qu'il était nécessaire qu'elle fût soutenue par les secours miraculeux qu'il lui accordait : tantôt il lui ordonnait de se reposer quelques jours dans une localité; tantôt il lui rendait le corps si léger, qu'elle pouvait se mouvoir sans peine comme avec des ailes.

Toute la loi évangélique était écrite dans le cœur de notre incomparable Maîtresse, comme je l'ai marqué en son lieu:

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néanmoins elle ne laissait pas d'etre aussi assidue aux prédientions de son très saint Fils que si elle eût été une nouvelle disciple : et à cet effet, elle avait prié ses saints anges de l'assister d'une manière spéciale et même de l'avertir sil était besoin, afin qu'elle n'en manquât jamais aucune, lors 41 + se trouverait pas trop éloignée du divin Maitre. Que Li! aéchait où enseis cit, elle l'écontait toujours à genoux, et seule lui offrait les hominnges et le culte dus à sa personn à sa doctrine, du moins autant qu'elle le pouvait. Et comme elle connaissait toujours (ainsi que je l'ai dit en d'autres endroits) les opérations de l'âme très sainte de son Fils, découvrant qu'au mêtne moment où il préchait, il priait intérieurement le Père éternel dedisposer lea cœurshrecevoir la semence de su sainte doctrine,

afin qu'elle y produisit des fruits de vie éternelle, la très mi-

séricordieuse Mère faisait la même prière pour les auditeurs de notre divin Maître, et appelait sur eux les mêmes bénédictions, avec une très ardente charité que trahissaient ses larmes. Elle leur enseignait en même temps l'estime qu'ils devaient faire des paroles du Sauveur du monde par le respect religieux et l'attention profonde avec lesquels ils la voyaient les recueilir. Elle pénétrait aussi l'intérieur de tous ceux qui assistaient aux prédications de son adorable Fils, c'est-à-dire l'état de grâce ou de péché, de vices ou de vertus dans lequel ils se trouvaient. La diversité de ces objets, naturellement cachés à l'entendement humain, produisait en la divine Mère des etfets différents et merveilleux, tous caractérisés par une sublime charité et par d'autres vertus ; car elle s'entlammait du zèle et de l'honneur du Seigneur et du désir ardent qu'elle avait que les âmes ne perdissent point le fruit de leur rédemption ; et le péril qu'elles couraient lorsqu'elles vivaient dans le péché l'excitait à demander leur remède avec une ferveur incomparable. Elle sentait une intime et amère douleur de ce que Dieu ne fût point connu, adoré et servi de toutes ses créatures ; et cette douleur égalait la connaissance qu'elle avait des raisons qui la portaient à en gémir, et qu'elle pénétrait au-delà de tout ce que les hommes peuvent concevoir. Lorsque les âmes repoussaient la grâce et les inspirations divines, elle en était si profondé-

ersait parfois des larmes de sang.

ons dire que ce que cetteigrande Reine urpasse intiniment les peines

sa

ceux qui étaient destinés à l'apostolat ; mais elle les soignait

tons comme une mère, elle Pourvoyait à tout comme une puissante Reine. et leur fournissait

riture et les autres choses néce:

pas se les procurer par le de les leur porter, ainsi qu’à que

ssaires, Quand elle ne pouvait

priait les anges Iques femmes qui s'étaient mises eur donnait

r eux, ar ses instructoutes manières

de mère très charitable, Quand les apôtres et les disciples se tr

au commencement), ou lorsqu'ils ils recouraient sur-le-champ à être éclaircis et aidés par cette nparables qui éclataient enelle ;

lés par la douceur de ses paroles.

Elle les instruisait Par sa sage

sse, les assouplissait par son humilité, et leur inspirait une grande retenue Par sa modestie : de sorte qu'ils trouvèrent tous les biens imaginables dans ce

divin laboratoire du Saint-Esprit. Elle rendait à Dieu des actions de grâces Pour toutes les faveurs qu'ils obtenaient, pour la vocation des disciples, pour la conversion des âmes, pour la persévérance des justes, Pour tous les actes de vertu qui étaient pratiqués : la Connaissance qu’elle en avait la remplissait d'une

Joie singulière, et la Portait à faire de nouveaux antiques de louange au Seigneur.

Il y eut aussi des femmes qui suivirent notre Rédempteur Jésus-Christ depuis la Galilée et le commencement de ses prédications, comme le marquent les évangélistes. Saint Matthieu, saint Marc et saint Luc disent que plusieurs qu'il avait délivrées, des démons et guéries des maladies dont elles étaient affigées, l’accompagnaient et le servaient: car le Maître de la vie n'a exclu aucun sexe de sa suite, de son imitation et de sa doctrine, c'est pourquoi quelques femmes le suivirent et l'assistèrent de leurs biens dès qu'il se mit à prêcher. La divine sagesse le disposait de la sorte, entre autres fins, pour qu'elles accompagnassent sa très sainte Mère dans l'intérêt de la bienséance. Notre auguste Reine prenait un soin particulier de ces saintes femmes ; elle les réunissait, les instruisait et les menait aux sermons de son très saint Fils. Elle était assez savante en la doctrine de l'Evangile pour leur enseigner le chemin de la vie éternelle: néanmoins elle cachait toujours en partie ses trésors de science et se prévalait de ce qu'on avait oui dire à son adorable Fils; c'était le texte sur lequel elle établissait les exhortations qu’elle adressait à ces femmes et à plusieurs autres qui l’allaient trouver en divers endroits, avant ou après avoir entendu le Sauveur du monde. Quant à celles qui ne le suivaient pas, la divine Mère les laissait initiés, autant qu'il était. nécessaire, aux mystères de la foi. Elle amena un très grand nombre de femmes à la connaissance de Jésus-Christ, et leur ouvrit le chemin du salut éternel et de la perfection évangélique; que si les évangélistes n’en ont pas fait mention, se bornant à dire que quelques femmes suivaient le Sauveur, ça été parce qu'il n’était pas de leur sujet d'écrire ces particularités. La bienheureuse Marie opéra des choses admirables parmi ces femmes ; elle ne les formait pas seulement à la foi et aux vertus par ses discours, mais elle leur enseignait encore par son exemple à les pratiquer et à exercer les œuvres de charité, en visitant elle-même les malades, les pauvres et les afigés, en pansant de ses propres mains leurs plaies, en les consolant dans leurs affictions, en les secourant dans leurs nécessités. Au reste, s'il fallait rapporter toutes ses œuvres en ces circonstances, le récit en exigerait une partie notable de cette histoire.

