CHAPITRE VINGT-ET-UNIEME
LA SAINTE VIERGE ET LES APOTRES-—LA TRANSFIGURATION — DÉPART DE NOTRE- SEIGNEUR POUR JÉRUSALEM- CE QUI PRÉCÉDA LA DERNIÈRE CÈNE
La conduite de la très prudente Marie à l'égard du sacré collège des apôtres et des disciples de Notre-Seigneur Jésus-Christ était le miracle des miracles, la merveille des merveilles de la toute-puissance divine. Elle y déployait une sagesse vraiment inexprimable; mais si j'entreprenais de rapporter seulement ce que j'en ai pu comprendre, il faudrait que de ce seul article je fisse un gros volume. J'en dirai quelque chose dans ce cha- Pitre et dans toute la suite de cette histoire quand l'occasion s'en présentera ; tout ce que j'en pourrai écrire sera fort audessous du sujet; tontefois ce peu sern suffisant pour notre instruction, Le Seigneur inspirait à tous ses disciples, en même temps qu'il les admettait à son école, les sentiments d'une dévotion singulière et d'un profond respect pour sa très sainte Mère, tels qu'ils convenaient à des personnes appelées à avoir
avec elle des rapports si fréquents et si familiers. Mais bien que les célestes rayons de la divine lumière tombassent sur tous, elle n'était pas égale pour tous, parce que le Seigneur distribuait ses dons selon les qualités de ses ministres, et selon les offices.
auxquels il les destinait. Les doux et admirables entretiens de leur grandé Reine et Maîtresse ne firent ensuite qu'accroitre leur vénération et leur respectueux amour; car, elle parlait à tous, elle les aimait, les consolait, les inatruisait, et les secourait daus leurs besoins; de sorte qu'ils ne sortaient jamais de sa présence et de sa conversation sans éprouver une joie et une consolation intérieure telles, qu'elles surpassaient même leurs désirs. Mais le fruit plus ou moins salutaire de ces faveurs répondait à la disposition du cœur de ceux qui recevaient cette semence céleste.
Ils ne la quittaient jamais que ravis d'admiration, et concevaient de très hautes idées de la prudence, de In sagesse, de la pureté de la bienheureuse Marie et de son éminente dignité. jointe à une douceur si tranquille et si humble, qu'aucun diseiple ne trouvait de termes pour les dépeindre. Le Très-Haut lui-même le disposait ainsi, parce que le temps ‘le dévoiler au monde œtte Arche mystique du nouveau Testament n'était pas encore venu. Ainsi, semblables à celui qui, désirant vivement parler sans néanmoins pouvoir découvrir ses pensées, les concentrerait de plus en plus avant dans son cœur, les apôtres, réduits à garder le silence, puisaient dans les faveurs qu'ils obtenaient un plus puissant motif d'aimer et de révérer la très pure Marie, et de louer intérieurement Celui qui l'avait élevée à un si haut degré de perfection. Comme notre auguste Souveraine connaissait, par la science incomparable dont elle était dépositaire, le naturel de chacun, son état et le ministère auquel il était destiné, elle réglait sur cette connaissance les prières qu’elle adressait pour eux au Seigneur, et les instructions, les paroles et les faveurs que réclamait leur vocation. Cette manière d'agir, si agréable au Seigneur de la part d'ure simple créature, fut pour les saints anges un nouveau sujet d’admiration : et le Tout-Puissant faisait, par sa providence secrète, que les mêmes apôtres répondaient de leur côté aux bienfaits qu'ils recevaient par sa très sainte Mère. Tout +la composait une divine harinonie qui ne frappait que les esprits célestes
Il y avait déjà plus de deux ans et demi que Notre-Seigneur Jésus-Christ préchait et faisait des miracles en public ; de sorte
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que le temps marqué par ln Sagesse éternelle approchait où il devait retourner à son Père par le moyen de sa passion et de sa mort, après avoir en mourant satisfait À la divine justice et racheté le genre humain. Or, Comme toutes ses œuvres tendaient à notre instruction, et qu'elles étaient pleines de sagesse divine, cet adorable Sauveur résolut de préparer quelques-uns de ses apôtres au scandale que leur occasionnerait sa mort, en leur manifestant la gloire de son corps passible, qu'ils devaient voir bientôt flagellé et crucifié ; car il voulait qu'ils le vissent transfiguré par la gloire avant