‹ Vie de la Très Sainte Vierge Marie [microforme]Chapitre 42 sur 65 · LA VALLÉE DE JOSAPHAT: DESCRIPTION · texte numérisé non relu

LA VALLÉE DE JOSAPHAT: DESCRIPTION

Vallée de Josaphat. — Silencieuse comme ses tombeaux, elle est célèbre entre toutes les vallées du monde. C'est dans la vallée de Josaphat qu'Abraham, revenant de la poursuite des Assyriens qui avaient caccagé la Pentapole et fait prisonnier Loth, son neveu, rencontra le roi de Sodome venant au-devant de lui pour le féliciter de sa victoire. Melchisédech, roi de Salem et prêtre du Très-Haut, offrit alors à Dieu du pain et du vin et bénit Abraham en disant: Abraham, sois béni du Dieu très haut qui a crée le ciel et la terre. C'est dans la vallée de Josaphat qu'Absalon, pour éterniser son nom, s'érigea un monument qu'il appela Main d'Absalon. C'est la vallée de Josaphat que David, obligé de fuir devant son fils rebelle, traversa pieds nus et la tête voilée pour aller se cacher au désert avec un petit nombre de serviteurs fidèles. C'est dens la vallée de Josaphat qu'Ara, au débnt de son règne, fit brûler les idoles de Baal, de Priape, ete., dont le culte avait été favorisé par sa grand'mère Mâacha, et que Josias fit emporter de la maison du Seigneur. hors de Jérusalem, l'idole du bois sacré, qu’il brûla et dort :! jeta les cendres dans le torrent de Cédron. C'est encore la vallée de Josanhat que traversait Notre-Seigneur Jésus-Christ, chaque fois qu'il allait À la montagne des Oliviers et à Béthanie. Entin, d’après la prophétie de Joël et une croyance respectable, c'est là 42 doit s'accomplir le J ugement

dernier, afin que les Lieux qui furent témoins des humiliations du Sauveur le soient aussi de la majesté du Fils de Dieu, venant avec une grande puissance juger l'univers.

La vallée de Josaphat commence au nord-ouest de Jérusalem non loin des tombeaux des Juges. Elle se creure plus profondément en se retrécissant au-dessous de Gethsémani, au sud-est. Là, elle rejoint celle du fils d'Ennom et s'étend davantage en largeur. Mais À partir de Bir-Ayoub, qui est pour ainsi dire le véritable point de jonction des deux vallées, celle de Josnphat devient beaucoup plus étroite et change même son nom en celui de Ouâdi en-Nar (vallée de feu). La longueur totale n'atteint pas trois milles, sur une largeur moyenne de six à sept cents pieds ! Elle est renfermée à l'est par les monts du Scandale et des Oliviers; au nord par le mont Scopus ; au eud par le champ des Foulons; et à l'ouest par les monts Bézétha, Moria et Ophel.

Aspect de cette vallée. — « Auvun lieu sur la terre n'évoque de plus solennelles pensées, c'est la vallée des larmes, du recueillement et de la mort. Rien d'animé ne distrait l’homme qui vient méditer dans cette triste solitude. Une ville ensevelie sous ses malheurs, châtiment de son déicide, un torrent sans eau, partout des monuments funèbres, des rochers nus, quelques arbres rachitiques, des tc tbe brisées, très peu de verdure, des montagnes arides, le souvenir des prophètes et des martyrs, l'agonie du Fils de Dieu, et puis sa venue à la fin des siècles pour juger le monde; voilà ce qui saisit l'âme en la remplissant d'émotion, de tristesse et d'effroi. »

Principaux monuments de cette vallée. — Outre les tombeaux musulmans doït elle est tapissée du côté de la Ville Sainte et les sépulcres des Juifs qui la couvrent du côté du Mont des Oliviers, elle renferme encore dans sa partie supérieure plusieurs grands monuments, dont nous ne faisons point ici une mention particulière. Nous parlerons plus loin, c. XXX VI, du Tombeau de la sainte Vierge ou Basilique de l’Assomption.

Grotte de l'Agonie. — En sortant de Jérusalem par la porte de saint Etienne, au levant, on descend, par une pente rapide au fond de la Vallée, on traverse le Cédron sur un petit pont

en maçonnerie, et l'on arrive, en quelques pas à la sainte Grotte, C'est là que d'après la vénérable Tr. ition Notre adorable Sau- Veur éprouva su sueur de sing! Les premiers chrétiens bâtirent une église au-dessus de la grotte de l'Agunie. Pendant les Croisades, c'était la grotte elle-même qui servait d'église sous le titre de Saint-Sauveur Jepuis 1393, les Pères de Terre- Sainte y célèbrent tous les jours la sainte Messe. Cette grotte existe intégralement duns son état naturel et dans sa forme irrégulière. Elle mesure 35 À 40 pieds, en longueur, sur 25 À 30, en largeur

Jardin de s'hsémani, — À environ un jet de pierre vers le Midi, se trouve le Jardin qui renferme huit oliviers: ces arbres sont les plus vénérables qui existent, ap “ès l'arbre de la vraie Croix. Selon la Tradition, ils remonteraient peut-être au temps même de Notre-Seignev-; on sait avec quelle extrême lenteur l'olivier se développe’ r, les troncs de ces huit arbres sont énormes: l’un deux a » le trente pieds de circonférence,

Trahison de Judas. — À quelques pas de la porte d'entrée du Jardin, vers le sud, on montre l'endroit, où, l'après la Tradition, Judas trahit, par un perfide baiser, e: ivin Maitre ! A partir d'ici, on quitte la vallée, lorsqu'on fa : ascension de la montagne des Oliviers, dont nous parlerons au ©. Xxx.