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Les miracles éclatants et innombrables que la Reine du ciel opéra dans le temps que Notre-Seigneur Jésus-Christ prêchait ne sont pas écrits non plus dans l'histoire de l'Evangile ni dans les autres histoires ecclésiastiques, qui n'ont wentionné que ceux que fit ie Seigneur lui-même, et cela autant qu'il était convenable à la foi de l'Eglise ; car il était nécessaire qu'elle fût établie et confirmée en cette même foi avant de manifester les grandeurs particulières de l'auguste Vierge-Mère. Il est certain, selon ce qui m'a été découvert, que non seulement elle opéra beancoup de conversions miraculeuses, mais encore qu'elle ressuscito des morts, donna la vue à des aveugles et guérit ‘Plusieurs personnes de leurs maladies. Cela convenait pour plusieurs raisons : premièrement, parce qu'elle était comme coadjutrice du grand œuvre que le Verbe de Dieu venu. accomplir dans le monde en Y prenant chair humaine, c'est-à-dire

le la prédication de son Evangile et de la rédemption des hommes. Le Père éternel ouvrit dans ce dessein les trésors de sa toute-puissance et de sa bonté infinie, qu'il manifestait par le Verbe incarné et par sa digne Mère ; en second lieu, parce qu'il était de la gloire de l’ün et de l'autre que la Mère ressemblât au Fils, et parvint au plus haut degré de toutes les grâces et de tous les mérites qui répondaient à sa dignité et à la récompense qu'elle en devait recevoir, afin d'accréditer par ces merveilles, et son très saint Fils et la doctrine qu'il enseignait, et de l’assister ainsi dans son ininistère avec plus d'efficace et d'excellence. Si ces miracles de la très pure Marie ont été cachés, ça été par une disposition spéciale du Seigneur lui-même et À la demande de la Mère de ln prudence. Elle les enveloppait donc sagement des ombres du mystère, afin que toute la gloire en revint au Rédempteur, au nom et en la vertu duquel elle les opérait. Elle observait la même conduite lorsqu'elle instruisait les âmes, car elle ne parlait point en public ni dans les lieux destinés à ceux qui étaient chargés de la prédication comme ministres de la divine parole, sachant très bien que telle n’était point la mission des femmes; mais elle remplissait la sienne dans des conférences et des conversations particulières, avec une sagesse, une discrétion et une efficace toutes célestes. En

se bornant à ce rôle et à force de prières, elleÿfit de plus grandes conversions que n'en ont fait tous les prédicateurs du monde.

C'est ce qu'on comprendra mieux si l’on considère qu'indépendamment de la vertu divine qui animait ses paroles, elle connaissait le naturel, les qualités, les inclinations, les habitudes de toutes sortes de personnes, les moments, les dispositions et les occasions les plus propres pour les ramener au chemin de la lumière ; et elle joignait à cela ses prières, la douceur et la force de ses prudentes paroles. Usant de tous ses dons sous les inspirations de l’ardente charité avec laquelle elle désirait faire entrer toutes les âmes dans le chemin du salut et les porter à Dieu, il fallait bien que les œuvres qu'elle faisait par de tels moyens fussent admirable, et qu'elle affranchit du péché, qu'elle éclairât et qu’elle poussât au bien une infinité d'âmes : car elle ne demandait rien au Seigneur qui ne lui fût accordé ; elle donnait à toutes ses œuvres la plénitude de la sainteté qui leur était applicable; et, regardant l'œuvre de ln rédemption comme la principale de celles du Seigneur, il est sûr qu'elle y concourut au-delà de ce que l'on peut concevoir en cette vie mortelle. Cette incomparable Vierge s'employait à toutes ces choses avec une rare mansuétude, comme une très innocente colombe, et avec une patience extrême, suppotiant les imperfections et la grossièreté des nouveaux fidèles et les éclairant dans leur ignorance, car un très grand nombre de personnes l'allaient consulter après avoir embrassé la foi du Rédempteur. Elle conservait toujours cette majesté de Reine de l'univers; mais elle était en même temps si douce et si humble, qu'elle seule a pu, à l'imitation du Seigneur lui-même, unir ces perfections au suprême degré. Le Fils et la Mère traitaient avec tant de bienveillance et de charité toutes sortes de personnes qu'il n’en est aucune qui ait pu s'exeuser de n'avoir pas profité de leurs instructions. Ils conversaient et mangeaient avec les disciples et avec les femmes qui les suivaient, mais avec une retenue et une sobriété remarquables ; le Sauveur agit ainsi pour faire voir à tous qu'il était véritablement homme et fils naturel de la très pure Marie; et c’est pour cela qu'il daigna assister à divers autres festins,comme le racontent les saints évangélistes,

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