qu'il fût défiguré par les bourreaux, Quelque temps auparavant le Seigneur avait fait cette Promesse devant tous, quoiqu'elle ne dût se réaliser que pour quelques-uns, comme le rapporte l'évangéliste saint Matthieu. Il choisit pour cela le Thabor, haute montagne de la Galilée, à deux lieues de Nazareth, du côté de l'orient ; et étant arrivé au sommet de cette montagne avec les trois apôtres Pierre, Jacques et Jean son frère, il se transfigura devant eux, ainsi que le racontent les trois évangélistes saint Matthieu, saint Marc et saint Luc, qui ajoutent qu'outre les trois apôtres s'y trouvèrent les deux prophètes Moïse et Elie, s'entretenant avec Jésus de sa passion, Pendant la transfiguration il vint de la part du Père éternel une voix du ciel qui dit: « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui je me plais uniquement ; écoutez-le, » Les évangélistes ne disent point que la très pure Marie assistât à la transfiguration, mais ils ne le nient pas non plus; et s'ils ne se sont pas expliqués là-dessus, c'est que ce détail ne regardait pas leur sujet, et qu'il n'était pas convenable de rapporter dans les Evangiles le miracle caché qui eut lieu. La lumière que j'ai reçue pour écrire cette histoire me découvre qu’au même moment où quelques anges allèrent chercher Moïse et Elie où ils étaient, la bienheureuse Vierge fut transportée par le ministère de ses saints anges sur la montagne du Thabor, afin qu'elle y vit son très saint Fils transfiguré, comme effectivement elle le vit, bien qu'elle n'eût pas besoin comme les apôtres d'être affermie dans la foi, qu'elle avait toujours constante et inébranlable. Mais notre Rédempteur Jésus-Christ eut plusieurs fins en cette merveille de la transfiguration ; et il avait
d'autres raisons particulières pour ne pas célébrer un si grand mystère sans que sa très sainte Mère y fût présente, Car ce qui était une grâce à l'égard des »; ‘t'es était, pour ainsi dire, dû à notre grande Reine, en sa quilite de condjutriee dans les œuvres de la rédemption, à laquelle ‘le devait concourir jusqu'au pied de la croix ; il fallait aussi qu'elle fût fortifiée par cette faveur contre les douleurs que son âme très sainte devait souffrir, Destinée à être bientôt la Maitresse de In sainte Eglise il était convenable qu'elle fût témoin de ce mystère, et que son adorable Fils ne lui enchât point ce qu'il pouvait si facilement lui découvrir, puisqu'il lui manifestait toutes les opérations de son âme divine, Lamour du Seigneur pour sa bienheureuse Mère était tel, 40: ne lai permettnit pas de lui refuser cette faveur, alors qu il ne lu ref rai aucune de celles qui pouvaient prouver in tendresse ae son affection: celle-ci appartenait d'ailleurs à notre augi ste Reine, à ruson de son excellence et de sa dignité. C’est pour ces raisons, et pour plusieurs autres qu'il n'est pas nécessaire d'énuinérer ici, qu'il m'a été déclaré que la bienheureuse Marie assista à la transfiguration de son très saint Fils notre Rédempteur
Après le mystère de la transfiguration, l'auguste Marie !: raiuenée en sa maison de Naznretl:; son très saint Fil: ceudit de la montagne, et aussitôt il alla la trouver pour : une dernière fois sa patrie et prendre ensuite le chemin rusalem, où il devait souffrir à la Päque prochaine, qui être pour lui la dernière. Après avoir passé quelques jour à Nazareth, il en partit accompagné de su très sainte Mère, des apôtres, des disciples qu'il avait et de plusieurs saintes femmes, traversant la Galilée et la Samarie jusqu'à ce qu'ils fussent arrivés en Judée et à Jérusalem. L'évangéliste saint Luc décrivant ce voyage, dit que le "Seigneur affermit son visage pour se rendre à Jérusalem ; parce qu'en partant il avait une physionomie joyeuse, il brûlait du désir de parvenir à sa passion, il allait spontanément et librement se sacrifier, avec une volonté efficace, pour le salut du genre humaiu ; ainsi il ne devait plus retourner en Galilée, où il avait opéré tant de prodiges. Dans cette résolution de quitter Nazareth, il glorifia, comme
homme, le Père éternel, il lui rendit des aëtions de grâces de ce qu'il avait reçu en ce lieu l'être humain, qu'il livrait pour le salut des hommes à la passion et à la mort qu’il allait subir.