Station des huit apôtres. —- En suivant la Vallée dans la direction du sud, à une faible distance, on arrive au Lieu, où d'après la Tradition, Notre-Seigneur laissa, la veille de sa mort huit de ses Apôtres pour aller prier au Jardin.

Pont sur le Cédron. — Une Tradition ancienne et vénérable affirme que Jésus, lorsqu'il travers le Cédron, après avoir été garotté au Jardin de Gethsémani, fat poussé brutalement par les soldats et qu'il tombn dans le torrent, laissant l'empreinte de ses mains, de ses genoux et de ses pieds sur un rocher très dur.

Etat actuel. — Ce vénérable Rocher est situé dans le lit du torrent, du côté sud, à environ dix pieds du petit pont que l'on voit actuellement sur le Cédron‘et qui fait partie de la Voie de la Captivité. On montre encore aujourd'hui une des

empreintes des pieds de Notre-Seigneur, mais elle est peu reconnaissable.

De ce rocher on va directement au nord-est, de l'autre côté du chemin pour #xaminer de près le tombeau d'Absalon.

Tombeau d'Absalon. — Absalon s'était érigé ce monument pendant sa vie. Mais ayant été tué par Joab, dans la guerre qu’il faisait à son père David, il fut jeté dans une grande fosse qui lui servit de sépulcre, à l’est du Jourdain; aussi croit-on unanimement qu’il ne fut jamais inhumé dans ce qu'on appelle son Tombeau.

Ce ‘ombeau est monolithe, taillé dans le roc jusqu'au lasmier inclusivement. Ilest orné sur chacune de ses faces de quatre demi-colonnes et surmonté d'une maçonnerie rectangulaire supportant une autre maçonnerie en forme de bouteille terminée par une pointe cylindrique au sommet de laquelle est un gros bouquet de palmes. Cette construction singulière a quatres ouvertures, une sur chaque face, jusqu'à ces dernières années, ce tombeau était tout rempli des pierres qu'y jetaient les Juifs pour témoigner l'horreur que leur inspirait encore, à travers tunt de siècles, la rébellion d'un fils ingrat envers le meilleur des pères !

En continuant à descendre la Vallée, on rencontre successivement les Tombeaux de Josaphat, de saint Jacques-le-Mineur et de Zacharie, monuments qui offrent un intéressant sujet d'études aux archéologues. — On passe ensuite devant le village musulman de Siloë, curieux assemblage de maisons superposées en étage sur les rochers à pic et sur de grandes caverves dont quelques-unes ont servi de tombeaux ; et devant la Fontaine de la sainte Vierge ou de Siloë, pour arriver à la pointe S.-0. d'Ophel, à la Piscine de Siloë.

Piscine de Siloë.— Cette piscine est à jamais célèbre par le miracle que fit Notre-Seigneur, en ouvrant les yeux à un aveugle-né, à qui il ordonna d'aller se laver dans cette piscine. Anx premiers siècles du christianisme, on venait se baigner dans la Piscine de Siloë, afin d'obtenir la guérison de toutes sortes de maladies. Une église y fut bâtie et dédiée au Sauveur Illuminateur. Il ne reste plus rien de cette ancienne Basilique, sinon

quelques tronçons de.colonnes en pierre calcaire du pays, visibles dans la paroi orientale de la Piscine. Cette Piscine qui est à ciel ouvert, à environ 50 pieds de long, sur une largeur moyenne d'environ 12 pieds.

En continuant à descendre la vallée, on arrive, après quelques centaines de pas, à un puits que les indigènes appellent : Bir-Ayoub.

Bir-Ayoub. — On croit que c'est dans ce puits que les Israëlites, avant de partir pour la captivité de Babylone, cachèrent, par ordre du prophète Jérémie, le feu sacré du Temple. A leur retour, 70 8 plus tard, on le fit chercher par les petits-fils des prêtres qui l'y avaient déposé ; mais ceux-ci ne trouvèrent que de l'eau bourbeuse. Alors le prêtre Néhémie commanda de puiser de cette eau et d’en faire des aspersions sur les sacrifices, sur le bois, et sur ce qu'on avait mis dessus. On obéit: alors le soleil, déchirant un nuage qui le voilait et dardant ses rayons, il s’alluma un grand feu qui remplit d'admiration tous ceux qui étaient présents. Le sacrifice étant consumé, Néhémie ordonna que l'on répandit ce qui restait de cette eau sur les grandes pierres. Dès que cet ordre eût été exécuté, il s'en éleva une forte flamme qu’absorba bientôt la lumière qui éclatait au-dessus de l'autel Le roi de Perse, s'étant nssuré de ce prodige, fit entourer ce lieu d’une enceinte ; et Néhémie l’appela Nephtar, c'est-à-dire purification (1).

Actuellement ce puits mesure près de cent pieds de profondeur et il est construit en grosses pierres qui paraissent très anciennes. On croit qu'il n’y à pas de source pour l'alimenter et que l'eau, quoiqu'assez abondante, y entre par suintement. Lorsque les pluies d'hiver sont assez abondantes, les eaux s'y rassemblent en tel volume qu'elles s'élèvent par-dessus l'orifice et forment un beau ruisseau auquel le Cédron sert de lit. Cette abondance est pour les indigènes l'indice assuré d'une bonne récolte et les habitants de Jérusalem et de Siloë célèbrent à cette occasion, autour du Bir-Ayoub et le long du

(1) IL. Mach. C. 1.

ruisseau, une fête, d’un caractère spécial et qui dure plusieurs jours (1).

Tels sont les monuments et autres particularités que Pèlerins et Touristes visitent, avec un intérêt nouveau, dans la célèbre Vallée de Josaphat.

(1) Guide Indic.

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