Notre Sauveur communiqua à sa divine Mère, durant ces derniers jours qui précédèrent sa passion, de si hauts mystères sur la rédemption du genre humain et sur la nouvelle loi de grâce, qu'il yen a plusieurs qui resteront cachés jusqu'à ce que l'on jouisse de la vue du Seigneur dans la patrie céleste. Je ne puis déclarer que fort peu de chose de ceux que j'ai connus ; mais notre adorable Sauveur mit en dépôt dans ': cœur de notre très prudente Reine tout ce que David appelle secrets et mystères de sa sagesse. Ils concernaient principalement les œuvres du dehors, dont Dieu même avait bien voulu se charger, savoir : notre rédemption, la glorification des prédestinés, et, comme but suprême, l'exaltation de son saint Nom. Notre divin Maitre prescrivit à sa très prudente Mère tout ce qu'elle devait faire durant le temps de la passion et de la msrt qu'il allait sonffrir Pour nous, et la prévint d’une nouvelle lumière, Dans tous ces entretiens, il lui parla avec un air plus sérieux qu'à l'ordinaire, dans l'attitude d’un roi plein de majesté, selon que l'importance du sujet le *emandait; car alors toutes les tendresses de fils et d'épou: csèrent entièrement, Mais comme l'amour naturel de la très douce Mère et l'ardente charité de son âme très pure dépassaient toutes les conceptions des intelligences créées, comme d’un autre côté elle prévoyait la fin prochaine des rapports ineffables qu'elle avait eus avec son Dieu et son Fils, il n’est aucune langue qui puisse exprimer les tendres et douloureuses affections du cœur de cette incomparable Mère ni les amoureuses plaintes qu’elle exhalait : tourterelle mystérieuse qui commençait à sentir les ennuis d’une solitude que toutes les autres créatures du ciel et de la terre ne pouvaient embellir,
Le jeudi, veille de la passion et de la mort du Saveur, étant arrivé, le Seigneur avant le lever du soleil appela sa très amoureuse Mère, qui, s'étant prosterné à ses pieds selon sa coutume, lui répondit: « Parlez, mon divin Maitre, car votre servante vous écoute.» Son très saint Fils la releva, et lui dit avec une
douceur toute céleste: « Ma Mère, voici le temps fixé par la sagesse éternelle de mon Père où je dois opérer la rédemption du genre humain, que sa sainte volonté mille fois bénie m'a recommandée ; il faut done que nous exécutions le sacrifice de la nôtre, que nous lui avons si souvent offert. Permettez-moi d’aller souffrir et mourir pour les hommes, et consentez en qualité de Mère véritable à ce que je me livre à mes ennemis pour obéir à mon Père éternel ; concourez avec moi par cette obéissance à l'œuvre du salut éternel, puisque j'ai reçu de votre sein virginal mon être d'homme passible et mortel dans lequel je dois racheter le monde et satisfaire à la justice divine. Et comte vous avez volontairement donné votre Fiat pour mon incarnation, je veux que vous le donniez maintenant pour ma passion et pour ma mort sur la croix ; par ce sacrifice que vous ferez à mon Père éternel, vous reconnaîtrez la faveur qu'il vous a faite en vous choisissant pour ma Mère; puisqu'il m'a envoyé afin que par le moyen de la passibilité de ma chair je recouvrasse les brebis perdues de sa maison, qui sont les enfants d'Adam. »
Ces paroles de notre Sauveur transpercèrent le cœur si tendre de la Mère de la vie; elle le sentit se briser eu elle-même comme sous un nouveau pressoir par la douleur la plus forte qu’elle eût encore soufferte. C’est que l'heure arrivait, l'heure de la désolation et des larmes, l'heure dont elle ne pouvait appeler ni au temps ni à un autre tribunal supérieur, pour révoquer le décret absolu du Père éternel qui avait fixé le moment de la mort de son Fils. La très prudente Mère voyait en lui un Dieu infini dans ses attributs et dans ses perfections et un homme véritable ; son humanité unie à la personne du Verbe, sanctifiée par cette union et élevée à la dignité la plus ineffable ; elle repassait en son esprit l'obéissance qu'il lui avait montrée quand elle lui prodiguait ses soins maternels, les faveurs qu’elle en avait reçues pendant un si long temps qu’elle avait demeuré en son aimable compagnie, et elle se disait que bientôt elle serait privée de ces faveurs, de la beauté de son visage, de la douceur vivifiante de ses paroles; et que non seulement tout cela lui manquerait à la fois, mais qu’elle-même
ces considérations, toutes ces images, qui frappaient alors plus vivement que jamais la prévoyante Mère, pénétrèrent son cœur amoureux d'une douleur vraiment indicible, Mais la magnunimité de notre Reine Surmontant sa peine insurmontable, elle se prosterna de nouveau aux pieds de son adorable File, et lui répondit en ces termes :
«Seigneur, Dieu très-haut et auteur de tout ce qui a l'être, je suis votre humble servante. quoique votre bonté ineffable ait daigné m'élever de la poussière à la dignité d'être votre Mère, je m'otfre, avec résignation, an bon plaisir de votre Père céleste afin que sa volonté éternefle et toujours aimable s’accomplisse en moi comme en vous. Le plus grand sacrifice que je puisse offrir sera de ne point mourir avec vous, et de me voir dans l'impuissance d'empêcher votre mort en mourant moi-même à votre place; car si je souffre à re exemple et.en votre com- Pagnie, ce sera un grand soulagement à mes peines, qui seront
toutes douces en comparaison des îtres. Mon suppliee à moi, &æ sera de ne Pouvotr pas vous perdre un instant de vie au
milieu des tourments que vous endurerez pour le salut les hommes, Aeceptez, 6 mon unique bien ! le sacrifice de mes lésirs 2t la douleur que j'aurai de vous voir MoEurIr, VOUS (yii êtes FAgneau très innocent. et la figure dela subetanec de votre Père éternel, tandis que Je serai condamnée à vivre encore Agréez aussi la douleur dont je serai pésétrée en voyant l'effroyable châtiment qu Péché du genre humain retomber sur votre personne adorable Par ls main de vos cruels enmemis. Ocieux ! ôéléments! 5 créatures qui Y étesrenfermées ! esprits célestes, saints Pstriarches et prophètes, aidez-moi tous à pleurer la mort de mon bien-aime qui vous à donné lé
pleurezavee moi le malbeur des hommes, qui, après avoir causé cette mort, perdront la sie éternelle qu'il leur doit mériter, sans qu'ils profitent d'un # grand bienfait. © malheureux réprouvés © 6 bienheureux prédestinés, dont les robes ont été la-
vées dans le sang de l'Agneau! Louez le Tout. Puissant, vous
autres qui avez au profiter de ce bienfait. Q mon Fils et le bien infini de mon âme, fortifiez votre Mère affigée, et recevezla pour votre disciple et votre compagne, afin que je participe à votre passion et à votre croix, et que le Père éternel, recevant votre sacrifice, reçoive aussi le muen, eomme celui de votre Mère.»
C'est en ces termes et en d’autres que je ne saurais traduire, que la Reine du ciel répondit à son très saint Fils, et s’offrit à différentes reprises À participer à sa passion et à l'imiter en toutes ses souffrances, comme coopératrice et coadjutrice de notre Rédemption.
Notre très doux Sauveur invita notre auguste Souveraine à le suivrs à peu de distance avec les saintes femmes qui étaient venues de Galilée en leur cumpagnie, dès qu'il serait parti avee ses diseiples pour Jérusalem, et il lui recommanda de ies instruire et de les encourager, de peur que leur foi me faiblit par le scandale qu’elles recevraient en le voyant souffrir et mourir, au milieu de tant d'igmomimies sur une croix infâme En termigunt eet entretien, le Fils du Père éternel donma sa bénédiction à sa tres amoureuse Mère, et lui fit ses adieux avant ce dernier voyage qu'il n'entreprenait que pour souffrir et moumr. La douleur dont les cœurs du Fils et de la Mère furent pénétrés dans-cette séparation snrpasse tout ce qu'on en peut humainement concevoir : car elle répondit à leur amour réeiproque, et cet amour état proportionne à la qualité et à la dignité de leurs personnes. Mais, quoique nous ne puissions nous en faire une juste idée, cela ne mous dispense pas d'y réfléchir sérieusement, et de partager avee toute la compassion dont nous sommes capables, la tristesse de notre divin Maître et de sa très sainte Mère, si nous ne voulons emeourir le reproche d'ingratitude et d'insensibilité
Notre divin Sauveur, ayant pris congé de sa tendre Mère et son Epouse désolée, quitta Béthanie (1) le jeudi. qui fut celui
(1) C'est à Béthanie, en effet, que Notre-Seigneur fit ses derniers adieux à sa sainte Mère : c’est là que la sainte Vierge resta avec son divin Fils, et le servit durant les trois jours qui s'écoulèrent depuis son entrée triomphale à Jérusalem,
e jour des Rameaux, jusqu'au jeudi.
de la Cène, un peu avant midi, accompagné des apôtres qui se trouvaient près de lui, pour aller à Jérusalem pour la dernière fois, La bienheureuse Vierge, de son côté, partit aussi de Béthanie, sur-le-champ, pour suivre l'Auteur de }n vie, «Ccompagnée de Madeleine et des autres saintes femmes qui étaient venues de Galilée avec Notre-Seigneur Jésus-Christ. Or, tandis que le divin Maître instruisait ses apôtres chemin faisant, et les disposait par les enseignements de la foi au spectacle de sa passion, afin qu'ils ne se laissassent ébranler ni par la vue des outrages qui l’attendaient, ni par les tentations de Satan, la Maîtresse des vertus consolait et prémunissait de ses avis ses pieuses disciples, afin qu’elles ne se troublassent point quand elles assisteraient à la flagellation et au crucifiement de leur adorable Maître. Et, quoique ces saintes femmes fussent naturellement plus timides et plus fragiles que les apôtres, elles se moutrèrent plus fortes que plusieurs d'entre eux par la fidélité avec laquelle elles gardèrent la doctrine et les instructions de leur grande Maîtresse. Celle qui se distingua le plus sous tous les rapports fut sainte Marie-Madeleine, ainsi que les
évangélistes le rapportent ; car elle avait un caractère magnanime, franc, énergique, et son âme était embrasée de tous les feux de l'amour divin. Aussi se chargea-t-.lle, entre tous les premiers serviteurs de Jésus, d'accompagner et d'assister constamment sa Mère, sans la quitter un instant dans tout le cours de la passion; et c'est ce qu'elle fit comme une amante très fidèle.